Matthieu 23, 32
Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères !
Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères !
Apostrophe emphatique,
remplie d’une sainte colère. Montrez-vous, l’heure en est venue, les dignes fils de vos pères : achevez
l’œuvre qu’ils ont commencée. Me voici ! voici mes disciples ! frappez comme ils savaient frapper. Jésus
provoque en quelque sorte ses ennemis, ou plutôt il prophétise ce qu’ils accompliront bientôt. La locution
comblez la mesure contient une belle figure ; elle signifie jeter dans un vase la dernière goutte, qui le fera
déborder, et qui fera éclater les vengeances divines ? La coupe où sont tombées les iniquités d’Israël est en
effet à peu près remplie : les Pharisiens vont combler la mesure par leur déicide et par leurs persécutions
contre le Christianisme. Alors Dieu justement irrité les brisera eux et leur nation. Ce sera l’idée dominante de
la troisième partie du réquisitoire.
2357. Et c’est cela qui vient ensuite : VOUS COMBLEZ LA MESURE DE VOS PÈRES ! Il ne s’agit pas d’un ordre, mais d’une annonce : «Vous comblez, c’est-à-dire, vous comblerez», comme s’il parlait comme un homme, à savoir, «vous me tuerez.» Jn 13, 27 : Ce que tu as à faire, fais-le vite ! Ou bien, il se peut que cela soit [dit] sous forme d’une permission, à savoir : «Vous ne serez pas empêchés par moi», c’est-à-dire que «parfois vous l’avez voulu, mais je ne l’ai pas permis, mais, par la suite, je ne l’empêcherai pas». Ainsi, VOUS COMBLEZ LA MESURE DE VOS PÈRES !
2358. Mais que veut-il dire par : VOUS COMBLEZ ? Il faut voir que tout ce qui arrive se produit par un jugement certain de Dieu. Mais, dans ce jugement certain de Dieu, la peine n’est pas immédiatement acquittée avant qu’elle n’ait atteint toute son ampleur et ne soit parvenue à son comble. De sorte que, selon le jugement de Dieu, leur faute n’avait pas encore atteint toute son ampleur. «Ils ont donc tué les prophètes, mais leur faute n’est pas encore complète, car elle sera achevée en moi.» C’est pourquoi VOUS COMBLEZ LA MESURE DE VOS PÈRES. Is 27, 8 : Lorsqu’elle aura été abaissée à une juste mesure, je la jugerai. Vos pères ont péché, mais vous les égalez. Quelqu’un égale [ses pères] lorsqu’il fait autant que ses pères. Ainsi, vos pères ont tué les prophètes, et vous égalez [vos pères]. Ou bien, on peut dire que ceux-là ont péché en tuant les serviteurs, mais ceux-ci en tuant le Fils. Ils ont donc porté à son comble la méchanceté de leurs pères. Mais le Seigneur s’est volontairement offert et il ne s’est pas opposé. Aussi ne leur reproche-t-il pas leur péché, mais seulement celui [de leurs pères], car c’est le propre d’un bon pasteur de considérer comme sienne la faute des siens.
2358. Mais que veut-il dire par : VOUS COMBLEZ ? Il faut voir que tout ce qui arrive se produit par un jugement certain de Dieu. Mais, dans ce jugement certain de Dieu, la peine n’est pas immédiatement acquittée avant qu’elle n’ait atteint toute son ampleur et ne soit parvenue à son comble. De sorte que, selon le jugement de Dieu, leur faute n’avait pas encore atteint toute son ampleur. «Ils ont donc tué les prophètes, mais leur faute n’est pas encore complète, car elle sera achevée en moi.» C’est pourquoi VOUS COMBLEZ LA MESURE DE VOS PÈRES. Is 27, 8 : Lorsqu’elle aura été abaissée à une juste mesure, je la jugerai. Vos pères ont péché, mais vous les égalez. Quelqu’un égale [ses pères] lorsqu’il fait autant que ses pères. Ainsi, vos pères ont tué les prophètes, et vous égalez [vos pères]. Ou bien, on peut dire que ceux-là ont péché en tuant les serviteurs, mais ceux-ci en tuant le Fils. Ils ont donc porté à son comble la méchanceté de leurs pères. Mais le Seigneur s’est volontairement offert et il ne s’est pas opposé. Aussi ne leur reproche-t-il pas leur péché, mais seulement celui [de leurs pères], car c’est le propre d’un bon pasteur de considérer comme sienne la faute des siens.
Après avoir reproché aux scribes et aux pharisiens d'être les enfants de ceux qui ont tué les prophètes, il leur prouve maintenant qu'ils leur sont égaux en malice, et que c'était un mensonge de dire qu'ils n'auraient point participé à leurs oeuvres, s'ils avaient vécu de leur. temps: «Achevez de combler la mesure de vos pères», paroles qui ne renfer ment pas un ordre, mais qui sont une simple prédiction de ce qui doit arriver.
Il leur prophétise donc qu'à l'exemple de leurs pères, qui ont versé le sang dés prophètes, ils mettront à mort eux-mêmes le Christ, les apôtres et les autres saints. C'est ainsi que, dans une dispute avec un ennemi, si vous lui dites: «Faites-moi tout le mal que vous voulez me faire», ce n'est pas un ordre, mais une preuve que vous comprenez ses desseins. Or, quant à l'accomplissement de cette prophétie, les Juifs ont, eu réalité, dépassé la mesure de leurs pères, qui n'avaient mis à mort que des hommes, tandis qu'eux, au contraire, ont crucifié un Dieu. Mais, comme il a subi volontairement la mort qu'il avait choisie, il ne leur en fait point un crime, il ne leur reproche que la mort des apôtres et des autres saints. Aussi il ne leur dit pas: «Dépassez», mais «Comblez la mesure de vos pères», car, un juge également juste et bon méprise les outrages dont il est l'objet, pour ne venger que les injustices commises à l'égard des autres.
Ils remplissent encore la mesure des iniquités de leurs pères, par cela seul qu'ils ne croient pas eu Jésus-Christ. Or, la cause de leur incrédulité fut qu'ils ne s'attachèrent jamais qu'au sens littéral et historique des Écritures, sans vouloir reconnaître le sens spirituel qu'elles renfermaient.