Matthieu 26, 70

Mais il le nia devant tout le monde et dit : « Je ne sais pas de quoi tu parles. »

Mais il le nia devant tout le monde et dit : « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
Louis-Claude Fillion
C'était peu de temps après l'entrée de Pierre dans la cour. Pris au dépourvu par cette brusque interrogation, il se trouble et faiblit. - Il le nia devant tous : circonstance aggravante ; toute l'assistance fut témoin de sa première négation. - Je ne sais pas ce que tu dis. La réponse est évasive. C'est comme s'il disait : J'ignore de quoi il est question. Mais ce n'en est pas moins un reniement sous une forme indirecte. Il n'ose pas dire qu'il est le disciple de Jésus ; quand on lui parle de son Maître, il prétend lâchement ne pas comprendre. Et il suffit d'une servante pour l'intimider à ce point. « Cette colonne qui se croyait si ferme, la voilà ébranlée jusque dans ses fondements par le moindre souffle du vent ! » S. Augustin, 113è traité, in Joan. c. 18.
Saint Thomas d'Aquin
2781. Il nia donc : MAIS LUI NIA DEVANT TOUS EN DISANT : «JE NE SAIS PAS DE QUOI TU PARLES.» Si nous voulons aggraver la faute de Pierre, nous pouvons l’aggraver pour trois raisons. Elle est aggravée parce qu’à l’occasion d’une petite peur, il a nié. Lv 26, 36 : Une feuille dans le vent les effrayera. De même, il ne rougit pas devant tous. Aussi, il mentit, car il dit : JE NE SAIS PAS DE QUOI TU PARLES et JE NE CONNAIS PAS CET HOMME, à l’encontre de Si 4, 24 : Ne crains pas de dire la vérité.
Rabanus Maurus
Comment se fait-il que soit par une femme que Pierre soit d'abord reconnu, alors que les hommes qui étaient là auraient dû bien plus facilement le reconnaître, si ce n'est pour nous montrer que ce sexe concourait aussi par ses péchés à la passion du Sau veur, et devait être racheté par sa mort. «Mais il le nia devant tous en disant: Je ne sais ce que vous dites».Il nia devant tout le monde, parce qu'il craignait d'être découvert; et, en décla rant qu'il ne connaît pas le Sauveur, il montre ainsi qu'il n'est pas disposé à mourir pour lui.

Remarquez qu'en premier lieu, Pierre s'est contenté de répondre: «Je ne sais pas ce que vous dites», qu'en second lieu il nie avec serment, qu'enfin il se met à faire des imprécations et à jurer qu'il ne connaît pas cet homme. C'est ainsi que la persévérance dans le péché devient une cause de crimes plus énormes, et que celui qui méprise les fautes légères tombe nécessairement dans les grandes.