Matthieu 27, 56
Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
« Marie-Madeleine est célèbre dans l’Evangile par ses sentiments de charité ardente envers le Sauveur des hommes, et dans la tradition ecclésiastique par ses larmes et sa pénitence. Le surnom de Madeleine fut donné à Marie, parce qu’elle était du bourg de Magdala, en Galilée, près du lac de Tibériade. On croit qu’elle était d’une famille distinguée par ses richesses. L’Evangile, en la nommant pécheresse, a fait supposer qu’elle s’était abandonnée à des débordements. On connaît le châtiment que Marie-Madeleine subit durant quelques années : elle fut tourmentée du démon jusqu’au jour où le Sauveur, lui remettant ses péchés, l’affranchit de cette domination horrible. [Quand elle versa ses parfums sur les pieds de Jésus, il lui remit ses péchés.] C’est depuis cette époque qu’elle s’imposa des pratiques de pénitence. Après avoir mis sa chevelure et ses parfums aux pieds du Seigneur, comme si elle avait voulu figurer son renoncement à toutes choses vaines, elle se joignit à quelques saintes et nobles femmes qui suivaient le divin Maître, écoutaient ses prédications et l’assistaient de leurs biens dans ses courses évangéliques. Marie-Madeleine et les saintes femmes suivirent Jésus de la Galilée à Jérusalem et elles ne l’abandonnèrent pas, même à sa mort, qui arriva six mois après. Marie avec sa famille habitait le bourg de Béthanie. [C’est là que mourut son frère Lazare, et c’est là que Jésus le ressuscita. Peu après, dans un repas qui fut donné à Béthanie au Sauveur chez un homme qui avait été guéri de la lèpre et où Lazare assistait avec ses deux sœurs, Marie répandit un nouveau vase de parfums sur les pieds du Sauveur.] Malgré les souffrances de son amour, Madeleine accompagna Jésus sur le Calvaire. [Elle lui rendit les derniers devoirs de la sépulture et mérita d’être des premières à voir son maître ressuscité.] A partir de cet instant, on ne trouve plus dans l’Evangile aucune trace de sainte Madeleine. Il est probable toutefois qu’elle se rendit d’abord en Galilée, où Jésus devait se manifester à ses disciples ; ce fut l’opinion générale des anciens que, après la descente du Saint-Esprit et la dispersion des Apôtres, Marie-Madeleine quitta Jérusalem et la Palestine. La tradition [la] plus fondée fait aborder Marie-Madeleine en Provence avec Marthe et Lazare. D’après cette tradition, Lazare devint évêque de Marseille où il mourut ; Marthe porta l’Evangile à Tarascon, et Marie-Madeleine se retira dans la caverne devenue si célèbre sous le nom de Sainte-Baume. C’est là qu’elle finit ses jours dans les pratiques de la pénitence. » (Mgr DARBOY.) ― Marie, mère de Jaques et de Joseph, femme de Cléophas ou Alphée, sœur ou belle-sœur de la sainte Vierge, mère de saint Jacques le Mineur. ― Sur Jacques et Joseph, ou Josès, voir Matthieu, note 13.55-56. ― La mère des fils de Zébédée, Salomé, mère de saint Jacques le Majeur et de saint Jean l’Evangéliste.
Après avoir mentionné leur noble conduite, il nomme les plus célèbres
d'entre elles. - Marie Madeleine, ou Marie de Magdala, petite ville située sur les bords du lac de Tibériade,
au Sud de Capharnaüm ; cf. 15, 39 dans le texte grec. Nous aurons à examiner plus tard, s'il faut confondre
Marie Madeleine avec Marie sœur de Lazare. - Marie Jacobé : Cette autre Marie était la femme de Cléopas
et, comme nous l'avons dit ailleurs, cf. Joan. 19, 25 et l'explication de Matth. 13, 55-56, la sœur ou la
belle-sœur de la Sainte Vierge. Ses fils Jacques et Joseph étaient par conséquent les « frères » de
Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le premier ne diffère pas de l'Apôtre S. Jacques-le-Mineur ; du second on ne
connaît pas autre chose que le nom. - La mère des fils de Zébédée : Salomé, Marc. 15, 40, était là, elle aussi,
réparant par sa courageuse présence l'acte de faiblesse auquel l'avait entraînée naguère, cf. 20, 20, un amour
trop naturel pour ses deux fils.
2890. PARMI LESQUELLES SE TROUVAIENT MARIE MADELEINE ET MARIE, MÈRE DE JACQUES, etc. Elvidius a pris occasion de ce texte pour errer, lui qui dit que Jésus était né de la semence de Joseph. À cela Jérôme répond qu’il y a eu deux Jacques : [Jacques] le Majeur, qui est appelé le frère de Jean, et [Jacques] le Mineur, qui était le fils d’Alphée, dont la mère était aussi la mère de Joseph. Ainsi, celle qui était la mère de Jacques le Majeur n’était pas la mère de Jacques le Mineur, car on ajoute aussitôt : ET LA MÈRE DES FILS DE ZÉBÉDÉE.
2891. Mais que veut dire : « Marie de Cléophas » et « Marie d’Alphée » ? Jérôme donne la solution : il se peut que cette Marie ait eu un mari qui portait deux noms ; il s’appelait donc Cléophas et Alphée. Ou bien, on peut dire que [Marie] épousa d’abord Cléophas et, après la mort de celui-ci, épousa Alphée. Ou bien, on peut dire que Cléophas était le père et que la mère était appelée Salomé, car Marc dit : Et de Salomé. Salomé est donc un nom de femme. L’erreur du maître dans la Glose sur [l’épître] aux Galates, chapitre 2, est donc claire, car il dit que c’est un nom d’homme, de même que [l’erreur] du maître de l’Histoire, car le grec porte Salômê, une terminaison féminine qui ne se rencontre nulle part au masculin.
2891. Mais que veut dire : « Marie de Cléophas » et « Marie d’Alphée » ? Jérôme donne la solution : il se peut que cette Marie ait eu un mari qui portait deux noms ; il s’appelait donc Cléophas et Alphée. Ou bien, on peut dire que [Marie] épousa d’abord Cléophas et, après la mort de celui-ci, épousa Alphée. Ou bien, on peut dire que Cléophas était le père et que la mère était appelée Salomé, car Marc dit : Et de Salomé. Salomé est donc un nom de femme. L’erreur du maître dans la Glose sur [l’épître] aux Galates, chapitre 2, est donc claire, car il dit que c’est un nom d’homme, de même que [l’erreur] du maître de l’Histoire, car le grec porte Salômê, une terminaison féminine qui ne se rencontre nulle part au masculin.
On demandera peut-être que devinrent ceux qui ressuscitèrent en même temps que le Seigneur; car nous devons croire qu'ils ressuscitèrent pour être témoins de la résurrection du Sauveur. Il en est qui ont avancé qu'ils étaient morts de nouveau, et retournés en poussière comme Lazare et les autres que Jésus a ressuscités. Mais on ne peut ajouter foi en aucune manière à une semblable opinion, car il eût été bien plus triste pour eux de mourir de nouveau, après leur résurrection, que de ne pas ressusciter du tout. Nous devons donc croire à n'en pouvoir douter, qu'ils ressuscitèrent pour prendre part à la résurrection du Sauveur, et qu'ils montèrent avec lui au ciel le jour de son ascension.
Ces paroles prouvent suffisamment que le voile fut déchiré au moment même où Jésus rendit l'esprit. Si l'Évangéliste n'avait pas dit: «Et voilà», mais simplement: Le voile du temple se déchira, on ne pourrait dire au juste si saint Matthieu et saint Marc ne font que résumer leurs souvenirs, tandis que saint Luc suit dans son récit l'ordre naturel des faits en disant: «Le soleil s'obscurcit», et aussitôt après: «Et le voile du temple se déchira; ou si saint Luc résume ce que les deux premiers rapportent dans l'ordre chronologique».
Il n'y a point de contradiction entre saint Matthieu qui rapporte qu'en voyant ce tremblement de terre, le centurion et tous ceux qui étaient avec lui furent saisis de frayeur, et saint Luc qui attribue cette frayeur au grand cri que Jésus jeta en mourant; car saint Matthieu n'ayant pas dit simplement: «A la vue de ce tremblement de terre», mais ayant ajouté: «Et de tout ce qui se passait», prouve l'intégrité du récit de saint Luc, où nous lisons, qu'en voyant la mort du Sauveur, le centurion fut saisi de crainte, puisque ce prodige se trouve compris dans les phénomènes extraordinaires qui arrivèrent alors.
Nous pourrions encore dire que les femmes qui se tenaient à distance de la croix; au rapport des trois Évangélistes, sont différentes de celles qui se tenaient près de la croix, d'après le récit de saint Jean, si saint Luc et saint Matthieu n'avaient placé Marie-Madeleine parmi celles qui se tenaient au loin, et saint Jean parmi celles qui étaient debout près de la croix. Comment donc expliquer cette difficulté? C'est en disant qu'elles étaient tout à la fois près de la croix, parce qu'elles étaient en présence et comme en face, et loin de la croix en comparaison de la foule, qui se tenait plus près, avec le centurion et sa cohorte. Nous pouvons encore admettre que les femmes, qui étaient avec la mère du Sau veur, commencèrent à s'éloigner, lorsque Jésus l'eut confiée à saint Jean, pour se tirer de la foule et considérer de loin ce qui se passait, ce qui explique comment les Évangélistes, qui n'en parlent qu'après la mort du Seigneur, aient pu dire qu'elles se tenaient au loin.
Personne lie peut douter de la signification littérale de tous ces prodiges étonnants, où l'on voit le ciel, la terre et tous les éléments proclamer ainsi que c'est leur Dieu qui vient d'être crucifié.
C'était, chez les Juifs, une coutume consacrée par les moeurs antiques, et que personne ne songeait à blâmer que les femmes prissent soin de fournir à ceux qui les instruisaient le vêtement et la nourriture. Saint Paul nous rapporte qu'il crut devoir renoncer à cet usage, parce qu'il pouvait être un sujet de scandale pour les Gentils. Or, elles assistaient le Seigneur de leur avoir, et lui permettaient ainsi de moissonner leurs biens matériels, alors qu'elles moissonnaient elles-mêmes ses grâces spirituelles. Ce n'est pas que le Seigneur eût besoin d'être nourri par ses créatures; mais il voulait ainsi donner l'exemple à ceux qui devaient enseigner l'Évangile, et leur apprendre à se contenter de la nourriture et du vêtement qu'ils recevraient de leurs disciples. Mais voyons quelles étaient ces pieuses femmes: «Parmi elles, étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée».
Il est donc évident, dit Helvidius, que Jacques et Joseph, que les Juifs appellent les frères de Jésus-Christ, sont les enfants de Marie. L'Évangéliste dit: «de Jacques le mineur», pour le distinguer de Jacques le Majeur, fils de Zébédée; et ce serait, ajoute Helvi dius, se rendre coupable d'impiété à l'égard de Marie, que de penser qu'elle pût être absente dans cette circonstance où les autres femmes étaient près de Jésus, ou qu'il y eut là on ne sait quelle autre Marie de notre inventio n, alors surtout que saint Jean atteste qu'elle était présente au pied de la croix. O fureur aveugle, ô âme dont la folie tourne à sa propre ruine, entends ce que dit saint Jean l'Évangéliste: «Or, la mère de Jésus, et la soeur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine étaient debout près de la croix». Personne ne doute qu'il y ait eu deux apôtres du nom de Jacques: «Jacques, fils de Zébédée, et Jacques, «fils d'Alphée». Ce je ne sais quel Jacques le Mineur, que l'Écriture appelle fils de Marie, ne peut être que le fils d'Alphée, s'il est apôtre; et s'il ne l'est pas, mais qu'il soit je ne sais quel troi sième disciple du nom de Jacques, comment peut-on le regarder comme le frère du Seigneur? Et comment, s'il est le troisième du nom de Jacques, peut-il être appelé Jacques le Mineur, par opposition à Jacques le Majeur? car la distinction de Majeur et de Mineur ne peut exister entre trois, mais entre deux personnes seulement. Et, d'ailleurs, saint Paul l'appelle frère du Seigneur, dans son épître aux Galates: «Je n'ai vu aucun autre apôtre, si ce n'est Jacques, frère du Seigneur». Et pour vous bien convaincre que saint Paul ne veut point parler de Jacques, fils de Zébédée, lisez les Actes des Apôtres, et vous y verrez qu'à cette époque Hérode l'avait déjà fait mettre à mort, Concluons donc que cette Marie, qui est appelée mère de Jacques le Mi neur, était l'épouse d'Alphée et la soeur de Marie, mère du Seigneur, et celle que saint Jean appelle Marie, femme de Cléophas. Si vous croyez qu'il y ait ici deux personnes différentes, parce qu'elle est d'un côté Marie, mère de Jacques le Mineur, et, de l'autre, Marie, femme de Cléophas, rappelez-vous que c'est la coutume des Écritures de donner deux noms différents à la même personne, comme, par ex emple, Raguel, qui est aussi appelée Jéthro ( Ex 2, 3). C'est ainsi que la même femme est appelée à la fois Marie de Cléophas, femme d'Alphée, et Marie, mère de Jacques le Mineur; et si elle était la mère du Seigneur, il lui aurait donné ce nom comme dans tous les autres passages. Mais, quand même Marie de Cléophas serait diffé rente de Marie, mère de Jacques et de Joseph, il n'en serait pas moins vrai que Marie, mère de Jacques et de Joseph, n'est point Marie, mère du Seigneur.
Les ennemis du Sauveur insultaient et se moquaient de lui, parce qu'il ne descendait pas de la croix: «Il a sauvé les autres, disent-ils, et il ne peut se sau ver lui-même».Mais ce qu'il n'a point voulu faire en lui-même, il l'a fait, bien au delà, dans les corps de ses serviteurs; car si ce fut un prodige surprenant de voir Lazare sortir du tom beau quatre jours après sa mort, combien fut-il plus extraordinaire de voir tout d'un coup ap paraître pleins de vie ceux qui s'étaient endormis depuis si longtemps du sommeil de la mort, ce qui était un présage de la résurrection dernière. Et afin qu'on ne vînt à penser que ces apparitions n'étaient qu'imaginaires, l'Évangéliste ajoute: «Et sortant de leurs tombeaux, ils vin rent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs.
Ou bien, le voile du temple se déchire, parce que, dès ce moment, le peuple se divise en deux parties, et que la gloire de ce voile disparaît avec l'ange qui le couvrait de sa protection.
Tous les jours, ces grands prodiges se renouvellent sous nos yeux; car tous les jours le voile du temple se déchire devant les saints pour leur révéler les secrets mystérieux qu'il ren ferme; la terre, c'est-à-dire toute chair est ébranlée en entendant la parole nouvelle et les nou veaux mystères que contient le Nouveau Testament; les rochers se fendent, parce qu'ils sont la figure des prophètes, pour nous laisser voir à découvert les mystères qui s'y trouvent cachés. Les sépulcres des morts sont les corps des âmes pécheresses, et qui sont mortes aux yeux de Dieu, mais lorsque ces âmes sont ressuscitées par la grâce de Dieu, leurs cor ps, qui auparavant étaient des tombeaux de morts, deviennent les corps des saints, et ces âmes paraissent sortir d'elles-mêmes, elles suivent celui qui est ressuscité, et elles marchent avec lui dans une sainte nouveauté de vie, et ceux qui sont dignes de la vie du ciel, entrent dans la cité sainte, chacun en son temps, et ils apparaissent aux yeux d'un grand nombre qui sont témoins de leurs bonnes oeuvres.
Dans saint Marc, la troisième est appelée Salomé.