Jean 1, 48

Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »

Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Pape Francois
40. De nombreux textes de l’Évangile nous montrent comment Jésus est attentif aux personnes, à leurs préoccupations, à leurs souffrances. Par exemple : « À la vue des foules, Il en eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés » (Mt 9, 36). Lorsque nous avons l’impression que tout le monde nous ignore, que personne ne s’intéresse à ce qui nous arrive, que nous n’avons d’importance pour personne, Il nous prête attention. C’est ce qu’Il fait remarquer à Nathanaël, solitaire et renfermé : « Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu » (Jn 1, 48).
Fulcran Vigouroux
Sous le figuier. Le figuier peut atteindre une grande hauteur en Palestine et son feuillage serré et touffu produit une ombre très épaisse. Les rabbins juifs allaient volontiers étudier la loi de Moïse à l’ombre des figuiers.
Louis-Claude Fillion
La candeur de Nathanaël s’est déjà révélée dans sa réponse à Philippe ; elle se révèle encore dans celle qu’il fait à Jésus : D’où me connaissez-vous ? Le voilà tout surpris, et, en effet, « rien ne frappe autant l’homme que de voir qu’un autre homme lit au plus profond de son cœur. « Tholuck. - Pour toute explication Jésus adresse à Nathanaël une parole encore plus étonnante que la première, montrant ainsi qu’il n’y avait rien de caché pour lui. La note avant que Philippe t’appelât, nous reporte, selon toute vraisemblance, aux instants qui avaient immédiatement précédé l’entrevue de Philippe et de Nathanaël, versets 45 et 46. Il est inutile et contraire au contexte de remonter à une époque antérieure indéterminée. - Après la date, Jésus fixa le lieu : lorsque tu étais sous le figuier ; dans le grec avec l’article et l’accusatif de mouvement, deux circonstances pittoresques : tel figuier précis sous lequel Nathanaël s’était retiré, probablement pour méditer et pour prier. Dans le Talmud de Jérusalem, traité Berachoth, 2, 8, nous voyons en effet Rabbi Akiba étudiant la loi sous un figuier, et les recueils rabbiniques de Wetstein, Lightfoot, etc., mentionnent plusieurs autres cas analogues. Cet arbre est du reste célèbre dans la littérature sacrée, qui, pour décrire une ère de bonheur et de paix, en particulier l’ère messianique, représente chaque membre de la nation choisie assis à l’ombre de son figuier et de sa vigne. Cf. 3 Reg. 4, 25 ; Mal. 4, 4 ; Zach. 3, 10, etc. - Je t’ai vu. Avec emphase : En ce moment précis, en cet endroit précis, je t’ai vu. Il n’est pas douteux que la perception dont parle Jésus n’ait été surnaturelle, miraculeuse. La plupart des exégètes admettent en outre que Notre-Seigneur ne fait pas seulement allusion à un phénomène externe (« tu étais sous le figuier »), mais qu’il rappelle à Nathanaël en termes voilés une situation d’âme toute particulière dans laquelle celui-ci s’était alors trouvé.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Mais Nathanaël, malgré cet éloge, ne se rend pas aussitôt, il attend une preuve plus évidente, et il interroge le Sauveur: «Nathanaël lui dit: D'où me connaissez-vous ?»
Saint Jean Chrysostome
La question de Nathanaël est la question d'un homme, la réponse de Jésus est celle d'un Dieu: «Avant que Philippe vous appelât, lui dit Jésus, je vous ai vu». Il l'a vu, non pas des yeux de l'homme, mais de ce regard divin que Dieu abaisse sur les hommes du haut des cieux. «Je vous ai vu», c'est-à-dire, j'ai vu les habitudes de votre vie. Il ajoute: «Lorsque vous étiez sous le figuier», là où il n'y avait personne, si ce n'est Philippe et Nathanaël qui s'entretenaient ensemble. L'Évangéliste fait remarquer que c'est en voyant Nathanaël de loin, que Jésus dit de lui: «Voici un vrai Israélite», c'est-à-dire, avant que Philippe se fût approché de Jésus, de manière que vous ne puissiez élever aucun soupçon sur le témoignage du Sauveur. Jésus ne voulut pas répondre: Je ne suis pas né à Nazareth, comme Philippe vous l'a dit, mais à Bethléem, pour ne pas soulever de discussion sur ce point, c'eût été d'ailleurs une preuve insuffisante qu'il était le Christ, et il le prouve bien plus fortement en leur démontrant qu'il était présent à leur entretien.