Matthieu 22, 4

Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.”

Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.”
Louis-Claude Fillion
Il envoya encore... Nous admirons ici encore, Cf. 21, 36, 37, la bonté de Dieu qui, malgré l’endurcissement criminel opposé par les hommes à l’effusion de ses grâces, essaie de les toucher par de nouveaux bienfaits. Cette seconde série de serviteurs qui portent un appel plus pressant figure les missionnaires évangéliques, se répandant à travers les rues de Jérusalem et par toute la Palestine après la Passion du Sauveur, alors que Dieu pouvait dire en toute vérité par leur bouche : Mon festin est prêt, la victime a été immolée ; accourez donc aux noces de mon Fils ! Cf. Joan. 6, 51, 59. - Festin, désigne un second déjeuner qui avait lieu vers le milieu de la journée, Cf. Jos. Ant. 5, 4, 2, et qui, en Orient, ouvrait la solennité des noces. Le festin principal, « cène », n’avait lieu que le soir ; il est indiqué par les mots suivants de notre verset. - Mes animaux engraissés ; en grec, ce qui a été engraissé. Cette expression désigne peut-être la volaille, Cf. Hor. Ep. 1, 7, 39, plus probablement les moutons engraissés pour la circonstance. Le roi n’a rien ménagé car il veut que le repas soit digne de lui et de son Fils.
Saint Thomas d'Aquin
2226. DE NOUVEAU, IL ENVOYA D’AUTRES SERVITEURS. Ici est présentée une autre invitation, et l’accroissement de générosité est montré de la part de celui qui invite, et l’accroissement de méchanceté de la part de celui qui se récuse. Dans la première invitation, [le roi] n’avait rien promis ; mais, dans celle-ci, il promet, car il dit : DITES AUX INVITÉS : «VOICI QUE J’AI PRÉPARÉ MON REPAS.» Ce repas est la réfection spirituelle. Pr 9, 2 : La sagesse a immolé des victimes, à préparé le vin et a apprêté la table ; elle a envoyé ses servantes afin d’inviter dans les hauteurs.

2227. MES TAUREAUX ET MES BÊTES GRASSES ONT ÉTÉ TUÉS. Selon Origène, cela peut s’entendre d’une disposition de la sagesse de Dieu. Taureaux signifient «fortes raisons». Is 8, 11 : Il m’a enseigné par sa main forte. Bêtes grasses signifient «bien nourries». Au sens propre, les bêtes grasses sont des bêtes engraissées, qui sont nourries et engraissées, et elles signifient les sens subtils. Elles sont engraissées lorsqu’elles se développent en sens sacrés, par lesquels l’âme est engraissée. Ps 62[63], 6 : Mon âme est comme remplie de graisse et de moelle. En effet, tout ce qui est nécessaire se trouve dans la Sainte Écriture. C’est pourquoi, TOUT EST PRÊT. Ps 18[19], 8 : La loi du Seigneur est immaculée et convertit les âmes. Telle est l’invitation de la Sagesse. Pr 9, 5 : Venez, mangez mon pain et buvez mon vin que je vous ai préparés.

Ou bien, [ce repas] signifie la réfection spirituelle et, par les taureaux, sont signifiés les exemples des saints, que le Seigneur a préparés en exemples. Jc 5, 10 : Accueillez les prophètes comme des exemples de renoncement au mal, de longanimité, d’effort et de patience. [Le Seigneur] présente donc les tribulations des saints comme un exemple.

2228. Grégoire [dit que], par les taureaux, sont signifiés les pères de l’Ancien Testament, car le taureau combat avec ses cornes et, à l’époque des pères, on cherchait toujours à se venger et l’on ordonnait de rendre œil pour œil. Par les bêtes grasses, [sont signifiés] les pères du Nouveau Testament, qui ont tout quitté pour le Christ et sont engraissés de la sagesse de Dieu, qui ont été tués pour Dieu. Et les deux ont été tués.

TOUT EST PRÊT, VENEZ AUX NOCES. Le Christ a souffert, il a ouvert le ciel, il a envoyé les apôtres. Ou bien, par les taureaux, on entend les prêtres de l’Ancien Testament, car le taureau est l’animal immolé ; par les bêtes grasses, [on entend] les prophètes qui ont été engraissés de la sagesse de Dieu.
La Glose
Ou bien encore, tout est prêt, c'est-à-dire la porte du royaume, fermée jusqu'alors, est ouverte par la foi en mon incarnation.
Saint Jérôme
«Il envoya son serviteur».Ce fut probable ment Moïse, par qui Dieu donna la loi à ceux qui étaient invités. Si nous lisons: «Ses servi teurs» au pluriel, comme le portent la plupart des exemplaires, nous devrons entendre cette expression des prophètes; car ceux qu'ils invitèrent ne répondirent point à leur invitation. «Et il envoya de nouveau d'autres serviteurs, en leur disant: Dites aux invités». Si le mot serviteur est au singulier, il est plus naturel de voir dans ceux qui ont été envoyés une seconde fois les prophètes que les Apôtres. Si, au contraire, nous lisons «ses serviteurs» au pluriel, ces servi teurs envoyés la seconde fois sont nécessairement les Apôtres.
Origène
Ou bien dans un autre sens, je pense que la première invitation a été adressée à certaines âmes aux sentiments plus élevés; car Dieu invite de préférence au banquet de la parole divine ceux dont l'intelligence est mieux disposée. Mais ils refusent de se rendre à son invitation; il leur envoie donc d'autres serviteurs pour faire de nouvelles instan ces, en leur promettant, s'ils consentent à venir, de s'asseoir au banquet que le roi leur a prépa ré. Il faut remarquer, en effet, que de même que dans les choses extérieures, l'épouse est diffé rente de ceux qui invitent, et ces derniers différents de ceux qui sont invités; ainsi Dieu, qui connaît rang qu'occupent les âmes, leurs vertus, et les motifs qui les font agir, choisit les unes comme pour en faire autant d'épouses, les autres pour convier aux noces, les autres enfin pour être du nombre de ceux qui sont invités au festin. Or, ceux qui avaient été invités de préférence à tous les autres, se mirent peu en peine de ceux qui les invitèrent, parce qu'ils étaient pauvres d'intelligence, et ils aimèrent mieux suivre leurs idées où ils trouvaient plus de charmes que dans les promesses qui leur étaient faites au nom du roi. Toutefois ils sont moins coupables que ceux qui ont chargé d'outrages et mis à mort les serviteurs qui leur étaient envoyés, c'est-à-dire qui ont embarrassé dans des difficultés et dans des disputes préparées de longue main les envoyés qui n'étaient point prêts à résoudre leurs objections artificieuses, et qui les ont ensuite accablés d'injures et quelquefois mis à mort.