Jean 5, 15

L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.
Louis-Claude Fillion
Cet homme alla. Sur le champ ; trait pittoresque. - Et annonça (la Recepta et les manuscrits A, B, Γ, Δ, Π, etc., ont ἀνήγειλεν, comme la Vulgate; א, C, L, etc., lisent εἶπεν, variante moins probable). Aux Juifs... Tout naturellement, les exégètes ont essayé de déterminer le mobile de ce prompt message. Quelques-uns n'ont pas craint de voir ici un acte de profonde malice, une odieuse dénonciation ; mais rien absolument ne justifie dans le texte une pareille conjecture. On est allé, ce semble, trop loin aussi dans un sens opposé, quand on a fait du paralytique un courageux apôtre, comme s'il eût voulu directement convertir les Juifs à Jésus. Le plus naturel consiste à dire que cet homme, d'un naturel timide et simple (comparez l'aveugle-né par mode de contraste, 9, 9-27), songea tout d'abord à porter aux hiérarques la réponse qu'il n'avait pu leur faire au premier moment, v. 12 : il se lavait ainsi de l'accusation qu'ils avaient lancée contre lui (v.10), et en même temps il dégageait la responsabilité de Jésus, dont l'autorité se trouvait attestée par un prodige éclatant. Remarquez, à ce point de vue, la manière délicate dont il annonça la chose : qui l'avait guéri (comme au v. 11). Les Juifs (v. 12) lui avaient demandé : « Quel est celui qui t'a dit d'emporter ton grabat » ?
Saint Jean Chrysostome
Gardons-nous de croire qu'après un si grand bienfait, et l'avertissement qui l'avait suivi, cet homme ait eu si peu de reconnaissance que d'agir ici par un sentiment de méchanceté ; s'il avait eu l'intention d'accuser le Sauveur, il n'eût parlé que de la violation du sabbat, sans rien dire de sa guérison ; mais il fait tout le contraire, il ne leur dit pas : C'est Jésus qui m'a commandé d'emporter mon lit (ce qui paraissait un crime aux yeux des juifs), mais : « C'est Jésus qui m'a guéri. »