Jean 20, 16
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Jésus lui dit : Marie (Mαριαμ ; c'est presque la forme hébraïque Miriam, םירמ ). Le terme général
« femme », v. 15, n'avait rien dit au cœur de Marie ; son nom, doucement prononcé, lui va droit au cœur, et la
tirera de son état abstrait. - Elle se retourna. Ne recevant d'abord pas de réponse, elle s'était retournée du côté
du sépulcre (Cf. v. 14) ; car c'est au propre et non au figuré qu'il faut prendre cette expression (Patrizi : «
Cela vient de la stupeur qui l’oppressait… revenant à elle-même » ; rien ne justifie un pareil sens). - Et lui
dit. Les manuscrits א, B, D, L, O, X, Δ, Π, etc., les versions copte, syr., italique, etc., ajoutent : « en hébreu »,
sans doute d'une manière conforme au texte primitif. On peut déduire de ce trait la preuve historique que N.-
S. Jésus-Christ et les siens parlaient entre eux habituellement l'hébreu, la langue principale et nationale du
pays. - Rabbouni (dans le grec, ραββουνι) : « mon Maître ». On ne trouve qu'ici et Marc 10, 51 (voyez le
commentaire), cet augmentatif de Rabbi. Marie, dans sa vive émotion, ne peut prononcer que cette parole ;
mais on y lit toute son âme, avec ses sentiments de foi, d'amour, de douce joie, que la vue de Jésus-Christ
faisait déborder. Son seul nom, prononcé avec la familiarité accoutumée du bon Maître, avait donc été pour
elle une complète révélation. Et en effet, comme on l'a dit, la mémoire des sons est la plus tenace de toutes,
et l'on reconnaît plus promptement et plus sûrement quelqu'un à sa voix, lorsqu'il lui donne une certaine
expression, qu'au jeu de sa physionomie. Un nom peut devenir, et c'était bien le cas alors, « un souvenir, une
histoire, une vie » (Le Camus, La vie de N.-S. Jésus-Christ, t. 2, p. 603). - La phrase « et s’approcha pour le
toucher », qu'on lit dans plusieurs manuscrits grecs et latins à la fin du v. 16, est certainement apocryphe.
2513. L'Évangéliste traite ensuite de la reconnaissance du Christ par la femme, et d'abord de son appel quand Jésus dit « MARIE » à celle qu'il avait appelée plus haut du nom commun de « femme ». Ici, il l'appelle par son nom propre, MARIE, pour montrer la connaissance spéciale qu'il a des saints - Lui qui compte la multitude des étoiles et à toutes leur donne un nom. —Je te connais par ton nom ; et pour montrer que, bien que toutes les réalités soient mues par Dieu d'une certaine motion générale, cependant une grâce spéciale est nécessaire pour la justification de l'homme.
On voit ensuite l'effet de l'appel : ELLE, SE RETOURNANT, LUI DIT : « RABBOUNI ! » (CE QUI VEUT DIRE MAÎTRE).
2514. Mais est-ce qu'elle ne regardait pas vers le Christ qui l'avait appelée ? Je réponds : selon Augustin, il faut dire que ceci se réfère à la disposition intérieure de son esprit : en effet, d'abord lorsqu'elle se retourna physiquement (corpore) elle pensa que le Christ était ce qu'il n'était pas, à savoir le jardinier ; mais à présent, elle est convertie de cœur car elle a reconnu ce qu'il était.
On peut dire aussi qu'elle croyait qu'il était quelqu'un d'autre. C'est pourquoi tandis qu'il lui parlait, préoccupée de ce qu'elle portait dans son cœur, elle ne le regarda pas, lui, mais regarda tout autour, cherchant à voir un signe de celui qui avait été enseveli. C'est pourquoi le Christ, l'appelant de nouveau, l'appela par son nom propre en lui disant « MARIE », comme s'il lui disait : « Où regardes-tu ? Reconnais celui par qui tu es reconnue. » Et c'est pourquoi aussitôt, appelée par son nom, elle en reconnut l'auteur en disant « RABBOUNI ! » (CE QUI VEUT DIRE MAÎTRE), car c'est ainsi qu'elle l'appelait d'habitude.
En cela il nous est donné de comprendre que l'appel du Christ est la cause de notre justification et de la vraie confession.
On voit ensuite l'effet de l'appel : ELLE, SE RETOURNANT, LUI DIT : « RABBOUNI ! » (CE QUI VEUT DIRE MAÎTRE).
2514. Mais est-ce qu'elle ne regardait pas vers le Christ qui l'avait appelée ? Je réponds : selon Augustin, il faut dire que ceci se réfère à la disposition intérieure de son esprit : en effet, d'abord lorsqu'elle se retourna physiquement (corpore) elle pensa que le Christ était ce qu'il n'était pas, à savoir le jardinier ; mais à présent, elle est convertie de cœur car elle a reconnu ce qu'il était.
On peut dire aussi qu'elle croyait qu'il était quelqu'un d'autre. C'est pourquoi tandis qu'il lui parlait, préoccupée de ce qu'elle portait dans son cœur, elle ne le regarda pas, lui, mais regarda tout autour, cherchant à voir un signe de celui qui avait été enseveli. C'est pourquoi le Christ, l'appelant de nouveau, l'appela par son nom propre en lui disant « MARIE », comme s'il lui disait : « Où regardes-tu ? Reconnais celui par qui tu es reconnue. » Et c'est pourquoi aussitôt, appelée par son nom, elle en reconnut l'auteur en disant « RABBOUNI ! » (CE QUI VEUT DIRE MAÎTRE), car c'est ainsi qu'elle l'appelait d'habitude.
En cela il nous est donné de comprendre que l'appel du Christ est la cause de notre justification et de la vraie confession.
Dans le sens allégorique ou tropologique, Jésus se présente à tous ceux qui commencent à marcher dans le chemin des vertus, et il les salue en leur donnant les secours nécessaires pour arriver au salut éternel. Les deux femmes qui portent le même nom et qui, animées des mêmes sentiments de piété et d'amour (c'est-à-dire, Marie-Madeleine et l'autre Marie), viennent visiter le tombeau du Sauveur, figurent les deux peuples fidèles, le peuple des Juifs et le peuple des Gentils, qui manifestent le même zèle et le même empressement pour célébrer la passion et la résurrection du Rédempteur.
C'est avec raison que la femme qui a la première annoncé aux disciples éplorés la joyeuse nouvelle de la résurrection du Sauveur, nous est représentée comme ayant été délivrée de sept démons, c'est-à-dire, de tous les vices; elle nous apprend ainsi, que nul de ceux dont le repentir est véritable, ne doit désespérer du pardon de ses fautes, en la voyant elle-même élevée à un si haut degré de foi et d'amour, qu'elle est jugée digne d'annoncer aux Apôtres eux-mêmes le miracle de la résurrection. - La Glose. Marie-Madeleine qui se montre bien plus empressée que tous les autres d'aller voir le tombeau de Jésus-Christ, représente toute âme qui désire vivement connaître la vérité divine, et qui mérite ainsi d'obtenir cette connaissance. Mais elle doit alors faire connaître aux autres la vérité qui lui a été révélée, à l'exemple de Madeleine, qui annonce la résurrection aux disciples, pour éviter la juste condamnation d'avoir tenu caché son talent.
Ilne vous est pas permis de renfermer cette joie dans le secret de votre coeur, mais vous devez la faire partager à ceux qui partagent votre amour. Dans le sens allégorique, Marie qui signifie maîtresse, illuminée, illuminatrice, étoile de la mer, est la figure de l'Eglise. Elle s'appelle aussi Madeleine, c'est-à-dire, élevée comme une tour, car le mot Magdal, eu hébreu, a la même signification que le mot turris en latin. Or, ce nom qui est dérivé du mot tour, convient parfaitement à l'Eglise, dont il est dit dans le Psaume 60 : «Vous êtes devenu pour moi une forte tour contre l'ennemi». L'exemple de Marie-Madeleine, annonçant la résurrection de Jésus-Christ aux disciples, nous avertit tous et surtout ceux à qui a été confié le ministère de la parole, de transmettre soigneusement à notre prochain ce que nous avons reçu nous-mêmes par révélation divine.
Mais ne peut-on pas dire que cette femme tout en se trompant ne fut pas dans l'erreur en croyant que Jésus était le jardinier? N'était-il pas pour elle un jardinier spirituel, lui qui par la force de son amour avait semé dans son coeur les germes féconds de toutes les vertus? Mais comment se fait-il, qu'en voyant celui qu'elle prenait pour le jardinier, et sans lui avoir dit qui elle cherchait, elle lui fait cette question: Seigneur, si c'est vous qui l'avez enlevé? etc. Tel est le caractère d'un amour ardent, il ne suppose point que personne puisse ignorer celui qui est l'objet constant de ses pensées. Après l'avoir d'abord appelé de son nom de femme sans en avoir été reconnu, le Sauveur l'appelle par son nom propre: «Jésus lui dit Marie», comme s'il lui disait: Reconnaissez celui qui vous reconnaît. Marie, en s'entendant appeler par son nom, reconnaît son divin Maître, car celui qu'elle cherchait extérieurement, était le même qui lui inspirait intérieurement le désir de le chercher: «Elle, se retournant, lui dit: Rabboni, c'est-à-dire Maître».
Comme Jésus lui était apparu sous une forme ordinaire, elle crut que c'était le jardinier: «Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit: Seigneur, si vous l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis et je l'emporterai», c'est-à-dire: si c'est par crainte des Juifs que vous l'avez enlevé, dites-le moi, et je le prendrai pour le mettre en sûreté.