Jean 17, 12
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Le fils de la perdition ; hébraïsme, pour : celui qui aime, qui recherche la perdition. Judas, en effet, s’est perdu volontairement par sa propre malice et par l’abus qu’il a fait de tous les services qu’il pouvait tirer de la présence du Sauveur, de ses instructions et de ses miracles, pour s’affermir dans la foi et dans la charité, comme les autres apôtres. Comparer à une locution semblable à Luc, 16, 8.
Lorsque j’étais avec eux : Jésus continue de parler comme s’il avait déjà
réellement quitté les siens : sa prière n’en est que plus pressante. - Je (emphatique) les gardais en votre nom.
L’imparfait marque une vigilance de tous les instants. - Ceux que vous m’avez donnés. Même variante qu’au
v. 11 dans les manuscrits B, C, L. - Je les ai gardés : le verbe garder indique ici la protection qui résulte
d’une garde vigilante. - Et aucun d’eux ne s’est perdu. C’est la conséquence heureuse de la garde, Jésus
ayant une force divine pour défendre ce précieux dépôt. - Sauf le fils de perdition. Triste exception pourtant,
que le Sauveur mentionne avec une parfaite délicatesse, car il tait le nom du coupable. L’expression grecque
n’est usitée que deux fois dans le Nouveau Testament : ici pour désigner Judas, et 2 Thess. 2, 3, pour
désigner l’Antéchrist. C’est un hébraïsme, qui correspond à « celui qui s’est perdu ». - Afin que l’Écriture fût
accomplie : Notre-Seigneur fait allusion au Ps. 108, 8 « Qu’un autre prenne sa charge » (Cf. Act. 1, 20) ; ou
mieux encore, au Ps. 11, 10 : « Même l'ami, qui avait ma confiance et partageait mon pain, m'a frappé du
talon ». Cette parole, prononcée tout d’abord par David au sujet de la trahison d’Achitophel, devait se
réaliser surtout, d’après un sens supérieur et voulu par Dieu, dans la trahison de Judas. Jésus cite l’Écriture
comme une sorte d’excuse : la ruine du traître n’est point sa faute ; elle rentrait dans le plan divin.
Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom, que tu m'as donné en partage (Jn 17,11). Le Christ veut garder ses disciples dans l'unité d'esprit et de volonté, en sorte qu'ils soient comme fondus les uns dans les autres, quant à l'âme et à l'esprit, par le lien de la paix et de l'amour mutuel, qu'ils soient unis par la chaîne infrangible de la charité. Ils progresseront ainsi vers une unité si parfaite que cette union, librement choisie, de leurs volontés soit le reflet de l'unité de nature que nous reconnaissons entre le Père et le Fils.
C'est donc une unité qui ne doit pas être ébranlée par aucun des assauts des forces ou des plaisirs de ce monde, ni être brisée par le désaccord des volontés, mais qui doit plutôt garder intacte la puissance de l'amour dans l'unité du culte et de la sainteté.
Or, c'est bien ce qu'ils firent. Car nous lisons dans les Actes des Apôtres: La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur et une seule âme (Ac 4,32) dans l'unité qui vient de l'Esprit. C'est encore ce que dit saint Paul: Un seul Corps et un seul Esprit (Ep 4,4), car la multitude que nous sommes est un seul corps (1Co 10,17) dans le Christ, car tous nous participons à un même pain, et tous nous avons reçu l'onction d'un même Esprit, celui du Christ.
Donc, puisque les disciples devaient former un seul corps et participer à un seul et même Esprit pour que s'accomplisse l'unité spirituelle, Jésus veut qu'ils réalisent un accord indestructible dans une concorde parfaite.
Si l'on pense que cette unité des disciples est conforme à celle du Père et du Fils, qui n'est pas seulement l'unité de leur nature divine, mais l'unité parfaite de leur volonté, les disciples - il est permis de le croire - n'ont qu'une seule nature sainte et une même volonté. Car il est juste de constater chez les chrétiens une même volonté, bien qu'il n'y ait pas chez nous la même notion de consubstantialité qu'il y a entre le Père et le Verbe de Dieu, lequel procède du Père et demeure en lui.
C'est donc une unité qui ne doit pas être ébranlée par aucun des assauts des forces ou des plaisirs de ce monde, ni être brisée par le désaccord des volontés, mais qui doit plutôt garder intacte la puissance de l'amour dans l'unité du culte et de la sainteté.
Or, c'est bien ce qu'ils firent. Car nous lisons dans les Actes des Apôtres: La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur et une seule âme (Ac 4,32) dans l'unité qui vient de l'Esprit. C'est encore ce que dit saint Paul: Un seul Corps et un seul Esprit (Ep 4,4), car la multitude que nous sommes est un seul corps (1Co 10,17) dans le Christ, car tous nous participons à un même pain, et tous nous avons reçu l'onction d'un même Esprit, celui du Christ.
Donc, puisque les disciples devaient former un seul corps et participer à un seul et même Esprit pour que s'accomplisse l'unité spirituelle, Jésus veut qu'ils réalisent un accord indestructible dans une concorde parfaite.
Si l'on pense que cette unité des disciples est conforme à celle du Père et du Fils, qui n'est pas seulement l'unité de leur nature divine, mais l'unité parfaite de leur volonté, les disciples - il est permis de le croire - n'ont qu'une seule nature sainte et une même volonté. Car il est juste de constater chez les chrétiens une même volonté, bien qu'il n'y ait pas chez nous la même notion de consubstantialité qu'il y a entre le Père et le Verbe de Dieu, lequel procède du Père et demeure en lui.
Notre-Seigneur parle ici de nouveau comme homme: «Pendant que j'étais avec eux, je les conservais en votre nom»; c'est-à-dire par votre puissance; il parle ici, je le répète, d'une manière humaine, en rapport avec les dispositions d'esprit de ses disciples, qui croyaient que la présence corporelle leur était de la plus grande utilité.