Matthieu 27, 44
Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.
Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.
Saint Luc ne parle que d’un seul voleur qui ait insulté Jésus-Christ ; mais on peut très légitimement supposer que les deux voleurs s’étaient d’abord permis ces insultes, et qu’ensuite l’un d’eux, touché de la grâce, blâma l’insolence de son compagnon. On est encore fondé à dire que saint Matthieu parle ainsi de ces voleurs indistinctement, et qu’il a mis le pluriel pour le singulier, genre de licence qui se rencontre quelquefois dans les écrivains sacrés.
Les brigands crucifiés aux côtés du Sauveur mêlent eux-mêmes leurs voix à ce triste concert
d'injures. - Les voleurs. De prime abord, ce pluriel semble contredire le récit de S. Luc, 23, 39 et ss., d'après
lequel un seul des larrons aurait pris part aux insultes lancées contre Jésus ; mais la conciliation est facile.
« on peut penser que les deux larrons l'ont d'abord insulté ; mais quand le soleil s'est caché, la terre a tremblé,
… , l'un d'eux a cru en Jésus, et a réparé son refus initial de croire en confessant sa foi », S. Jérôme in h. l. ;
de même Origène, S. Cyrille, S. Jean Chrysost., Théophylacte, etc. On peut dire aussi que S. Matthieu, cf.
Marc. 15, 32, parle en termes généraux pour abréger : le pluriel serait employé par synecdoque, ou bien ce
serait un pluriel de catégorie. Telle est l'opinion de S. Augustin, de Cons. Evang. 3, 16.
2862. MÊME LES BRIGANDS L’INSULTAIENT. Mais comment se fait-il qu’on dise ici que les deux brigands l’insultaient, mais, en Lc 23, 39, qu’un seul [le faisait] ? Augustin donne une solution : parfois, c’est la coutume, dans l’Écriture, d’employer le pluriel pour le singulier, comme en He 2, 33 : Ils ont fermé la gueule des lions, c’est-à-dire qu’il, à savoir, Daniel, [l’]a fermée. C’est une manière de parler, comme lorsque quelqu’un dit : «Ces campagnards m’embêtent !», même si un seul l’embête. C’est la manière de parler de Matthieu. Ou bien, selon Jérôme, au départ les deux l’insultaient, mais l’un [des deux], voyant les miracles qu’il faisait, se repentit. Et cela, comme le dit Chrysostome, est arrivé par une disposition divine. Ils signifient donc ceux qui reviennent au Christ après de nombreuses fautes.
S'il eût cédé à cette injurieuse invitation, il ne nous eût pas fait voir toute l'étendue de sa patience; mais il attendit quelque temps, supporta toutes ces railleries, et, après avoir refusé de descendre de la croix, il sortit du tom beau glorieusement ressuscité.
A quelle source d'erreurs, ô Juifs, avez-vous puisé ces blas phèmes empoisonnés? Quel maître vous a enseigné, quelle doctrine vous a persuadé que vous ne deviez reconnaître pour roi d'Israël et pour Fils de Dieu que celui qui ne permettrait pas qu'on le crucifie, ou qui détacherait son corps des clous qui perçaient ses pieds et ses mains sur la croix? Ce n'est pas ce que vous ont annoncé les oracles prophétiques, car vous y avez vrai ment lu: «Je n'ai point détourné mon visage des crachats ignominieux», et encore: «Ils ont percé mes pieds et mes mains, et ils ont compté tous mes os» ( Ps 22,18 ). Est-ce que vous avez lu quelque part: Le Seigneur est descendu de la croix? N'avez-vous pas lu au contraire: «C'est par le bois que le Seigneur a régné ?»
Vah ! est une interjection qui exprime l'insulte et la moquerie.
Au premier abord, il semblerait que saint Luc est ici en contradiction avec saint Matthieu, puisqu'il rapporte que l'un des voleurs blasphémait contre Jésus, ce que l'autre reprochait à son compagnon. Mais il faut nous rappeler que saint Mat thieu, abrégeant singulièrement son récit, a mis le pluriel pour le singulier, comme nous le voyons dans ce passage de l'Epître aux Hébreux: «ils ont fermé la gueule des lions», alors qu'il ne s'agissait que du seul Daniel ( Jg 14,6 1S 17 Da 16 ). Quelle expression plus ordinaire que celle-ci Ces rustres m'insultent, bien qu'on ne veuille parler que d'un seul? Il y aurait contradiction, si saint Matthieu avait dit que les deux voleurs outrageaient le Seigneur; mais comme il dit simplement: «Les voleurs», sans ajouter: les deux, il faut en conclure que, selon l'usage ordinaire, il s'est servi du pluriel pour le singulier.
Ou bien, ces deux voleurs représentent les deux peuples, Juif et Gentil, qui, tous deux, ont d'abord blasphémé le Seigneur; mais ensuite l'un d'eux, effrayé par la multitude des miracles dont il était témoin, fit pénitence, et, jusqu'à ce jour, il reproche aux Juifs leurs blasphèmes.
Ou bien, on peut dire encore que tous deux commencèrent par blasphémer; mais, qu'après avoir vu le soleil s'obscurcir, la terre trembler, les rochers se fendre ou se renverser, les ténèbres se répandre sur la terre, l'un d'eux crut en Jésus et racheta son incrédulité et ses premiers blas phèmes par la confession qu'il fit ensuite de la divinité du Sauveur.
Et ne pensez pas que tout cela soit l'effet d'un arrangement concerté à l'avance, et qu e celui qui passait pour un voleur ne le fût pas en effet; les outrages dont il ne craint pas de couvrir Jésus-Christ prouvent que, jusque sur la croix, il avait les sentiments d'un voleur et d'un ennemi de Jésus-Christ, et cependant il fut changé en un seul instant.
Quel pardon pourront-ils espérer lorsqu'après trois jours ils verront le temple de Dieu rebâti dans la résurrection du Sauveur.
Ces deux voleurs, qui-lui reprochent les humiliations de sa passion, sont un signe que la croix sera aussi un sujet de scandale pour tous les fidèles ( 1Co 1,23 ).
Le larron qui a été sauvé est encore le symbole de ceux qui, après une vie pleine d'iniquités, ont embrassé la foi en Jésus-Christ.