Jean 18, 10
Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Ce verset et le suivant
racontent la courageuse mais intempestive intervention de S. Pierre, épisode commun aux quatre
évangélistes. - Alors Simon-Pierre. S. Jean a seul nommé le héros de l’incident ; on pense que les
synoptiques s’étaient tenus sur la réserve pour ne pas compromettre S. Pierre, qui vivait encore au temps
où ils écrivaient. - Qui avait une épée. Probablement l’un des deux glaives mentionnés par S. Luc, 23, 38.
- Le serviteur du grand prêtre. Désigne peut être le serviteur particulier de Caïphe. Il est vraisemblable
que cet homme se montrait plus ardent contre Jésus que les autres valets. - Lui coupa l’oreille droite : S.
Luc aussi mentionne l’oreille droite. - Ce serviteur s’appelait Malchus. D’après M. Schegg, ce nom hébreu
(mélach) signifie « sel » ; l’étymologie véritable est plutôt mélech, roi, comme le disait S. Jérôme :
« Malchus, qui signifie, pour nous, en latin roi ». Ce nom était très fréquent alors. Cf. Jos. Ant. 1, 15, 1 ;
14, 5, 2 ; Bell. Jud. 1, 8, 3, etc. On le prononçait Malchâ.
L'oreille droite coupée au serviteur du prince des prêtres, est le symbole de la surdité des Juifs, surdité qui régnait surtout dans les princes des prêtres, et la guérison de cette oreille, signifie que l'intelligence sera rendue aux Juifs dans les derniers temps, lors de l'avènement d'Elie.
Mais comment encore celui à qui le Sauveur avait défendu de donner un soufflet, se rend-il homicide? Jésus lui avait défendu toute vengeance personnelle, mais ici ce n'est point lui, mais son maître qu'il cherche à venger, d'ailleurs les Apôtres n'étaient pas encore parfaits, mais nous verrons plus tard Pierre se laisser frapper sans faire aucune résistance. Ce n'est pas sans raison que l'Évangéliste remarque qu'il coupa l'oreille droite de ce serviteur; il fait ainsi ressortir l'impétuosité de l'Apôtre, qui s'attaque tout d'abord à la tête de cet homme.
Jésus fait ici un second miracle, et il nous apprend ainsi à faire du bien à ceux qui nous font du mal, en même temps qu'il donne un nouveau témoignage de sa puissance. L'Évangéliste donne le nom de cet homme, pour permettre à ceux qui liraient son récit, de vérifier si ce fait était vrai. Il ajoute qu'il était le serviteur du grand-prêtre, pour faire ressortir l'excessive bonté du Sauveur, qui guérit cet homme, et un homme qui venait se saisir de lui, et qui devait bientôt lui donner un soufflet.