Matthieu 28, 7
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Les disciples de Jésus-Christ étant Galiléens devaient s’en retourner en Galilée après la fête de pâque.
Après une courte pause
durant laquelle les saintes femmes entrèrent dans le sépulcre, selon que l'ange les y avait exhortées, celui -ci
reprit son allocution. - Hâtez-vous. Il faut qu'elles aillent au plus vite porter aux disciples la bonne nouvelle
qu'elles viennent elles-mêmes d'apprendre. - Il vous précède … Autre nouvelle consolante, qui n'est d'ailleurs
que la confirmation d'une prédiction antérieure de Jésus ; cf. 26, 32. On ne doit pas exagérer la signification
du verbe au présent, comme si l'ange eût voulu dire : Voici qu'il est déjà sur le chemin de la Galilée pour aller
vous attendre dans cette province. D'après le sens naturel de la phrase, Jésus sera en Galilée quand ses
disciples y arriveront. - Il vous précède. Le messager céleste termine son petit discours en certifiant que tout
se passera réellement comme il l'a dit. Les saintes femmes auront bientôt le bonheur de voir le divin Ressuscité : il donne sa parole d'ange qu'il en sera vraiment ainsi.
2924. Puis, [l’ange] leur confie la charge de l’annoncer : ALLEZ VITE DIRE À SES DISCIPLES QU’IL EST RESSUSCITÉ. Il indique trois choses : premièrement, qu’elles annoncent la résurrection [aux disciples] ; deuxièmement, l’endroit ; troisièmement, qu’elles promettent [aux disciples] qu’ils le verront.
2925. Et comme la première femme s’était d’abord adressée au Diable, de même la première s’est-elle adressée à l’ange, afin que tout soit rétabli. Deuxièmement, [l’ange] indique le lieu : IL VOUS PRÉCÉDERA EN GALILÉE. Et pourquoi d’abord en Galilée ? Car il n’a pas d’abord été vu en Galilée, mais à Jérusalem. Mais pourquoi [l’ange] parle-t-il plutôt de Galilée ? Pour montrer que [Jésus] était le même que celui qui avait eu l’habitude de vivre en Galilée. C’était aussi afin qu’ils soient délivrés de la crainte, car ils étaient plus en sécurité en Galilée qu’en Judée. Ou bien, au sens mystique, Galilée signifie «passage», et [la Galilée] peut indiquer le passage aux païens.
2926. VOUS LE VERREZ donc EN GALILÉE, c’est-à-dire que «vous annoncerez mon nom aux païens». Ils n’auraient pas fait cela si [le Seigneur] ne les avait pas précédés. C’EST LÀ QUE VOUS LE VERREZ, COMME IL VOUS L’A ANNONCÉ. Ainsi, la parole du Seigneur est tellement puissante qu’il ne pouvait pas en être autrement.
2925. Et comme la première femme s’était d’abord adressée au Diable, de même la première s’est-elle adressée à l’ange, afin que tout soit rétabli. Deuxièmement, [l’ange] indique le lieu : IL VOUS PRÉCÉDERA EN GALILÉE. Et pourquoi d’abord en Galilée ? Car il n’a pas d’abord été vu en Galilée, mais à Jérusalem. Mais pourquoi [l’ange] parle-t-il plutôt de Galilée ? Pour montrer que [Jésus] était le même que celui qui avait eu l’habitude de vivre en Galilée. C’était aussi afin qu’ils soient délivrés de la crainte, car ils étaient plus en sécurité en Galilée qu’en Judée. Ou bien, au sens mystique, Galilée signifie «passage», et [la Galilée] peut indiquer le passage aux païens.
2926. VOUS LE VERREZ donc EN GALILÉE, c’est-à-dire que «vous annoncerez mon nom aux païens». Ils n’auraient pas fait cela si [le Seigneur] ne les avait pas précédés. C’EST LÀ QUE VOUS LE VERREZ, COMME IL VOUS L’A ANNONCÉ. Ainsi, la parole du Seigneur est tellement puissante qu’il ne pouvait pas en être autrement.
Mais une aussi grande joie n'est pas desti née à rester cachée dans vos coeurs; vous devez publier cette heureuse nouvelle à ceux qui partagent votre amour pour Jésus-Christ. «Et hâtez-vous d'aller dire à ses disciples qu'il est ressuscité».
Depuis le commencement du monde jusque là, la marche naturelle du temps était que le jour précédât la nuit, parce que l'homme, ayant perdu par son péché la lumière du paradis, était tombé dans les ténèbres et dans les douleurs de ce monde. Mais mainte nant par une raison pleine de sagesse, le jour vient après la nuit; car, par la foi en la résurrection, nous passons des ténèbres du péché et de l'ombre de la mort à la lumière de la vie par l'effet de la grâce de Jésus-Christ.
La terre tremble, lorsque le Seigneur ressuscite du tombeau, comme elle a tremblé lorsqu'il était mort sur la croix, et nous annonce qu'il faut que les coeurs des hommes, pour se convertir, soient pénétrés d'une crainte salutaire par la foi que nous devons avoir d'abord en sa passion, puis en sa résurrection.
Jésus-Christ étant tout à la fois Dieu et homme, jamais le ministère et le service des anges, auquel il avait droit comme Dieu, ne lui a fait défaut dans le cours de sa vie mortelle: «Il s'approcha, et renversa la pierre», non pas pour ouvrir un passage par où le Seigneur put sortir du tombeau, mais prouver, au contraire, qu'il en était déjà sorti; car celui qui a pu venir au monde sans ouvrir par sa naissance le sein d'une vierge, a bien pu, en ressuscitant à une vie immort elle, sortir du monde en laissant fermé le tombeau qu'il quittait.
L'ange qui est venu annoncer au monde l'avènement du Seigneur se tint debout avec raison, déclarant par cette attitude que le Seigneur était venu pour combat tre le prince de ce monde, tandis que le héraut de la résurrection nous est représenté assis, pour marquer que le Sauveur était monté sur son trône éternel après avoir triomphé de l'auteur de la mort. Il était assis sur la pierre renversée, qui fermait précédemment l'entrée du sépulcre, pour nous apprendre qu'il avait fait tomber par sa puissance les portes de l'enfer.
C'est avec raison que le Seigneur apparaît à ses disciples dans la Galilée, lui qui avait déjà passé de la mort à la vie, de la corruption à l'incorruptibilité, car le mot Galilée signifie transmigration. Heureuses femmes, qui méritèrent d'annoncer au monde le triomphe de la résurrection. Plus heureuses encore les âmes qui, au jour du jugement, mériteront d'entrer dans la joie de la bienheureuse résurrection, tandis que les méchants seront saisis d'épouvante.
Jésus-Christ ne vient pas détruire, mais éclairer le jour du sabbat: «Je ne suis pas venu détruire la loi, a-t-il dit, mais l'accomplir». Dieu éclaire ce jour pour lui donner la splendeur qui convient au jour du Seigneur, et le faire briller dans toute l'Eglise, alors que dans la synagogue il était couvert des ténèbres que les Juifs répandaient autour de lui. - Suite. «Marie Magdeleine vint», etc. La femme accourt le soir pour obtenir son pardon, elle qui avait couru le matin vers le crime; elle avait puisé dans le paradis l'esprit d'incrédulité, elle se hâte de venir puiser la foi au sépulcre du Sauveur, elle s'efforce d'arracher la vie du sein même de la mort, après qu'elle a vait trouvé la mort au sein même de la vie. Or, l'Évangéliste ne dit point: Elles vinrent, mais: «Elle vint». Sous le même nom, elles viennent deux, non par hasard, mais par une raison mysté rieuse. Marie Magdeleine vient elle-même, mais elle vient toute autre, un bienheureux change ment s'est opéré en elle, non pas dans son nom, mais dans sa vie, non pas dans son sexe, mais dans les dispositions de son âme. Ces femmes, appelées toutes deux Marie, précèdent les Apô tres, et portent pour ainsi dire le symbole des Églises au tombeau du Seigneur. Marie est le nom de la mère de Jésus-Christ, ce même nom est porté simultanément par deux femmes comme figure de l'unité de l'Église qui est composée de deux peuples, c'est-à-dire des Gentils et des Juifs. Or, Marie vint au sépulcre comme au sein qui devait enfanter la résurrection, d'où Jésus-Christ devait naître de nouveau à la foi, comme il était né du sein de sa mère à cette vie mortelle; de manière que le sépulcre fermé rendit à la vie éternelle celui que le chaste sein d'une vierge avait enfanté à la vie présente. C'est une preuve éclatante de sa divinité d'avoir laissé intacte et ferme le sein de la Vierge qui lui avait donné le jour, comme aussi d'être sorti avec son corps de ce tombeau qu'il laisse également fermé.
Il ne dit pas: Il roula la pierre, mais: «Il la renversa»; car la pierre, roulée à l'entrée du tombeau, était une preuve de la mort de Jésus-Christ, tandis qu'étant ren versée, elle est une démonstration de sa résurrection. L'ordre naturel des choses est ici renver sé; le tombeau dévore la mort elle-même, et non le cadavre; la demeure de la mort devient un séjour vivifiant; nous voyons ici un sein d'un nouveau genre, il reçoit un mort et rend un vi vant: «Et il était assis sur la pierre». Il était assis sans être sujet à aucune fatigue; mais comme docteur de la foi, pour annoncer la résurrection; et il était assis sur la pierre pour que la solidité de cette chaire put affermir la foi des croyants. L'ange posait les fondements de la foi sur cette pierre sur laquelle Jésus-Christ devait fonder son Église. - Ou bien cette pierre du tombeau peut être considérée comme une figure de la mort qui pesait sur tous les hommes; et l'ange assis sur la pierre nous représente Jésus-Christ qui a triomphé de la mort par sa puis sance.
Car ils gardaient le tombeau par un instinct de cruauté, et non par un sentiment de piété. Or, celui que sa conscience abandonne et que le remord accable, ne peut rester debout: Voilà pourquoi l'ange renverse les impies, tandis qu'il adresse la parole aux âmes justes pour les consoler.
Elles cherchaient en core celui qui avait été crucifié et qui était mort, car la cruelle tempête de la passion avait trou blé leur foi, et le poids de cette épreuve les avait tellement abattues qu'elles cherchaient, dans le tombeau, le Dieu du ciel. «Il n'est point ici».
L'ange ajoute ces paroles, pour leur ôter toute crainte de danger qui aurait pu être. un obstacle à la foi.
Il faut aussi se rappeler que dans le sens mystique, S. Matthieu a voulu nous apprendre quel honneur le triomphe de Jésus-Christ sur la mort, et sa glorieuse résurrection avaient fait rejaillir sur cette nuit sacrée, et c'est pour cela qu'il dit: «Le soir du sabbat», etc. Car d'après la marche naturelle du temps, le soir n'aboutit pas immédiatement au jour, mais s'obscurcit, au contraire, jusqu'à la nuit complète; l'Évangéliste veut donc nous montrer par ces paroles que le Seigneur a fait de toute de cette nuit, parla splendeur de sa résurrection, une nuit de clarté et d'allégresse.
L'Ange avait dit aux femmes: Vite, allez dire à ses disciples: Il est ressuscité d'entre les morts; il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez (Mt 28,7). En disant cela, l'Ange ne s'adressait pas à Marie Madeleine et à l'autre Marie, mais, en ces deux femmes, c'est l'Église qu'il envoyait en mission, c'est l'Épouse que l'Ange envoyait vers l'Époux.
Et tandis qu'elles s'en vont, le Seigneur vient à leur rencontre et les salue en disant: Je vous salue, réjouissez-vous. Il avait dit à ses disciples: Ne saluez personne en chemin (Lc 10,4); comment se fait-il que sur le chemin il accoure à la rencontre de ces femmes et les salue si joyeusement? Il n'attend pas d'être reconnu, il ne cherche pas à être identifié, il ne se laisse pas questionner, mais il s'empresse, plein d'élan, vers cette rencontre; il y court avec ardeur et, en les saluant, il abolit lui-même sa propre prescription. Voilà ce que fait la puissance de l'amour: elle est plus forte que tout, elle déborde tout. En saluant l'Église, c'est lui-même que le Christ salue, car il l'a faite sienne, elle est devenue sa chair, elle est devenue son corps, comme l'atteste l'Apôtre: Il est la Tête du Corps, c'est-à-dire l'Église (Col 1,18).
Oui, c'est bien l'Église en sa plénitude que personnifient ces deux femmes; les événements le montrent avec évidence; à ses disciples qui doutent de sa résurrection, le Christ doit apporter des preuves, il doit apaiser leurs craintes, il doit les rappeler à la foi en montrant son côté et les trous des clous, puis en prenant avec eux de la nourriture. Et c'est à juste titre qu'il nomme "enfants" ceux qui étaient si petits dans la foi, lorsqu'il leur demande: Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger (Jn 21,5)?
Mais ces femmes, il les trouve déjà parvenues à la maturité de la foi; elles ont dominé leurs faiblesses et elles se hâtent vers le mystère, elles cherchent le Seigneur avec toute la ferveur de leur foi. Aussi méritent-elles qu'il se donne à elles, lorsqu'il va à leur rencontre et leur dit: Je vous salue, réjouissez-vous. Il les laisse non seulement le toucher, mais le saisir à la mesure de leur amour. Comme nous venons de l'entendre dans la proclamation de l'Évangile: Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui (Mt 28,9). Oui, elles saisissent ses pieds, ces femmes qui, dans l'Église, sont les modèles des messagers de la Bonne Nouvelle. Elles ont mérité cette grâce par l'élan de leur course; elles touchent avec tant de foi les pieds du Sauveur qu'il leur est donné d'embrasser la gloire divine.
Et tandis qu'elles s'en vont, le Seigneur vient à leur rencontre et les salue en disant: Je vous salue, réjouissez-vous. Il avait dit à ses disciples: Ne saluez personne en chemin (Lc 10,4); comment se fait-il que sur le chemin il accoure à la rencontre de ces femmes et les salue si joyeusement? Il n'attend pas d'être reconnu, il ne cherche pas à être identifié, il ne se laisse pas questionner, mais il s'empresse, plein d'élan, vers cette rencontre; il y court avec ardeur et, en les saluant, il abolit lui-même sa propre prescription. Voilà ce que fait la puissance de l'amour: elle est plus forte que tout, elle déborde tout. En saluant l'Église, c'est lui-même que le Christ salue, car il l'a faite sienne, elle est devenue sa chair, elle est devenue son corps, comme l'atteste l'Apôtre: Il est la Tête du Corps, c'est-à-dire l'Église (Col 1,18).
Oui, c'est bien l'Église en sa plénitude que personnifient ces deux femmes; les événements le montrent avec évidence; à ses disciples qui doutent de sa résurrection, le Christ doit apporter des preuves, il doit apaiser leurs craintes, il doit les rappeler à la foi en montrant son côté et les trous des clous, puis en prenant avec eux de la nourriture. Et c'est à juste titre qu'il nomme "enfants" ceux qui étaient si petits dans la foi, lorsqu'il leur demande: Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger (Jn 21,5)?
Mais ces femmes, il les trouve déjà parvenues à la maturité de la foi; elles ont dominé leurs faiblesses et elles se hâtent vers le mystère, elles cherchent le Seigneur avec toute la ferveur de leur foi. Aussi méritent-elles qu'il se donne à elles, lorsqu'il va à leur rencontre et leur dit: Je vous salue, réjouissez-vous. Il les laisse non seulement le toucher, mais le saisir à la mesure de leur amour. Comme nous venons de l'entendre dans la proclamation de l'Évangile: Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui (Mt 28,9). Oui, elles saisissent ses pieds, ces femmes qui, dans l'Église, sont les modèles des messagers de la Bonne Nouvelle. Elles ont mérité cette grâce par l'élan de leur course; elles touchent avec tant de foi les pieds du Sauveur qu'il leur est donné d'embrasser la gloire divine.
Après les insultes et les coups, après le fiel mêlé de vinaigre, après les douleurs et le supplice de la croix, le corps renouvelé du Sauveur renaît du sein même du trépas, la vie sort du tombeau où elle était cachée, le salut ressuscite au milieu de la mort où il a puisé une splendeur plus éclatante.
Une question qui n'est pas sans importance est de savoir l'heure précise à laquelle les femmes vinrent au sépulcre; car comment concilier ce que dit saint Matthieu: «Le soir du sabbat», etc., avec le récit de saint Marc: «Et le premier jour de la semaine, de grand matin, Marie Magdeleine et une autre Marie vinrent voir le sépulcre». Nous répondons que saint Matthieu, par le soir, qui est la première partie de la nuit, a voulu exprimer toute la nuit vers la fin de laquelle les femmes vinrent au sépulcre. Comme elles ne pouvaient exécuter auparavant leurs pieux desseins à cause du jour de sabbat, saint Matthieu désigne par le mot nuit, la partie de cette nuit où il leur fut permis de les accomplir. Cette expression «Le soir du sabbat», revient donc à celle-ci: «La nuit du sabbat», c'est-à-dire la nuit qui suit le jour du sabbat, et ce qui suit le prouve assez: «Lorsque le premier jour de la semaine commençait à luire». Ce qui ne serait point vrai, si nous ne comprenions parle mot soir, que la première partie, que le com mencement de la nuit; car ce n'est pas au commencement de la nuit qu'on voit luire l'aurore du premier jour de la semaine, c'est dans le cours de la nuit elle-même, alors qu'elle se dispose à faire place à la lumière, et on sait que l'usage de l'Écriture est d'exprimer le tout par la par tie. Le mot soir signifie donc ici la nuit, à l'extrémité de laquelle on voit poindre l'aurore, et c'est à l'aurore naissante que les saintes femmes vinrent au sépulcre.
On sera peut-être surpris de ce que, d'après le récit de saint Mat thieu, l'ange était assis sur la pierre du sépulcre qu'il avait renversée, tandis que saint Marc nous dit que les femmes étant entrées dans ce sépulcre, virent un jeune homme assis à la droite. Mais on peut répondre que saint Matthieu n'a point parlé de l'ange qu'elles virent en entrant dans le sépulcre, ni saint Marc de celui qui était assis sur la pierre, de manière qu'elles virent deux anges, et entendirent séparément de leur bouche ce qu'ils venaient leur apprendre de Jé sus. Ou bien encore, ces paroles: «Elles entrèrent dans le tombeau», doivent s'expliquer d'un mur de clôture, dont il est probable que le tombeau était entouré, ou d'un endroit particulier qui se trouvait devant la pierre dans laquelle on avait creusé le tombeau, de manière que les saintes femmes aient pu dans ce même endroit, voir assis, à droite, l'ange qui, d'après S. Mat thieu était assis sur la pierre.
Ou bien encore, que les Évangélistes racontent que les femmes sont ve nues à des heures différentes, ce n'est pas un signe qu'ils se contredisent, comme l'objectent les impies, mais une preuve du pieux empressement de ces saintes femmes, qui les porte à visi ter souvent le sépulcre, et ne leur permet pas d'être longtemps éloignées du tombeau du Seigneur.
Notre-Seigneur, tout à la fois Fils de Dieu, et Fils de l'homme, selon sa double nature divine et humaine, donne tour à tour des signes, tantôt de sa grandeur, tantôt de son humilité; ainsi dans cet endroit, quoique celui qui a été crucifié et qui a été enseveli soit homme, cependant tous ces prodiges qui écla tent au dehors, proclament qu'il est en même temps Fils de Dieu.
Par ce vêtement blanc, l'ange nous représente encore la gloire de Jésus-Christ triomphant.
Si ne croyez pas à mes paro les, vous en croirez du moins au sépulcre qui est vide.
L'ange rappelle donc d'abord le nom de Jésus-Christ, puis sa croix et sa passion; mais il ne tarde pas à parler de sa résurrection, et bientôt il proclame qu'il est le Seigneur. Ainsi, après de si grands supplices, après le tombeau, l'ange n'hésite pas à reconnaître Jésus-Christ pour son Dieu, pourquoi donc l'homme prétend-il ou que Dieu s'est amoindri en se faisant homme, ou que sa puissance lui a fait défaut dans sa passion? L'ange dit: «Qui a été crucifié», et il montre le lieu où on avait mis le corps du Sauveur, afin qu'on ne pût croire que c'était un autre et non pas lui-même qui était ressuscité d'entre les morts. Or, puis que le Seigneur a voulu ressusciter dans la même chair et donner des preuves si évidentes de sa résurrection, pourquoi l'homme croirait-il qu'il doit ressusciter dans une chair différente de la sienne? Est-ce que le serviteur aurait du dédain pour sa chair, alors que le Seigneur n'a pas voulu changer celle qu'il a reçue de nous?
Il vous précédera dans la Galilée, c'est-à-dire au sens mystique, dans le bourbier des nations, là où il n'y avait auparavant qu'erreur ténébreuse et terrain glissant, et où on ne pouvait poser le pied avec sû reté. «C'est là que vous le verrez; je vous en avertis par avance.
L'ange semble leur dire: Si vous ne voulez pas me croire, souvenez-vous de ses paroles. Il leur donne ensuite une autre preuve en ajoutant: «Venez et voyez le lieu où avait été mu le Seigneur».
C'est un effet insigne de la miséricorde de Dieu, d'employer au moment où son Fils ressuscita des enfers le ministère de ses anges, et il devient ainsi lui-même comme le héraut de la première résurrection en la faisant annoncer par un de ceux qui sont les ministres habituels de la volonté de son Père.