Jean 12, 34
La foule lui répliqua : « Nous, nous avons appris dans la Loi que le Christ demeure pour toujours. Alors toi, comment peux-tu dire : “Il faut que le Fils de l’homme soit élevé” ? Qui est donc ce Fils de l’homme ? »
La foule lui répliqua : « Nous, nous avons appris dans la Loi que le Christ demeure pour toujours. Alors toi, comment peux-tu dire : “Il faut que le Fils de l’homme soit élevé” ? Qui est donc ce Fils de l’homme ? »
La foule lui répondit. Réponse rien moins qu'aimable, comme le faisait observer S.
Jean Chrysostome. La foule va engager une petite discussion avec N.-S. Jésus Christ à propos de
l'immortalité du Messie, vv. 34-36. - Nous (pronom emphatique) avons appris... Allusion à la méthode que
les Rabbins et les docteurs juifs suivaient habituellement pour transmettre la doctrine religieuse : ils
prêchaient dans les synagogues et ils enseignaient dans les écoles. Cf. Matth. 5. 21, etc. - De la loi est une
expression générale pour désigner toute la sainte Écriture. Cf. 10, 34 ; 15, 25. Les interlocuteurs de Jésus
avaient alors spécialement à la pensée les textes suivants ou d'autres semblables : Ps. 88, 29, 36, 37 ; 109, 4 ;
Is. 9, 7 ; Ezech. 37, 25 ; Dan. 7, 14, etc. On appliquait alors ces passages au règne temporel du Christ, que
l'on supposait devoir durer dans les siècles des siècles, parce qu'on ne savait pas distinguer entre son premier
et son second avènement. Jésus, qui se présentait comme le Messie, venait d'insinuer qu'il ne tarderait pas de
disparaître d'une manière ou d'une autre, v. 32. - Comment donc dites-vous : pronom aussi emphatique que
« nous » un peu plus haut. - Il faut (Cf. 3, 14 et le commentaire) que le Fils de l’homme... Jésus n'avait pas
prononcé exactement la phrase que lui prêtent ici les Juifs ; mais le nom de Fils de l'Homme était venu sur
ses lèvres peu d'instants auparavant, v. 23 : c'est donc bien sa pensée qui est exprimée. - Quel est ce Fils de
l’homme ? Question souverainement dédaigneuse dans la circonstance. Voilà un étrange Messie ! Nous ne le
connaissons pas. Toutes leurs folles espérances messianiques se trouvaient en effet contredites par le vrai
Christ. Pauvre peuple, que l'on avait imbu de tant de préjugés sur le plus beau et le plus consolant de tous ses
dogmes !
Voyez quelle malice dans cette question ; ils ne s'expriment pas de cette manière : Nous avons appris par la loi que le Christ doit être exempt de souffrances (car dans une foule d'endroits, les saintes Ecritures annoncent en même temps sa passion et sa résurrection), mais ils disent : « Nous avons appris que le Christ demeure éternellement. » Et il n'y avait en cela aucune contradiction, car la passion du Sauveur n'est point devenue un obstacle à son immortalité. Mais les Juifs s'imaginaient qu'ils prouveraient par là qu'il n'était pas le Christ, parce que le Christ doit demeurer éternellement. Ils ajoutent : « Quel est ce Fils de l'homme ? » question également pleine de malice et dont voici le sens : N'allez pas dire que nous vous faisons cette question par un sentiment de haine, car nous ne savons pas de qui vous voulez parler. Nôtre-Seigneur leur répond en leur démontrant que sa passion n'est pas un obstacle à ce qu'il demeure éternellement : « Jésus leur dit : La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. » Il leur apprend par là que la mort n'est qu'un passage, de même que la lumière du soleil ne s'éteint pas, mais se retire un peu de temps pour reparaître bientôt.