Matthieu 27, 63
en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai.”
en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai.”
Seigneur était un titre honorifique alors
fréquemment usité dans les relations sociales. - Nous nous sommes souvenus. Les délégués du Sanhédrin
s'excusent en quelque sorte de venir encore troubler le procurateur pour cette affaire ; mais ils avaient oublié
un point de la dernière gravité, qu'il importait de lui faire régler au plus tôt. - Cet imposteur. Expression de
mépris, qui fait dire à Rosenmüller, Schol. in h.l. : « Même après sa mort, ils ne cessèrent pas de couvrir
Jésus d’ignominie. Horace lui-même applique ce mot à un saltimbanque ou un marchand ambulant qui
trompe les hommes avec des colifichets et des babioles ». - Lorsqu'il vivait encore. Donc il était vraiment
mort : les Pharisiens en étaient certains. Nous recommandons cette parole à ceux des rationalistes modernes
qui, pour expliquer la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ont recours à une simple syncope, dont il
serait revenu au bout de quelques heures. Voir Dehaut, l'Évangile expliqué, médité, t. 4, p. 414 et suiv., 5è
édit. - Après trois jours je ressusciterai. Le verbe est au présent dans le texte grec, ce qui exprime mieux la
parfaite certitude avec laquelle Jésus avait tenu ce langage. « Après trois jours », c'est-à-dire le troisième jour qui suivra ma mort, comme nous l'avons démontré précédemment. Voir 12, 40 et le commentaire. Du reste
cela ressort très clairement du v. 64 et d'un texte analogue de S. Luc, 23, 7. - La prophétie que mentionnent
ici les Sanhédristes semble n'avoir été annoncée qu'aux Apôtres en des termes aussi formels. Cf. Marc. 8, 31.
Plusieurs exégètes (Mgr Mac-Evilly, J.P. Lange, etc.) ont conjecturé que les ennemis du Sauveur l'avaient
connue par une révélation du traître. Mais il est possible qu'elle se fût divulguée d'une autre manière. Du
reste, plusieurs passages évangéliques déjà signalés, spécialement Joan. 2, 19 ; Matth. 12, 39, 40, suffisent
pour expliquer la citation des Pharisiens.
2901. Mais pourquoi SE RÉUNIRENT-ILS ? La cause vient ensuite : SEIGNEUR, NOUS NOUS SOMMES SOUVENUS QUE CET IMPOSTEUR. Ils l’appellent IMPOSTEUR. Jn 7, 12 : Certains parmi eux disaient qu’il était bon, mais les autres, non, qu’il séduisait les foules. JE RESSUSCITERAI LE TROISIÈME JOUR. Ils tenaient cela de ce que [Jésus] avait dit plus haut, 12, 40 : Comme Jonas a été pendant trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, de même le Fils de l’homme sera-t-il trois jours et trois nuits au cœur de la terre. La partie est prise pour le tout, comme on l’a expliqué plus haut [des trois jours et des trois nuits].
Ils prétendent qu'il a dit: «Je ressusciterai après trois jours», parce qu'il avait fait au trefois cette prédiction: «De même que Jonas resta trois jours et trois nuits dans le s ein de la baleine», etc. ( Mt 12). Mais il nous faut examiner comment il a ressuscité trois jours après sa mort. Il en est quelques-uns qui ont voulu compter trois heures de nuit pour une nuit, et pour un jour l'aurore qui suivit les ténèbres; mais ils n'ont point compris la portée du langage figuré. Dans ce langage, le sixième jour où Jésus-Christ a souffert comprend la nuit précédente, vient ensuite la nuit du samedi avec le jour qui la suit, et la nuit du dimanche comprend le jour qui vient après. C'est ainsi qu'il est vrai de dire que le Sauveur est ressuscité trois jours après sa mort.
Ce n'est pas assez pour les princes des prêtres d'avoir commis un immense forfait en mettant le Seigneur à mort, il faut encore que leur malice empoisonnée se répande sur lui après sa mort, qu'ils déchirent sa réputation, et qu'ils traitent de séducteurs celui dont ils connaissent l'innocence: Ils disent donc à Pilate: «Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet impos teur, lorsqu'il vivait encore, a dit», etc. Ils agissent ici comme Caïphe, qui avait prophétisé précédemment, sans savoir ce qu'il disait: «Il est avantageux qu'un seul homme périsse pour tout le peuple» ( Jn 11). En effet, Jésus-Christ était un séducteur, qui ne faisait point passer de la vérité à l'erreur, mais du mensonge à la vérité, du vice à la vertu, de la mort à la vie.