Jean 20, 26

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Louis-Claude Fillion
Huit jours après. En comptant les points extrêmes, selon la coutume juive ; par conséquent, le dimanche d'après. - Les disciples étaient enfermés... Cette formule n'exclut pas d'autres réunions intermédiaires ; elle indique néanmoins que Jésus ne fit dans l'intervalle aucune apparition aux disciples assemblés. - De nouveau, au même endroit que précédemment ; l'heure n'est pas notée cette fois. Il semble surprenant que les disciples ne se fussent pas encore mis en route pour la Galilée, selon que leur Maître le leur avait fait dire (Matth. 28, 7 ; Marc. 16, 7) ; mais rien de précis ne leur avait été prescrit à ce sujet, et ils demeuraient sans doute à Jérusalem dans l'espoir d'y jouir de quelque nouvelle apparition. - Et Thomas avec eux ; par contraste avec le v. 24. C'est pour lui surtout qu'aura lieu la nouvelle manifestation du Christ ressuscité. - Jésus vint (dans le grec, le verbe est au présent ; l'absence de toute particule a quelque chose de solennel et de rapide). Le narrateur signale trois circonstances, identiques à celles qui accompagnaient la première apparition dans le cénacle : l'entrée miraculeuse (les portes étant fermées), l'attitude de Jésus au milieu des siens (il se tint au milieu d’eux), la salutation (La paix soit avec vous).
Saint Thomas d'Aquin
Au sujet du premier point, l'Évangéliste fait trois choses : il décrit le moment de l'apparition, puis les personnes auxquelles le Christ apparut [n° 2553], enfin il montre le mode de l'apparition [n° 2554].

2552. Il indique d'abord le moment : HUIT JOURS APRÈS, c'est-à-dire après le jour de la Résurrection du Seigneur, où eut lieu, le soir, la première apparition. À cela, il y a une première raison littérale : l'Évangéliste veut montrer que, bien que le Christ soit apparu plusieurs fois à ses disciples, il ne vivait cependant pas avec eux de façon continue, puisqu'il n'était pas ressuscité pour le même mode de vie, de même que nous non plus nous ne ressusciterons pas pour la même vie - Pendant tous les jours où je combats maintenant, j'attends que mon changement survienne. Et c'est encore pour que Thomas, entendant entre-temps les disciples parler de l'apparition précédente, soit enflammé d'un plus grand désir et devienne plus fidèle à l'avenir.

Une autre raison, mystique, est que cette apparition signifie celle par laquelle le Christ nous apparaîtra dans la gloire - Lorsqu'il apparaîtra, nous serons semblables à lui car nous le verrons tel qu'il est. Et assurément cette apparition aura lieu au huitième âge de ceux qui ressuscitent.

2553. L'Évangéliste montre ensuite ceux auxquels le Christ est apparu. Notons ici que seul Thomas avait besoin de cette apparition ; cependant, ce n'est pas à lui en particulier (singulanter) que le Seigneur est apparu, mais à lui en tant qu'il appartenait à la communauté, pour signifier que les singularités ne sont pas tellement agréées par Dieu, mais plutôt ceux qui demeurent dans la communion de la charité - Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. Et de même que ceux à qui il apparaît maintenant n'ont pas été rassemblés en même temps, ainsi lors de cette apparition tous n'étaient pas ensemble. Mais dans l'apparition future, tous seront présents, de sorte qu'aucun ne manquera - Là où se trouve le corps, là aussi se rassembleront les aigles. — Il enverra ses anges avec trompette et grande voiX) et ils rassembleront les élus des quatre vents d'une extrémité des deux à l’autre.

2554. L'Évangéliste rapporte ensuite le mode de l'apparition, ce qu'on a exposé plus haut. Néanmoins, il mentionne ici trois choses à ce sujet. Premièrement, il mentionne la manière dont il vient LES PORTES ÉTANT CLOSES, ce qui se produisit de manière miraculeuse, comme le dit Augustin, en vertu de cette puissance grâce à laquelle il a marché à pied sec sur la mer. Ensuite la manière dont il s'est tenu, AU MILIEU, pour être vu de tous ; de fait, il convenait qu'il se tînt au milieu. Enfin la manière dont il leur parla : « PAIX À VOUS », à savoir la paix de la réconciliation, qu'il annonça comme désormais accomplie à l'égard de Dieu - Nous sommes réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils . - Faisant la paix par le sang de sa Croix, aussi bien dans les deux que sur la terre. Paix aussi de l'éternité et de l'immortalité à venir dont il leur promit la possession - Lui qui a établi sur tes confins^ ceux de la Jérusalem céleste, la paix . Paix enfin de la charité et de l'unité qu'il leur a commandé de garder - Ayez la paix entre vous.
Saint Grégoire le Grand
La première question qui frappe notre esprit à la lecture de ce passage de l'Évangile est la suivante: Comment, après la résurrection, le corps du Seigneur fut-il un vrai corps, puisqu'il a pu entrer auprès de ses disciples toutes portes closes? Mais nous devons savoir que l'activité divine n'aurait rien d'étonnant si la raison pouvait la comprendre, et que la foi n'aurait pas de mérite si la raison humaine l'appuyait de son expérience.

Ces oeuvres de notre Rédempteur, qui par elles-mêmes sont absolument incompréhensibles, doivent être jugées à partir d'une autre de ses activités, afin que la foi en des faits étonnants soit soutenue par des faits plus étonnants encore.

Car ce corps du Seigneur qui rejoignait les disciples toutes portes closes, c'est le même qui, à sa naissance, est devenu visible pour nous lorsqu'il sortit, par sa nativité, du sein intact de la Vierge. Alors, quoi d'étonnant s'il est entré portes closes après sa résurrection qui le fera vivre éternellement, alors que, venu pour mourir, il est sorti, sans l'ouvrir, du sein de la Vierge? Mais parce que la foi des témoins doutait à l'égard de ce corps qu'ils pouvaient voir, il leur montra aussitôt ses mains et son côté. Cette chair qu'il avait fait passer à travers les portes fermées, il l'offrit à leur toucher.

C'est d'une façon merveilleuse et imprévisible que notre Rédempteur montra un corps devenu, après sa résurrection, à la fois incorruptible et palpable. En le donnant à toucher, il encourageait à croire. Il s'est donc montré et incorruptible et palpable afin de montrer à coup sûr son corps comme relevant, après la résurrection, de la même nature mais d'une autre gloire.

Il leur dit: La paix soit avec vous! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie (Jn 20,21).

C'est-à-dire: comme le Père, qui est Dieu, m'a envoyé, moi qui suis Dieu, de même moi, qui suis homme, je vous envoie, vous qui êtes des hommes.

Le Père a envoyé son Fils, c'est-à-dire qu'il décréta son incarnation pour la rédemption du genre humain. Il voulut qu'il vienne dans le monde pour subir la Passion, et pourtant il aimait ce Fils qu'il envoyait souffrir.

Les Apôtres de son choix, le Seigneur Jésus ne les a pas envoyés vers les joies du monde. Mais, comme lui-même avait été envoyé, il les envoya aux souffrances que le monde leur infligerait.

Donc, parce que le Fils est aimé du Père, et cependant est envoyé à la Passion, de même les disciples sont aimés du Seigneur, et cependant sont envoyés dans le monde pour y subir la Passion. C'est ce qui lui fait dire: Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Cela signifie: lorsque je vous envoie vers les attaques des persécuteurs, je vous aime du même amour dont le Père m'aime, moi qu'il a envoyé au-devant des souffrances.
Saint Jean Chrysostome
Considérez la bonté du divin Maître; il daigne apparaître et montrer ses blessures pour le salut d'une seule âme. Les disciples qui lui avaient appris que le Sauveur était ressuscité étaient assurément bien dignes de foi, aussi bien que le Sauveur lui-même qui l'avait prédit; cependant comme Thomas exige une nouvelle preuve, Jésus ne veut pas la lui refuser. Toutefois il ne lui apparaît pas aussitôt, mais huit jours après, afin que le témoignage des disciples rendît ses désirs plus vifs , et que sa foi fût plus affermie dans la suite: «Huit jours après, dit l'Évangéliste, les disciples étaient encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et il se tint au milieu d'eux et leur dit: La paix soit avec vous».