Matthieu 22, 44
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds” ?
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds” ?
L’escabeau de vos pieds. Les vainqueurs avaient coutume de poser leurs pieds sur le cou des vaincus en signe de leur triomphe, de sorte que faire de ses ennemis l’escabeau de ses pieds, c’est les soumettre à sa puissance.
Le Sauveur cite maintenant le texte auquel il vient
de faire allusion ; c’est le premier verset du Ps. 109, (Hébr. 110). - Le Seigneur a dit, en hébreu Jéhova ; Dieu
par conséquent. - À mon Seigneur, en hébreu Ladôni, à mon Seigneur, c’est-à-dire au Christ, d’après
l’interprétation constante des exégètes catholiques, juifs et protestants ; Cf. Hengstenberg, Christologie des
Alt. Testam. 1, p. 139 et suiv., et surtout d’après l’interprétation authentique et divine de Jésus. C’est sur ce
titre que repose toute la démonstration : il désigne nécessairement un être supérieur, puisque un roi aussi
puissant que David se croit obligé de le donner au personnage dont il chante la grandeur dans ce Psaume. La
suite de la citation rehausse encore la force du mot Ladôni, car elle prouve que le prophète royal ne pouvait
avoir en vue qu’un héros vraiment divin. - Assieds-toi à ma droite ; Cf. 20, 21. Jéhova place son Christ, le
Seigneur de David, à sa propre droite dans le Ciel : au jour de l’Ascension, l’humanité sainte de Jésus reçut
en effet cette place d’honneur. - Jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis... A la fin du monde seulement les
ennemis du Messie lui auront été soumis d’une manière absolue ; est-ce à dire qu’alors il cessera de siéger à
la droite de Jéhova ? Tout au contraire, son règne parfait n’existera qu’à partir de cet instant. La conjonction
« jusqu'à » n’a donc pas ici un sens exclusif, Cf. 1, 25 et l’explication : elle entr’ouvre plutôt le domaine de
l’éternité. - L'escabeau de tes pieds : image d’une entière soumission, de l’humiliation la plus complète.
2287. Alors [le Seigneur] leur pose une objection pour leur faire comprendre l’autre génération : COMMENT DONC DAVID, PARLANT DANS L’ESPRIT, L’APPELLE-T-IL SEIGNEUR QUAND IL DIT : «LE SEIGNEUR A DIT À MON SEIGNEUR : SIÈGE À MA DROITE », Ps 109[110] ? On trouve dans la loi que le père est plus grand que le fils. Le fils n’est donc pas le seigneur du père. Donc, ou bien le Christ n’est pas le fils de David, ou bien il y a en lui quelque chose de plus grand que David, puisque celui-ci l’appelle Seigneur. Mais ils pourraient dire que David s’est trompé, ce qu’il écarte, car il a dit cela DANS L’ESPRIT. Ainsi les hommes parlaient dans l’Esprit Saint, 2 P 1, 21.
2288. Nous pouvons voir trois choses dans cette autorité tirée du psaume : premièrement, la prééminence sur les saints ; deuxièmement, l’égalité par rapport au Père ; [troisièmement], la domination sur les rebelles. La prééminence sur les saints, lorsqu’il dit : LE SEIGNEUR A DIT À MON SEIGNEUR. LE SEIGNEUR, c’est-à-dire le Père, [a dit] À MON SEIGNEUR], c’est-à-dire au Fils : en effet, le Fils lui-même a autorité sur tous les saints, car aucun saint n’est éclairé que par la vraie lumière, et lui est la lumière véritable. Jn 1, 4 : La vie était la lumière des hommes. Donc, s’il est celui par la participation auquel tous les saints reçoivent la lumière, il a la prééminence sur tous les saints en vertu de ce qui est dit : Avec toi est le principe au jour de ta puissance, parmi les splendeurs des saints, etc. Il est donc par son origine la splendeur de tous les saints.
2289. De même, l’égalité avec le Père est abordée lorsqu’on dit : SIÈGE À MA DROITE, non pas qu’il s’agisse de sièges au sens physique, mais au sens métaphorique, car il est plus honorable de siéger à droite. En effet, dire, c’est émettre une parole. Le fait que le Seigneur dit : «SIÈGE À MA DROITE, qu’est-ce sinon qu’en m’engendrant, le Verbe, il m’a donné puissance, égalité et autorité ?» On peut aussi l’interpréter des réalités temporelles, à savoir, pour ce qui est des biens les plus importants, mais ce n’est pas ce qui est en cause. En effet, le Seigneur est toujours vu à droite, comme en Mc 16, 5 : Ils virent un jeune homme assis à la droite. Et Étienne, Ac 7, 55 : Il vit Jésus assis à la droite de la puissance de Dieu.
2290. Et que fera-t-il de ses ennemis ? Tous seront soumis. Il dit donc : JUSQU’À CE QUE J’AIE FAIT DE TES ENNEMIS UN ESCABEAU POUR TES PIEDS. Ceux-ci sont soit ceux qui sont totalement infidèles, soit ceux qui n’ont pas voulu obéir et se soumettre. Il en fera donc UN ESCABEAU POUR TES PIEDS. En effet, un escabeau est ce qui est placé sous les pieds. Or, ce qui est sous les pieds est totalement soumis, non ce qui est dans la main. Certains sont présentés comme un escabeau en punition, d’autres, pour le salut : en punition, ceux qui ne veulent pas faire sa volonté ; pour le salut, ceux qui font sa volonté.
2291. Mais les ariens objectent : donc, il n’est pas égal au Père. Je dis qu’il faut lire les deux : qu’il est soumis au Père et qu’il est égal au Père. 1 Co 15, 25 : Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il place ses ennemis sous ses pieds. De même, le Christ se soumettra tout. Ph 3, 21 : Il transformera notre corps de misère en lui donnant la forme de son corps de gloire. Il dit donc cela afin de démontrer l’unité de puissance. Ainsi, tout ce que peut le Père, le Fils le peut aussi.
Mais que signifie : JUSQU’À CE QUE J’AIE FAIT DE TES ENNEMIS UN ESCABEAU POUR TES PIEDS ? Il semble donc que lorsqu’il aura placé ses ennemis sous [ses pieds], il ne siégera plus à droite. Il faut dire que parfois «jusque» implique un moment déterminé, parfois, [un temps] infini. Ici, il implique un temps infini. Mais quelqu’un pourrait dire : est-ce que beaucoup ne se rebelleront pas contre le Christ ? Il est vrai que beaucoup se rebelleront, et ainsi on pourrait avoir des doutes sur le temps où beaucoup se rebelleront. C’est ce que le Christ a voulu exprimer.
2288. Nous pouvons voir trois choses dans cette autorité tirée du psaume : premièrement, la prééminence sur les saints ; deuxièmement, l’égalité par rapport au Père ; [troisièmement], la domination sur les rebelles. La prééminence sur les saints, lorsqu’il dit : LE SEIGNEUR A DIT À MON SEIGNEUR. LE SEIGNEUR, c’est-à-dire le Père, [a dit] À MON SEIGNEUR], c’est-à-dire au Fils : en effet, le Fils lui-même a autorité sur tous les saints, car aucun saint n’est éclairé que par la vraie lumière, et lui est la lumière véritable. Jn 1, 4 : La vie était la lumière des hommes. Donc, s’il est celui par la participation auquel tous les saints reçoivent la lumière, il a la prééminence sur tous les saints en vertu de ce qui est dit : Avec toi est le principe au jour de ta puissance, parmi les splendeurs des saints, etc. Il est donc par son origine la splendeur de tous les saints.
2289. De même, l’égalité avec le Père est abordée lorsqu’on dit : SIÈGE À MA DROITE, non pas qu’il s’agisse de sièges au sens physique, mais au sens métaphorique, car il est plus honorable de siéger à droite. En effet, dire, c’est émettre une parole. Le fait que le Seigneur dit : «SIÈGE À MA DROITE, qu’est-ce sinon qu’en m’engendrant, le Verbe, il m’a donné puissance, égalité et autorité ?» On peut aussi l’interpréter des réalités temporelles, à savoir, pour ce qui est des biens les plus importants, mais ce n’est pas ce qui est en cause. En effet, le Seigneur est toujours vu à droite, comme en Mc 16, 5 : Ils virent un jeune homme assis à la droite. Et Étienne, Ac 7, 55 : Il vit Jésus assis à la droite de la puissance de Dieu.
2290. Et que fera-t-il de ses ennemis ? Tous seront soumis. Il dit donc : JUSQU’À CE QUE J’AIE FAIT DE TES ENNEMIS UN ESCABEAU POUR TES PIEDS. Ceux-ci sont soit ceux qui sont totalement infidèles, soit ceux qui n’ont pas voulu obéir et se soumettre. Il en fera donc UN ESCABEAU POUR TES PIEDS. En effet, un escabeau est ce qui est placé sous les pieds. Or, ce qui est sous les pieds est totalement soumis, non ce qui est dans la main. Certains sont présentés comme un escabeau en punition, d’autres, pour le salut : en punition, ceux qui ne veulent pas faire sa volonté ; pour le salut, ceux qui font sa volonté.
2291. Mais les ariens objectent : donc, il n’est pas égal au Père. Je dis qu’il faut lire les deux : qu’il est soumis au Père et qu’il est égal au Père. 1 Co 15, 25 : Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il place ses ennemis sous ses pieds. De même, le Christ se soumettra tout. Ph 3, 21 : Il transformera notre corps de misère en lui donnant la forme de son corps de gloire. Il dit donc cela afin de démontrer l’unité de puissance. Ainsi, tout ce que peut le Père, le Fils le peut aussi.
Mais que signifie : JUSQU’À CE QUE J’AIE FAIT DE TES ENNEMIS UN ESCABEAU POUR TES PIEDS ? Il semble donc que lorsqu’il aura placé ses ennemis sous [ses pieds], il ne siégera plus à droite. Il faut dire que parfois «jusque» implique un moment déterminé, parfois, [un temps] infini. Ici, il implique un temps infini. Mais quelqu’un pourrait dire : est-ce que beaucoup ne se rebelleront pas contre le Christ ? Il est vrai que beaucoup se rebelleront, et ainsi on pourrait avoir des doutes sur le temps où beaucoup se rebelleront. C’est ce que le Christ a voulu exprimer.
Ces paroles: «Asseyez-vous à ma droite»,ne signifient pas que Dieu ait un corps avec une droite ou une gauche, mais que le Fils a la même puissance, la même dignité que son Père.
Le mot «jusqu'à ce que signifie éternellement, et tel est le sens de toute la phrase: «Asseyez-vous pour l'éternité, et vos ennemis seront éternellement placés sous vos pieds».
Nous pouvons faire encore aujourd'hui cette question aux Juifs, car, tout en reconnaissant que le Christ doit venir, ils affirment qu'il n'est qu'un homme, un per sonnage vertueux de la race de David. Nous donc, qui avons été instruits à l'école de Dieu lui-même, demandons-leur comment David peut l'appeler son Seigneur, s'il n'est qu'un homme, et s'il est seulement le fils de David? Les Juifs, pour échapper à la vérité que renferme cette question, ont recours à mille explications frivoles: ils vont chercher un certain serviteur d'Abraham, qui eut pour fils Eliézer de Damas. Ce serait au nom d'Eliézer que ce psaume au rait été composé, parce que le Seigneur Dieu, après la destruction des cinq rois, aurait dit à son Seigneur Abraham: «Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que», etc. Or, nous n'avons qu'à leur demander comment Eliézer aurait pu appliquer à Abraham la suite du psaume, et les forcer de nous répondre comment Abraham a été engendré avant l'aurore, et comment il fut prêtre selon l'ordre de Melchisédech, alors que Melchisédech offrit à Dieu pour lui du pain et du vin, et qu'Abraham lui donna la dîme de toutes les dépouilles.
Les pharisiens, qui ne voyaient dans Jésus-Christ qu'un homme, es sayaient de le tenter, ce qu'ils n'eussent l'as fait s'ils avaient cru qu'il fût le Fils de Dieu. Jésus-Christ donc, buis le dessein de leur montrer qu'il connaissait la fourberie de leur coeur, et qu'il était Dieu, ne voulut pas leur dire clairement la vérité, de peur que cette déclaration ne fût pour eux une nouvelle occasion de blasphème et de fureur; il ne voulut pas non plus garder entiè rement le silence, car il était venu pour faire connaître la vérité ( Jn 28,37 ). Il leur pose donc une question en des termes qui puissent déjà leur faire connaître ce qu'il est. «Or, pendant que les pharisiens étaient assemblés, Jésus leur fit cette question: Que vous semble du Christ ?»Il avait demandé autrefois à ses disciples ce que les hommes disaient du Christ, et ensuite ce qu'ils en pensaient eux-mêmes; mais il ne fait pas la même question aux pharisiens, car ils n'eussent pas manqué de lui répondre qu'on le considérait comme un séduc teur, un méchant, que telle était leur opinion et qu'ils le regardaient simplement comme un homme. C'est pour cela qu'ils répondent que le Christ est le fils de David. «Et ils lui répondi rent: De David».Or le Sauveur blâme cette réponse et cite le témoignage du prophète, qui atteste que le Christ est Seigneur lui-même, qu'il est vraiment Fils, et qu'il est digne des mêmes honneurs que son Père. «Et il leur dit: Comment David l'appelle-t-il, par l'inspiration de l'Esprit saint, son Seigneur, en disant: Le Seigneur a dit à mon Seigneur», etc.
Le Sauveur ne s'arrête pas là; mais, pour leur inspirer une crainte salu taire il ajoute: «Jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marche-pied», espé rant les amener ainsi à la connaissance de sa divinité.