Matthieu 27, 52
Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes (cf. Ps 89, 49 ; 1 S 28, 19 ; Ez 32, 17-32) ce qui ne veut pas dire que leur sort soit identique comme le montre Jésus dans la parabole du pauvre Lazare reçu dans " le sein d’Abraham " (cf. Lc 16, 22-26). " Ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu’il descendit aux enfers " (Catech. R. 1, 6, 3). Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53).
Par sa mort, Jésus éclaire le sens de la vie et de la mort de tout être humain. Avant de mourir, Jésus prie son Père, implorant le pardon pour ses persécuteurs (cf. Lc 23, 34), et, au malfaiteur qui lui demande de se souvenir de lui dans son royaume, il répond: « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 43). Après sa mort, « les tombeaux s'ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent » (Mt 27, 52). Le salut opéré par Jésus est un don de vie et de résurrection. Au cours de son existence, Jésus avait aussi apporté le salut en guérissant, et en faisant du bien à tous (cf. Ac 10, 38). Mais les miracles, les guérisons et les résurrections elles-mêmes étaient des signes d'un autre salut, qui consiste à pardonner les péchés, c'est-à-dire à libérer l'homme de sa maladie la plus profonde et à l'élever à la vie même de Dieu.
Qui s’étaient endormis ; c’est-à-dire qui étaient morts. Souvent dans l’Ecriture le sommeil est mis pour la mort.
S. Matthieu a seul mentionné ce dernier prodige, qui surpasse tous les
autres en grandeur. Le tremblement de terre, en même temps qu'il fendait les rochers les plus durs, faisait
rouler hors de leurs gonds les énormes pierres qui fermaient l'entrée des sépulcres juifs. Cf. v. 60 ; Joan. 11,
38, etc. Mais ce n'est pas tout : Plusieurs de ces monuments funèbres ainsi ouverts rendirent leurs morts qui,
d'après la description du verset suivant, accoururent dans la ville et se manifestèrent à de nombreux témoins.
- Beaucoup de corps de saints… De quelle manière et dans quel sens eurent lieu ces résurrections
merveilleuses ? Les exégètes se sont de tout temps séparés sur ce point délicat. On peut cependant réduire à
trois les opinions principales qu'ils ont émises. 1° Les morts dont parle S. Matthieu seraient ressuscités à la
façon de Lazare, l'ami du Christ ; c'est-à-dire que leur âme aurait été de nouveau unie à leur corps, pour une
seconde vie d'une durée plus ou moins longue. Tel est le sentiment de Théophylacte. Mais on lui oppose
justement l'expression « apparurent » du v. 53, qui suppose de simples apparitions, par conséquent une
résurrection momentanée. 2° Origène, S. Jérôme, S. Thomas d'Aquin, et à leur suite Maldonat, Arnoldi,
Brown, Mgr Mac-Evilly, M. Fouard, etc., pensent que cette résurrection était définitive ; c'eût été une
anticipation de celle de tous les hommes à la fin du monde. Sur les bienheureux qui en furent l'objet, la mort
aurait donc à jamais perdu son empire : bien plus, ils auraient eux-même accompagné Jésus dans le ciel en
corps et en âme au jour de son Ascension. Mais cette opinion n'est-elle pas réfutée dans l'Épître aux Hébreux,
11, 39, 40 ? N'a-t-elle pas contre elle la croyance générale d'après laquelle, à part le Sauveur et la glorieuse
Vierge Marie, personne avant la fin du monde n'entrera dans le Ciel avec un corps transfiguré ? 3° Suivant le
système adopté par MM. Schegg et Bisping, la merveille dont l'évangéliste fait ici mention ne consiste pas
dans des résurrections proprement dites, mais dans de simples apparitions temporaires, semblables à celles
des anges, ou mieux encore à celle de Moïse sur la montagne de la Transfiguration. Ce n'est donc pas sous
l'enveloppe réelle de leurs corps, c'est sous des fantômes extérieurs qui leurs correspondaient, que les saints
personnages choisis par Dieu se montrèrent à Jérusalem. - Quels furent les Saints de l'Ancien Testament qui
eurent ainsi l'honneur de participer en un certain sens à la Résurrection du Sauveur ? On a souvent nommé
Adam, Noé, Abraham, David, d'après les Acta Pilati, cf. Thilo, Cod. Apocr. N. T. p. 810, ou encore, S.
Joseph, S. Jean-Baptiste, etc. On ne sait rien de précis à ce sujet : il semble plus vraisemblable, d'après le
contexte, que la plupart d'entre eux avaient appartenu à la génération contemporaine, puisque nous les
voyons se faire reconnaître d'un grand nombre. - Qui s'étaient endormis. Dès les premiers jours du
Christianisme, le verbe « s'endormir » devint un gracieux euphémisme pour signifier mourir ; cf. 1 Tess. 4, 4.
De là le nom de dortoir, en grec, (d'où cimetière) donné aux champs des morts.
2881. LES TOMBEAUX S’OUVRIRENT. Les tombeaux sont des enclos pour les corps morts. Il est ainsi indiqué que [le Christ] a brisé les liens de la mort. Os 13, 14 : Ô mort, je serai ta mort ! Ô enfer, je t’égorgerai ! De même, 1 Co 15, 54 : La mort a été absorbée dans [sa] victoire.
2882. Cela est aussi approprié pour ce qui est de l’effet. La terre tremble lorsque tout ce qui est terrestre est rejeté. Ps 59[60], 4 : Tu as fait trembler la terre et l’as bouleversée. Guéris ses blessures, car elle a été bouleversée. De même, les pierres se fendent lorsque la dureté des cœurs est émue par la compassion. Jr 23, 29 : Mes paroles, à savoir, [celles de] la passion, sont comme le feu et comme un marteau qui broie les pierres. De plus, par le fait que LES TOMBEAUX S’OUVRIRENT, il indique que ceux qui sont morts à cause de leurs péchés doivent ressusciter Ep 5, 14 : Réveille-toi, toi qui dors, et lève-toi d’entre les morts ! Cela est aussi approprié pour celui qui vient juger, car, lorsqu’il viendra, la terre tremblera. Ag 2, 7 : Encore un peu de temps, et je déplacerai le ciel et la terre. De même, les pierres se fendent, car toute élévation des hommes sera abaissée. De même, les tombeaux s’ouvriront, car les morts se présenteront au jugement. Jn 5, 28 : L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu.
2883. Ensuite le miracle pour ce qui est des hommes est abordé. Premièrement, [Matthieu] aborde la résurrection ; deuxièmement, la manifestation.
Il dit donc : ET LES CORPS DES SAINTS QUI DORMAIENT RESSUSCITÈRENT. À leur sujet, on a coutume de se demander si ceux qui sont ressuscités mourront de nouveau ou ne mourront pas. Il est clair que certains sont ressuscités et sont morts par la suite, comme Lazare. Mais de ceux [dont il est question ici] on peut dire qu’ils sont ressuscités pour ne plus mourir, car ils sont ressuscités pour manifester la résurrection du Christ. Or, il est certain que le Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus. De même, s’ils étaient ressuscités [et devaient mourir], cela ne serait pas leur apporter un bienfait, mais plutôt un préjudice. Ils sont donc ressuscités pour entrer au ciel avec le Christ.
2882. Cela est aussi approprié pour ce qui est de l’effet. La terre tremble lorsque tout ce qui est terrestre est rejeté. Ps 59[60], 4 : Tu as fait trembler la terre et l’as bouleversée. Guéris ses blessures, car elle a été bouleversée. De même, les pierres se fendent lorsque la dureté des cœurs est émue par la compassion. Jr 23, 29 : Mes paroles, à savoir, [celles de] la passion, sont comme le feu et comme un marteau qui broie les pierres. De plus, par le fait que LES TOMBEAUX S’OUVRIRENT, il indique que ceux qui sont morts à cause de leurs péchés doivent ressusciter Ep 5, 14 : Réveille-toi, toi qui dors, et lève-toi d’entre les morts ! Cela est aussi approprié pour celui qui vient juger, car, lorsqu’il viendra, la terre tremblera. Ag 2, 7 : Encore un peu de temps, et je déplacerai le ciel et la terre. De même, les pierres se fendent, car toute élévation des hommes sera abaissée. De même, les tombeaux s’ouvriront, car les morts se présenteront au jugement. Jn 5, 28 : L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu.
2883. Ensuite le miracle pour ce qui est des hommes est abordé. Premièrement, [Matthieu] aborde la résurrection ; deuxièmement, la manifestation.
Il dit donc : ET LES CORPS DES SAINTS QUI DORMAIENT RESSUSCITÈRENT. À leur sujet, on a coutume de se demander si ceux qui sont ressuscités mourront de nouveau ou ne mourront pas. Il est clair que certains sont ressuscités et sont morts par la suite, comme Lazare. Mais de ceux [dont il est question ici] on peut dire qu’ils sont ressuscités pour ne plus mourir, car ils sont ressuscités pour manifester la résurrection du Christ. Or, il est certain que le Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus. De même, s’ils étaient ressuscités [et devaient mourir], cela ne serait pas leur apporter un bienfait, mais plutôt un préjudice. Ils sont donc ressuscités pour entrer au ciel avec le Christ.
Les signes de la résurrection du Seigneur sont clairs: la ruse a cessé, la jalousie a été bannie, la querelle a été foulée aux pieds, la paix est en honneur et la guerre a pris fin. Nous ne pleurons plus sur Adam, lui qui fut formé le premier (1Tm 2,13), mais nous glorifions le second Adam (1Co 15,47). Nous ne blâmons plus Ève, la désobéissante (Gn 3,6), mais nous disons bienheureuse Marie, la mère de Dieu. Nous ne nous détournons plus de l'arbre, mais nous portons la croix (Lc 14,27) du Seigneur. Nous ne redoutons plus le serpent (Gn 3,1), mais nous révérons l'Esprit Saint. Nous ne descendons plus en terre, mais nous remontons aux cieux. Nous ne sommes plus exilés du Paradis (Gn 3,23-24), mais nous vivons auprès d'Abraham (Lc 16,22). Nous n'entendons plus dire comme les Juifs: J'ai rendu ton jour semblable à la nuit (Os 4,5), mais nous chantons, dans un sens spirituel: Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie (Ps 117,24)!
Pourquoi ce chant? Parce que le soleil n'est plus obscurci (Mt 27,45), mais que tout s'illumine. Parce que le voile du Temple n'est plus déchiré (Mt 27,51), mais que l'Église est reconnue. Parce que nous ne tenons plus des rameaux de palmier (Jn 12,13), mais que nous portons les "nouveaux illuminés."
Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie. Voici le jour, celui-ci et non un autre, car il n'y a qu'une reine et une multitude de princesses 1. Voici le jour, le jour du Seigneur, jour triomphal, consacré par la coutume à la résurrection. C'est le jour où nous sommes parés de grâce et partageons l'agneau (Ex 12,8-11) spirituel, où l'on donne du lait (1Co 3,2 1P 2,2) à ceux qui viennent de renaître, où le plan divin s'accomplit pour les pauvres.
Qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, sans que nous courions dans les tavernes, mais en nous hâtant vers les sanctuaires, sans que nous honorions l'ivresse, mais en aimant la tempérance <>, sans que nous nous amusions sur les places, mais en chantant des psaumes dans nos maisons. Ce jour est celui de la résurrection, non des excès. Personne ne monte au ciel en dansant. Personne en état d'ivresse ne se tient auprès d'un roi. Que personne donc parmi nous ne déshonore ce jour!
Voici le jour où Adam a été libéré, où Ève a été délivrée de son affliction (Gn 3,16). Voici le jour où la mort féroce a frémi, où la résistance des blocs de pierre (Mt 27,51) a été brisée et anéantie, les verrous des tombeaux (Mt 27,52) mis en pièces et enlevés. Voici le jour où les corps (Mt 27,53) de ceux qui étaient morts depuis longtemps ont été rendus à leur vie antérieure, où les lois sévères des puissances souterraines, jusqu'alors immuables, ont été abolies, où les cieux se sont ouverts (Mt 3,16) quand le Christ notre Seigneur est ressuscité. Voici le jour où l'arbre verdoyant et fertile de la résurrection a étendu ses branches sur le monde entier pour le bien de la race humaine, comme dans un jardin où les lis des nouveaux illuminés ont grandi, où les ruisseaux des pécheurs se sont desséchés. Voici le jour où la force du diable a été paralysée, où les armées des démons ont été balayées.
Voici donc ce jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, avec la grâce du Christ illuminant par sa résurrection le monde entier qui habitait les ténèbres et l'ombre de la mort (Lc 1,79). A lui, au Père et au Saint-Esprit, gloire et adoration pour les siècles des siècles. Amen.
Pourquoi ce chant? Parce que le soleil n'est plus obscurci (Mt 27,45), mais que tout s'illumine. Parce que le voile du Temple n'est plus déchiré (Mt 27,51), mais que l'Église est reconnue. Parce que nous ne tenons plus des rameaux de palmier (Jn 12,13), mais que nous portons les "nouveaux illuminés."
Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie. Voici le jour, celui-ci et non un autre, car il n'y a qu'une reine et une multitude de princesses 1. Voici le jour, le jour du Seigneur, jour triomphal, consacré par la coutume à la résurrection. C'est le jour où nous sommes parés de grâce et partageons l'agneau (Ex 12,8-11) spirituel, où l'on donne du lait (1Co 3,2 1P 2,2) à ceux qui viennent de renaître, où le plan divin s'accomplit pour les pauvres.
Qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, sans que nous courions dans les tavernes, mais en nous hâtant vers les sanctuaires, sans que nous honorions l'ivresse, mais en aimant la tempérance <>, sans que nous nous amusions sur les places, mais en chantant des psaumes dans nos maisons. Ce jour est celui de la résurrection, non des excès. Personne ne monte au ciel en dansant. Personne en état d'ivresse ne se tient auprès d'un roi. Que personne donc parmi nous ne déshonore ce jour!
Voici le jour où Adam a été libéré, où Ève a été délivrée de son affliction (Gn 3,16). Voici le jour où la mort féroce a frémi, où la résistance des blocs de pierre (Mt 27,51) a été brisée et anéantie, les verrous des tombeaux (Mt 27,52) mis en pièces et enlevés. Voici le jour où les corps (Mt 27,53) de ceux qui étaient morts depuis longtemps ont été rendus à leur vie antérieure, où les lois sévères des puissances souterraines, jusqu'alors immuables, ont été abolies, où les cieux se sont ouverts (Mt 3,16) quand le Christ notre Seigneur est ressuscité. Voici le jour où l'arbre verdoyant et fertile de la résurrection a étendu ses branches sur le monde entier pour le bien de la race humaine, comme dans un jardin où les lis des nouveaux illuminés ont grandi, où les ruisseaux des pécheurs se sont desséchés. Voici le jour où la force du diable a été paralysée, où les armées des démons ont été balayées.
Voici donc ce jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, avec la grâce du Christ illuminant par sa résurrection le monde entier qui habitait les ténèbres et l'ombre de la mort (Lc 1,79). A lui, au Père et au Saint-Esprit, gloire et adoration pour les siècles des siècles. Amen.
La terre tremble, parce qu'elle était incapable de recevoir ce mort; les pierres se fendent, parce que le Verbe de Dieu avait pénétré et forcé tout ce qui était capable de résistance; les tombeaux furent ouverts; car les portes des cachots de la mort fu rent brisées. «Et plusieurs corps des saints, qui étaient dans le sommeil de la mort, ressuscitè rent».