Jean 14, 29
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
Maintenant. En ce moment de crise, où la foi des
disciples allait être soumise à une rude épreuve. Cf. 12, 31. - Je vous ai dit ces choses.. avant qu’elles
n’arrivent. Jésus leur a parlé de son départ avant qu'il eût lieu (v. 28), en vue d'obtenir, par cette prédiction,
le contraire du résultat fâcheux qui les menaçait : vous croyiez. En effet, ainsi avertis d'avance, bien loin de
se scandaliser des humiliations et de la mort de leur Maître, ils trouveront dans ces événements un nouveau
motif de confiance en lui, quand ils verront ses prophéties réalisées à la lettre (lorsqu’elles seront arrivées).
Voyez, 13, 19 et 16, 4, des paroles semblables.
Le Père et moi, disait le Fils, nous viendrons chez lui, c'est-à-dire chez l'homme qui est saint, nous irons demeurer auprès de lui (Jn 14,23). Et je pense que le prophète n'a pas parlé d'un autre ciel, lorsqu'il a dit: Tu habites chez les saints, toi la gloire d'Israël (cf. ps 21,4)! Et l'Apôtre dit clairement: Par la foi, le Christ habite en nos coeurs (Ep 3,17).
Il n'est donc pas surprenant que le Christ se plaise à habiter ce ciel-là. Alors que pour créer le ciel visible il lui a suffi de parler, il a lutté pour acquérir celui-là, il est mort pour le racheter. C'est pourquoi, après tous ses travaux, ayant réalisé son désir, il dit: Voici le lieu de mon repos à tout jamais, c'est là le séjour que j'avais choisi (Ps 131,14). Et bienheureuse celle à qui il est dit: Viens, mon épouse choisie (Ct 2,10-13), je mettrai mon trône en toi.
Pourquoi, maintenant, te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi (Ps 41,6)? Penses-tu trouver en toi aussi une place pour le Seigneur? Et quelle place en nous est digne d'une telle gloire, et suffit-elle à recevoir sa Majesté? Puisse-je seulement l'adorer aux lieux où se sont arrêtés ses pas? Qui m'accordera de pouvoir au moins suivre les traces d'une âme sainte qu'il s'est choisie pour son domaine (Ps 32,12)? Cependant puisse-t-il aussi daigner répandre en mon âme l'onction de sa miséricorde, si bien que je sois capable de dire, moi aussi: Je cours dans la voie de tes volontés, car tu mets mon coeur au large (Ps 118,32). Je pourrai peut-être, moi aussi, montrer en moi, sinon une grande salle toute prête, où il puisse manger avec ses disciples (Mc 14,15), du moins un endroit où il puisse reposer sa tête (Mt 8,20).
Il est nécessaire que l'âme grandisse et s'élargisse pour être capable de Dieu. Or, sa largeur, c'est son amour, comme dit l'Apôtre: Élargissez-vous dans la charité (2Co 6,13). Car, bien que l'âme n'ait aucune quantité corporelle puisqu'elle est esprit, la grâce lui confère ce que sa nature exclut. Oui, elle grandit et elle s'étend, mais de façon spirituelle. Elle grandit et elle progresse vers l'état de l'homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ (Ep 4,13). Elle grandit aussi pour devenir un temple saint dans le Seigneur (Ep 2,21). La grandeur de chaque âme est donc à la mesure de sa charité. Si bien que celle qui a beaucoup de charité est grande, celle qui en a peu est petite, celle qui n'a rien est néant. Saint Paul affirme en effet: Si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien (1Co 13,12).
Il n'est donc pas surprenant que le Christ se plaise à habiter ce ciel-là. Alors que pour créer le ciel visible il lui a suffi de parler, il a lutté pour acquérir celui-là, il est mort pour le racheter. C'est pourquoi, après tous ses travaux, ayant réalisé son désir, il dit: Voici le lieu de mon repos à tout jamais, c'est là le séjour que j'avais choisi (Ps 131,14). Et bienheureuse celle à qui il est dit: Viens, mon épouse choisie (Ct 2,10-13), je mettrai mon trône en toi.
Pourquoi, maintenant, te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi (Ps 41,6)? Penses-tu trouver en toi aussi une place pour le Seigneur? Et quelle place en nous est digne d'une telle gloire, et suffit-elle à recevoir sa Majesté? Puisse-je seulement l'adorer aux lieux où se sont arrêtés ses pas? Qui m'accordera de pouvoir au moins suivre les traces d'une âme sainte qu'il s'est choisie pour son domaine (Ps 32,12)? Cependant puisse-t-il aussi daigner répandre en mon âme l'onction de sa miséricorde, si bien que je sois capable de dire, moi aussi: Je cours dans la voie de tes volontés, car tu mets mon coeur au large (Ps 118,32). Je pourrai peut-être, moi aussi, montrer en moi, sinon une grande salle toute prête, où il puisse manger avec ses disciples (Mc 14,15), du moins un endroit où il puisse reposer sa tête (Mt 8,20).
Il est nécessaire que l'âme grandisse et s'élargisse pour être capable de Dieu. Or, sa largeur, c'est son amour, comme dit l'Apôtre: Élargissez-vous dans la charité (2Co 6,13). Car, bien que l'âme n'ait aucune quantité corporelle puisqu'elle est esprit, la grâce lui confère ce que sa nature exclut. Oui, elle grandit et elle s'étend, mais de façon spirituelle. Elle grandit et elle progresse vers l'état de l'homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ (Ep 4,13). Elle grandit aussi pour devenir un temple saint dans le Seigneur (Ep 2,21). La grandeur de chaque âme est donc à la mesure de sa charité. Si bien que celle qui a beaucoup de charité est grande, celle qui en a peu est petite, celle qui n'a rien est néant. Saint Paul affirme en effet: Si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien (1Co 13,12).