Jean 13, 13
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
«Tu vois la Trinité quand tu vois la charité», écrivait saint Augustin.[11]Dans les réflexions qui précèdent, nous avons pu fixer notre regard sur Celui qui a été transpercé (cf. Jn 19, 37; Za,12, 10), reconnaissant le dessein du Père qui, mû par l'amour (cf. Jn 3, 16), a envoyé son Fils unique dans le monde pour racheter l'homme. Mourant sur la croix, Jésus – comme le souligne l’Évangéliste – «remit l'esprit» (Jn 19, 30), prélude du don de l’Esprit Saint qu’il ferait après la résurrection (cf. Jn 20, 22). Se réaliserait ainsi la promesse des «fleuves d'eau vive» qui, grâce à l’effusion de l’Esprit, jailliraient du cœur des croyants (cf. Jn 7, 38-39). En effet, l’Esprit est la puissance intérieure qui met leur cœur au diapason du cœur du Christ, et qui les pousse à aimer leurs frères comme Lui les a aimés quand il s’est penché pour laver les pieds de ses disciples (cf. Jn 13, 1-13) et surtout quand il a donné sa vie pour tous (cf. Jn 13, 1; 15, 13).
Jésus lui-même s’attribue de façon voilée ce titre lorsqu’il discute avec les Pharisiens sur le sens du Psaume 109 (cf. Mt 22, 41-46 ; cf. aussi Ac 2, 34-36 ; He 1, 13), mais aussi de manière explicite en s’adressant à ses apôtres (cf. Jn 13, 13). Tout au long de sa vie publique ses gestes de domination sur la nature, sur les maladies, sur les démons, sur la mort et le péché, démontraient sa souveraineté divine.
Vous (avec emphase) m’appelez... Le Sauveur va rappeler aux apôtres un menu détail de leur vie quotidienne.
Α chaque instant, en lui adressant la parole, ils lui donnaient ces deux titres qui marquaient leurs relations
réciproques : Maître, Seigneur (dans le texte grec : ό διδασκαλος, ό κύριος, avec l'article, pour signifier le
Maître et le Seigneur par antonomase). Comp. Matth. 23, 8. Deux noms, du reste, que les docteurs juifs
recevaient ordinairement à cette époque de la part de leurs disciples. Voyez Wünsche, Neue Beitræge zur
Erlæuterung der Evangelien aus Talmud, p. 551. Le premier équivaut en hébreu à יבר (Rabbi) ; le second à : Μοré) ; celui-ci représente la science et la sagesse ; celui-là la puissance et l'autorité) ארומ Mar) ou à) רמ
disciples et serviteurs sont les deux expressions corrélatives. - Et vous dites bien, car je le suis. Votre
conduite correspond à la parfaite réalité. Avec quelle pleine et admirable conscience de son haut rôle N.-S.
Jésus-Christ s'exprime toujours dans l'évangile, et tout spécialement ici ! Il s'est humilié profondément, mais
sans oublier sa nature supérieure.