Matthieu 27, 12

Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien.

Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien.
Louis-Claude Fillion
Les membres du Grand Conseil l'interrompent bruyamment pour protester contre ses prétentions et pour diriger contre lui les accusations les plus violentes, les plus injustes. A leur égard, Jésus reprend sa majestueuse attitude de la nuit, cf. 26, 63. Les déclarations qu'il a faites au gouverneur suffisent ; il n'a pas à se défendre davantage. Maintenant que son heure est venue, il serait indigne de lui d'entrer en lutte avec des ennemis aussi passionnés. « Maudit, il ne maudit pas ; tourmenté, il ne menace personne ; mais il s'abandonne à celui qui le juge avec injustice ». 1 Petr. 2, 23.
Saint Thomas d'Aquin
2813. Ensuite, il est question de l’accusation. Premièrement, l’accusation est présentée ; deuxièmement, l’incitation à répondre, en cet endroit : ALORS PILATE LUI DIT [27, 13].

[Matthieu] dit donc : TANDIS QU’IL ÉTAIT ACCUSÉ PAR LES GRANDS PRÊTRES, IL NE RÉPONDAIT RIEN. Matthieu garde le silence au sujet des accusations, mais Luc en parle en 23, 1s. Telle est la coutume des évangélistes : ce que l’un omet, l’autre le raconte. On dit donc à cet endroit qu’il séduisait les foules, etc., et qu’il interdisait de verser le tribut à César. [On affirmait] aussi qu’il se disait roi. Or, cela était faux compte tenu de son intention, car ils entendaient cela d’un royaume temporel. Mais [Jésus] dit en Jn 18, 36 : Mon royaume n’est pas de ce monde. Mais le Christ NE RÉPONDAIT RIEN. Alors s’accomplit ce qui est dit par Is 53, 7 : Il se tait comme un agneau devant ceux qui le tondent, et il n’ouvrira pas la bouche. Et en [Is] 42, 2 : Vous n’entendrez pas sa voix au dehors.
Rabanus Maurus
Les crucifiés, attachés au bois de la croix par des clous qui leur traversaient les pieds et les mains, mouraient d'une mort prolongée, et vivaient-longtemps encore sur cet instrument de supplice. Ce n'était pas, toutefois, pour prolonger leur vie, mais pour retarder leur mort, afin de prolon ger leurs souffrances, qu'on leur infligeait ce supplice. Mais tandis que. les Juifs ne pensaient qu'à faire souffrir à Jésus la mort la plus honteuse, ils lui préparaient, sans le comprendre, le genre de mort que le Seigneur avait lui-même choisie; car il devait placer la croix elle-même sur le front des fidèles comme le trophée de sa victoire sur le démon.
Saint Jérôme
Remarquez que Jésus satisfait en partie à la question de Pilate qui le jugeait malgré lui, tandis qu'il garde un silence absolu devant les anciens et les princes des prêtres qu'il regarde comme indignes d e toute réponse: «Et comme les princes des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien».