Matthieu 8, 13
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Digne récompense de la foi du centurion. « Jésus place l’huile
de la miséricorde dans le vase de la croyance”, S. Bern. Serm. 3 de Anima. - Qu'il te soit fait. Devant ce
« fiat » auquel rien ne résiste, la maladie s’enfuit aussitôt, et à l’instant même où il était prononcé, à l'heure
même, le serviteur est rendu complètement à la santé.
1054. La bonté de Dieu est montrée lorsque [Matthieu] dit : ET JÉSUS DIT : «VA ET QU’IL T’ADVIENNE SELON TA FOI.» Mais suit l’effet : ET L’ENFANT FUT GUÉRI, car la parole [de Dieu] est pleine de puissance, Qo 8, 4.
Ou bien ce grincement de dents exprime un sentiment d'indignation, et ce mouvement (le repentir tardif et de colère après coup qu'éprouveront les réprouvés à la vue de leur opiniâtre persistance dans le mal.
C'est-à-dire, cette grâce vous est accordée dans la mesure de votre foi. » Le mérite du maître peut seconder le mérite du serviteur non seulement sous le rapport de la foi, mais encore dans l'observance de la loi. Voilà pourquoi l'Évangéliste ajoute : « Et le serviteur fut guéri dès ce moment. »
Ou bien ces ténèbres extérieures figurent les nations étrangères, car au point de vue historique Notre-Seigneur prédit ici la ruine des Juifs, qui en punition de leur infidélité, devaient être emmenés captifs, et dispersés dans les différentes contrées de la terre. Or, comme les pleurs naissent ordinairement sous l'impression d'une ardente chaleur, et le grincement des dents sous l'action d'un froid aigu, les pleurs désignent ceux qui habiteront les contrées brûlantes de l'Inde et de l'Éthiopie, et le grincement de dents ceux qui seront exilés dans des pays plus froids comme l'Hircanie et la Scythie.
Il fit l'éloge de sa foi, mais il ne lui commanda pas d'abandonner la carrière des armes.
Mais qui avait produit en lui cette foi, si ce n'est Dieu même qui l'admirait ? Et si un autre que lui en était l'auteur, pourquoi donc admirer ce qu'il avait dû prévoir ? Si donc le Seigneur donne ces marques d'admiration, c'est pour nous apprendre à ressentir nous-mêmes ces sentiments d'admiration dont nous avons encore besoin. Pour Jésus-Christ, au contraire, ces mouvements n'étaient pas le signe d'une âme agitée, mais ils tenaient à la forme même de son enseignement.
Il ne dit pas tous, mais un grand nombre, et de l'Orient comme de l'Occident, c'est-à-dire de l'univers entier, qui est désigné par ces deux parties du monde.
En même temps que nous voyons les chrétiens appelés au festin du ciel, dont la justice est le pain, la sagesse le breuvage, nous voyons la réprobation des Juifs annoncée dans ces paroles : « Les enfants du royaume, au contraire, seront jetés dans les ténèbres extérieures ; » c'est-à-dire les Juifs qui ont reçu la loi, qui célèbrent dans leurs cérémonies figuratives les mystères futurs, et qui ne les ont point reconnus lorsqu'ils s'accomplissaient.
Si donc Moïse n'a fait connaître au peuple d'Israël d'autre Dieu que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et que le Christ ne leur en prêche pas d'autre, on ne peut l'accuser d'avoir détourné ce peuple du culte de son Dieu. Donc, lorsqu'il les menace d'être précipités dans les ténèbres extérieures, c'est qu'il les voyait s'éloigner eux-mêmes de leur Dieu, dans le royaume duquel il nous montre toutes les nations appelées à prendre place avec Abraham, Isaac et Jacob, en récompense de la foi qu'ils ont toujours gardée au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Et dans ce témoignage que leur rend le Sauveur, nous ne voyons pas qu'ils aient attendu à la mort pour se convertir à Dieu, ou qu'ils n'aient été justifiés qu'après sa passion.
Le Seigneur n'est pas entré dans la maison du centurion, il en était absent corporellement, et la présence seule de sa majesté a guéri le serviteur ; ainsi n'a-t-il paru sous une forme extérieure qu'au milieu du peuple juif ; il n'a point renouvelé pour les autres nations les merveilles de sa naissance virginale, de sa passion, de ses souffrances, de ses miracles, et cependant ce que le roi-prophète avait prédit s'est trouvé accompli : « Le peuple qui ne me connaissait pas m'a servi, il m'a obéi aussitôt qu'il a entendu ma voix. » Le peuple juif l'a connu et l'a crucifié, l'univers n'a fait que l'entendre et a cru en lui.
Notre-Seigneur ne parle ici que de ceux qui vivaient alors, et non pas de tous les patriarches et de tous les prophètes des temps anciens.
Ou bien il appelle les Juifs les enfants du royaume, parce que Dieu avait autrefois régné sur eux.
Il appelle ces ténèbres extérieures, parce que celui qui est chassé dehors par le Sauveur est abandonné par la lumière.
Le lépreux avait confessé la puissance de Jésus-Christ en lui disant : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir, » et Notre-Seigneur avait confirmé ces paroles en lui répondant : « Je le veux, soyez guéri ; » de même ici, non-seulement il ne blâme pas, mais il relève avec éloge le témoignage que le centurion vient de rendre à sa puissance. Il fait même quelque chose de plus, car l'Évangéliste, voulant faire ressortir l'étendue de cet éloge, ajoute : « Jésus, entendant ces paroles, » etc.
En effet, André crut en Jésus-Christ, mais à la parole de Jean qui lui disait : « Voici l'Agneau de Dieu. » Pierre crut également, mais sur le témoignage d'André ; Philippe crut aussi, mais après avoir lu les Écritures, et Nathanaël n'offrit à Jésus l'hommage de sa foi qu'après avoir reçu de lui une preuve de sa divinité.
En effet, la foi n'avait ni la même facilité, ni le même mérite pour un juif et pour un païen.
Les paroles du Sauveur ne sont pas un vain éloge de la foi dont il vient de faire voir la nécessité ; aussi sont-elles suivies d'un miracle que l'Évangéliste raconte ainsi : « Et Jésus dit au centurion : Allez, et qu'il vous soit fait comme vous avez cru. »
Admirez cette promptitude, car ce n'est pas seulement la guérison, mais la guérison imprévue, instantanée, qui fait éclater la puissance du Christ.
Considérez la grandeur, l'excellence de ce que le Fils unique de Dieu, Dieu lui-même, daigne admirer. L'or, les richesses, les royaumes, les empires sont devant lui comme une ombre ou comme une fleur qui tombe. Aucune de ces choses n'a droit à l'admiration de Dieu par sa grandeur ou par son prix ; la foi seule a ce privilège, il l'admire, il lui rend hommage, il proclame qu'elle lui est agréable.
Jaïre, un des princes d'Israël, venant prier Jésus pour sa fille, ne lui dit pas : « Dites seulement une parole, » mais : « Venez au plus vite. » Nicodème, écoutant les divines leçons du Sauveur sur le mystère de la foi, s'écria : « Comment cela peut-il se faire ? » Marthe et Marie disent à Jésus : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne fut pas mort, » et elles semblent douter que la puissance divine pût s'étendre à tous les lieux.