Jean 5, 14
Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »
Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »
Plus tard, μετὰ
ταῦτα. Quelques jours plus tard, d'après divers interprètes. Comp. la note du v. 1. Mais le détail qui suit,
Jésus le trouva (au présent, εὑρίσϰει ) dans le temple, semble mieux convenir au jour même de la guérison ;
le paralytique, en effet, n'aura rien eu sans doute de plus pressé que d'aller remercier Dieu dans le temple. -
Et lui dit : voici que tu as été guéri... Jésus lui rappelle d'abord l'immense bienfait qu'il venait de recevoir; de
là il tire ensuite une grave conséquence pour sa vie morale. Ainsi fait le prêtre charitable et zélé : il n'oublie
jamais de soigner les plaies de l'âme, quand il a conquis la confiance en pansant les blessures extérieures. --
Ne pèche plus, µηκέτι ἁµάρτανε. Il suit évidemment de cette recommandation que la maladie avait été, dans
le cas présent, un châtiment providentiel car Jésus établit une connexion étroite, celle qui unit l'effet à sa
cause, entre les souffrances passées de l'infirme et ses fautes privées. La voix de sa conscience disait à ce
dernier de quels péchés spéciaux il s'agissait. Néanmoins Notre-Seigneur enseignera plus tard, 9, 1-3 (voyez
le commentaire), que l'on jugerait d'une façon très téméraire si l'on regardait en toute occasion les peines et
les souffrances comme un indice de culpabilité individuelle. - De peur qu'il ne t'arrive quelque chose ..,
χεῖρόν. Quelque chose de pire qu'une maladie de trente-huit ans! Oui, car le Dieu vengeur tient en réserve
des flèches acérées. « Personne n'est si malheureux qu'il ne puisse devenir plus malheureux encore »,
Hengstenberg. Il n'est pas nécessaire d'appliquer cette parole de Jésus à l'autre vie et à l'enfer, comme on l'a
fait parfois ; la menace pouvait facilement se réaliser dès ici-bas. Et certes, un ingrat qui fût retombé dans ses
fautes après avoir été l'objet d'une telle faveur aurait mérité de tout souffrir.
Si nous voulons bien connaître la grâce de notre Créateur et parvenir à le voir, il faut éviter la foule, les pensées mauvaises et des affections coupables ; il faut fuir les assemblées des méchants, nous retirer dans le temple et nous efforcer de devenir nous-mêmes le temple où Dieu daigne venir et fixer sa demeure.
Cet homme une fois guéri ne va pas se mêler aux bruits tumultueux des affaires du monde, ni se livrer aux voluptés sensuelles ou à la vaine gloire, il va tout droit dans le temple, ce qui estime preuve de son grand esprit de religion.
« Et il lui dit : Vous voilà guéri, ne péchez plus à l'avenir, de peur qu'il ne vous arrive quelque chose de pire. » Ces paroles nous apprennent d'abord que la longue infirmité du paralytique était la conséquence et la punition de ses péchés. Comme nous sommes la plupart du temps insensibles aux maladies de notre âme, tandis qu'à la moindre blessure que reçoit notre corps, nous prenons tous les moyens pour en être aussitôt guéris, Dieu frappe le corps en punition des péchés de l'âme. Elles renferment un second et un troisième avertissements, c'est la vérité des peines de l'enfer, et la durée infinie de ces mêmes peines. Il en est qui osent dire: Est-ce qu'un adultère d'un instant sera puni par un supplice éternel ? Mais est-ce que le paralytique avait péché autant d'années qu'avait duré sa maladie ? Concluons de là que la gravité du péché ne doit pas se calculer sur le temps que l'homme a mis à le commettre, mais la nature même de ces péchés. Ces paroles nous apprennent encore que si nous retombons dans les mêmes péchés pour lesquels Dieu nous a sévèrement châtiés, des peines beaucoup plus sévères nous sont réservées, et c'est justice ; car celui que les premiers châtiments n'ont pu rendre meilleur, doit s'attendre en punition de son insensibilité et de ses mépris à un supplice bien plus terrible. Si nous ne recevons pas tous ici-bas la punition de nos péchés, ne mettons pas notre confiance dans cette impunité, car elle nous présage pour la vie future des châtiments bien plus terribles. Cependant toutes les maladies ne sont pas absolument la peine du péché, les unes sont la suite de notre négligence, les autres nous sont envoyées comme au salut homme Job pour nous éprouver. Mais pourquoi Nôtre-Seigneur rappelle-t-il ici ses péchés à ce paralytique ? Il en est qui le jugent sévèrement et qui prétendent que le Sauveur lui parle de la sorte parce qu'il avait été un des accusateurs de Jésus-Christ. Que diront-ils donc du paralytique dont il est question dans saint Matthieu (Mt 9), et à qui Nôtre-Seigneur dit aussi : « Vos péchés vous sont remis ? » D'ailleurs Jésus ne reproche pas au paralytique de la piscine ses péchés passés, il se contente de le prémunir pour l'avenir. Dans les autres guérisons miraculeuses qu'il opère, il ne les présente point comme la peine du péché parce qu'elles n'avaient pour cause que l'infirmité naturelle à l'homme, tandis que pour ces paralytiques, leurs maladies pouvaient être la punition de leurs péchés. Ou bien encore dans la personne de ces paralytiques, c'est un avertissement donné à tous les autres. On peut dire aussi que Nôtre-Seigneur parle de la sorte à ce paralytique, parce que témoin de sa grande patience, il le reconnut capable de recevoir cette leçon. Il lui donne en même temps une preuve de sa divinité, car ces paroles : « Ne péchez plus,» montrent évidemment qu'il connaissait toutes les fautes dont il s'était rendu coupable.