Matthieu 24, 45
Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ?
Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ?
Les v. 45-51 contiennent une nouvelle parabole imparfaite que le divin Maître avait déjà citée, mais dans des
circonstances très différentes et avec une variété évidente de détails ; Cf. Luc. 12, 42-46. - Quel est, pensez-
vous... Formule destinée à exciter l’attention des auditeurs ; Cf. S. Jean Chrysost. Hom. 77 in Matth. - Le
serviteur fidèle et prudent. Le contexte prouve qu’il s’agit d’un serviteur élevé, d’un intendant de maison à
qui incombent des devoirs tout particuliers. De là cette juste réflexion de saint Hilaire : « Bien que le
Seigneur nous ait recommandé à tous en général une vigilance continuelle sur nous-mêmes, il ordonne aux
princes du peuple, c'est-à-dire aux Apôtres, aux évêques et aux prêtres, une sollicitude toute particulière dans
l'attente de son avènement ». Remarquons les deux qualités essentielles que doit posséder le bon serviteur
dont parle Jésus : la fidélité à son maître, à ses obligations, et la prudence, une profonde sagesse. - Sur ses
gens... Famille dans l’ancien sens de cette expression, pour désigner les autres esclaves de la maison,
« famulitium, servitium ». - Le maître qui a ainsi confié à un serviteur le soin de diriger les autres est Dieu
lui-même ou le Christ. - Pour leur distribuer... But de cette prépondérance. La parabole fait allusion aux
rations quotidiennes que le « dispensator » était chargé de distribuer aux esclaves placés sous sa juridiction.
Le pronom « leur » est au pluriel parce que « familia » est un nom collectif. - En temps convenable, scil. « au
temps fixé ».
2474. QUI, PENSES-TU, EST LE SERVITEUR FIDÈLE ET PRUDENT, QUE LE MAÎTRE A ÉTABLI SUR SA FAMILLE ? Ici, [le Seigneur] avertit d’une manière particulière les prélats de veiller : premièrement, en faisant miroiter les récompenses ; deuxièmement, en les menaçant de tourments.
À propos du premier point, il fait trois choses : premièrement, il présente la compétence du bon prélat ; deuxièmement, sa fonction ; troisièmement, la récompense.
2475. La compétence [du prélat] consiste en ce qu’il soit fidèle et prudent. En chaque bonne œuvre, deux choses sont nécessaires : que l’intention vise la fin nécessaire, et qu’elle emprunte les voies appropriées vers cette fin. Dans la fonction du prélat, ces deux choses sont donc nécessaires. Premièrement, il doit fixer son intention sur la fin nécessaire, alors que certains la fixent sur eux-mêmes. Ez 34, 2 : Malheur aux pasteurs qui se paissent eux-mêmes ! Car ceux qui visent une fin correcte ne recherchent pas ce qui leur est utile, mais [ce qui est utile] à un grand nombre, afin d’être sauvés, et ils font tout cela pour la gloire de Dieu. Mais celui qui cherche son propre bien ne le fait pas. Il faut donc que [le prélat] soit fidèle. 1 Co 4, 2 : On attend du serviteur qu’il soit fidèle.
Il doit aussi être prudent, car il peut arriver que quelqu’un recherche la gloire de Dieu, mais sans la science. En effet, il appartient au prélat de corriger les vices. Il pourrait donc faire tant de reproches qu’il pourrait induire au péché. Il faut donc qu’il soit prudent, plus haut, 10, 16 : Soyez prudents comme des serpents.
2476. Remarquez qu’il dit «serviteur», car la différence entre l’homme libre et le serviteur est que toutes les actions du serviteur sont tournées vers son maître, mais pas celles de l’homme libre. Toutes les actions du prélat doivent ainsi se rapporter à Dieu. Paul s’appelle ainsi serviteur, lorsqu’il dit, 2 Co 4, 5 : Nous, nous sommes vos serviteurs dans par Jésus.
Mais pourquoi dit-il : QUI, PENSES-TU, EST LE SERVITEUR FIDÈLE ET PRUDENT ? Parce que peu sont fidèles. Ph 2,21 : En effet, ils recherchent tous leur bien, et non celui de Jésus le Christ. Pr 20, 6 : Qui trouvera un homme fidèle ? Et s’il y a peu d’hommes fidèles, il y en a encore moins de prudents. C’est ce que dit le Seigneur en soulignant la rareté.
2477. Ensuite, il aborde leur fonction : QUE LE MAÎTRE A ÉTABLI SUR SA FAMILLE. Et il fait trois choses : premièrement, il parle de l’institution par lui de la fonction du [serviteur], lorsqu’il dit : QUE LE MAÎTRE A ÉTABLI, et non le [serviteur] s’est procuré par des cadeaux ou par des prières. He 5, 4 : Que personne ne prenne sur lui cet honneur, sinon celui qui est appelé par Dieu, comme Aaron. Ensuite, il aborde ce sur quoi [le serviteur] est établi : SUR SA FAMILLE, c’est-à-dire son Église, et non sur ce qui est extérieur à l’Église. 1 Co 5, 12 : Que nous importe ce qui est à l’extérieur ? De même, il aborde la fonction du prélat : POUR LUI DONNER LA NOURRITURE EN TEMPS VOULU, à savoir, la nourriture de l’enseignement, du bon exemple et de l’aide temporelle. C’est pourquoi le Seigneur a dit par trois fois à Pierre : Pais, pais, pais mes brebis. Pais par la parole, pais par l’exemple, pais par l’aide temporelle, qui vient en dernier lieu, mais toutefois EN TEMPS VOULU. Qo 3, 1 : Chaque chose a son temps. De même, Jn 16, 12 : J’ai beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les accepter maintenant. Si [le prélat] veut dire des paroles, alors que cela ne convient pas, il perd [la famille].
À propos du premier point, il fait trois choses : premièrement, il présente la compétence du bon prélat ; deuxièmement, sa fonction ; troisièmement, la récompense.
2475. La compétence [du prélat] consiste en ce qu’il soit fidèle et prudent. En chaque bonne œuvre, deux choses sont nécessaires : que l’intention vise la fin nécessaire, et qu’elle emprunte les voies appropriées vers cette fin. Dans la fonction du prélat, ces deux choses sont donc nécessaires. Premièrement, il doit fixer son intention sur la fin nécessaire, alors que certains la fixent sur eux-mêmes. Ez 34, 2 : Malheur aux pasteurs qui se paissent eux-mêmes ! Car ceux qui visent une fin correcte ne recherchent pas ce qui leur est utile, mais [ce qui est utile] à un grand nombre, afin d’être sauvés, et ils font tout cela pour la gloire de Dieu. Mais celui qui cherche son propre bien ne le fait pas. Il faut donc que [le prélat] soit fidèle. 1 Co 4, 2 : On attend du serviteur qu’il soit fidèle.
Il doit aussi être prudent, car il peut arriver que quelqu’un recherche la gloire de Dieu, mais sans la science. En effet, il appartient au prélat de corriger les vices. Il pourrait donc faire tant de reproches qu’il pourrait induire au péché. Il faut donc qu’il soit prudent, plus haut, 10, 16 : Soyez prudents comme des serpents.
2476. Remarquez qu’il dit «serviteur», car la différence entre l’homme libre et le serviteur est que toutes les actions du serviteur sont tournées vers son maître, mais pas celles de l’homme libre. Toutes les actions du prélat doivent ainsi se rapporter à Dieu. Paul s’appelle ainsi serviteur, lorsqu’il dit, 2 Co 4, 5 : Nous, nous sommes vos serviteurs dans par Jésus.
Mais pourquoi dit-il : QUI, PENSES-TU, EST LE SERVITEUR FIDÈLE ET PRUDENT ? Parce que peu sont fidèles. Ph 2,21 : En effet, ils recherchent tous leur bien, et non celui de Jésus le Christ. Pr 20, 6 : Qui trouvera un homme fidèle ? Et s’il y a peu d’hommes fidèles, il y en a encore moins de prudents. C’est ce que dit le Seigneur en soulignant la rareté.
2477. Ensuite, il aborde leur fonction : QUE LE MAÎTRE A ÉTABLI SUR SA FAMILLE. Et il fait trois choses : premièrement, il parle de l’institution par lui de la fonction du [serviteur], lorsqu’il dit : QUE LE MAÎTRE A ÉTABLI, et non le [serviteur] s’est procuré par des cadeaux ou par des prières. He 5, 4 : Que personne ne prenne sur lui cet honneur, sinon celui qui est appelé par Dieu, comme Aaron. Ensuite, il aborde ce sur quoi [le serviteur] est établi : SUR SA FAMILLE, c’est-à-dire son Église, et non sur ce qui est extérieur à l’Église. 1 Co 5, 12 : Que nous importe ce qui est à l’extérieur ? De même, il aborde la fonction du prélat : POUR LUI DONNER LA NOURRITURE EN TEMPS VOULU, à savoir, la nourriture de l’enseignement, du bon exemple et de l’aide temporelle. C’est pourquoi le Seigneur a dit par trois fois à Pierre : Pais, pais, pais mes brebis. Pais par la parole, pais par l’exemple, pais par l’aide temporelle, qui vient en dernier lieu, mais toutefois EN TEMPS VOULU. Qo 3, 1 : Chaque chose a son temps. De même, Jn 16, 12 : J’ai beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les accepter maintenant. Si [le prélat] veut dire des paroles, alors que cela ne convient pas, il perd [la famille].
Bien que le Seigneur nous ait recommandé à tous en général une vigilance continuelle sur nous-mêmes, il ordonne aux princes du peuple ( Ps 46,18 ), c'est-à-dire aux évêques, une sollicitude toute particulière dans l'attente de son avènement. C'est ce qu'il veut signifier par ce serviteur prudent et fidèle, placé à la tête de la famille et chargé de pourvoir aux intérêts et aux besoins du peuple qui lui est confié: «Quel est, à votre avis, le serviteur fidèle et prudent ?»etc.
Ou bien, on appelle ordinairement fidèle, celui qui a fait des progrès dans la foi, bien qu'il n'ait pas encore atteint la perfection; et prudent, celui qui a reçu de la nature la subtilité et la pénétration d'esprit. - Or, en considérant attentivement, on trouvera un grand nombre d'hommes fidèles, qui sont animés dans leurs actions du zèle de la foi; mais il en est peu qui soient prudents: «Car Dieu a choisi ce qu'il y a d'insensé selon le monde». ( 1Co 1,27 ) Réciproquement, on rencontrera des hommes d'un esprit subtil et prudent, et d'une foi médiocre; mais il est très-rare de trouver réunies dans une même personne la prudence et la fidélité. Cependant la prudence est nécessaire pour distribuer la nourriture en temps convenable, et la fidélité pour ne point dérober aux indigents leur subsistance. Il n'est point inutile d'avertir, que dans le sens le plus naturel, nous devons être tout à la fois fidèles et prudents pour administrer les revenus de l'Église. Nous devons être fidèles pour ne point dévorer les richesses des veuves, nous souvenir des besoins des pauvres, ne pas nous autoriser de ces paroles de l'Apôtre: «Le Seigneur a établi que ceux qui prêchent l'Évangile doivent vivre de l'Évangile», pour prendre autre chose que la simple nourriture où les vêtements qui nous sont nécessaires; et ne pas retenir pour nous plus que l'on ne donne à ceux qui sont dans le besoin. Nous devons être prudents pour examiner et comprendre les causes de l'indigence d'un chacun, pour tenir compte de sa position, de son éducation et de ses besoins; car il faut une grande sagesse pour administrer avec soin les revenus de l'Église. Le serviteur doit encore être fidèle et prudent en ne prodiguant point par le désir de faire paraître la sagacité de son esprit la nourriture raisonna ble et spirituelle à ceux qui n'en sont point capables, c'est-à-dire à ceux qui ont bien plus be soin d'instructions, qui leur apprennent à régler leurs moeurs et à rendre leur vie meilleure, que des lumières spéculatives de la science. Cette prudence est encore nécessaire pour ne pas négliger d'expliquer les hautes vérités de la religion aux esprits plus pénétrants, car en se bornant aux vérités élémentaires, on s'exposerait aux mépris de ceux qui ont naturellement une intelligence plus ouverte, ou qui l'ont exercée par l'étude de la philosophie profane.
Ou bien, les pleurs seront la punition de ceux qui sont livrés aux joies insensées du monde, et le grincement de dents, le châtiment de ceux qui se sont abandonnés au repos outre mesure. Dans les efforts qu'ils font pour résister aux douleurs sensibles qu'ils éprouvent, ils grincent des dents sous l'action du châtiment; tel sera le sort de ceux qui se sont nourris de ce que la malice a de plus acerbe. Appre nez delà que ce ne sont pas seulement ceux qui sont fidèles et prudents que le Seigneur établit pour gouverner sa famille, mais encore les méchants, et que ce qui les sauve, ce n'est pas d'avoir la directi on de la maison de Dieu, mais de lui distribuer la nourriture en son temps, et de s'abstenir de mauvais traitements et de débauches.