Matthieu 22, 33

Les foules qui l’avaient entendu étaient frappées par son enseignement.

Les foules qui l’avaient entendu étaient frappées par son enseignement.
Louis-Claude Fillion
Ce verset décrit l’effet produit par le nouveau triomphe de Jésus. - Les foules : la foule nombreuse qui assistait à cette scène, Cf. 21, 23, est au comble de l’enthousiasme et de l’admiration. On s’était pourtant proposé de diminuer l’autorité, le prestige du divin Maître auprès du peuple ; mais c’est le contraire qui a lieu, et ce sont ses adversaires qui sont confondus. D’après S. Luc, 20, 39, des Docteurs de la Loi, présents à l’entretien, ne purent contenir leur ravissement et ils s’écrièrent : Maître vous avez bien dit. « Joignons-nous à ces Docteurs... Mais ce n’est pas de vains applaudissements que Jésus cherche. S’il a bien dit, profitons de sa doctrine. Vivons comme devant éternellement vivre : ne vivons pas comme devant mourir, pour terminer tous nos soins à cette vie... Vivons pour Dieu, aimons-le de tout notre cœur : c’est ce qu’il va nous enseigner dans la lecture suivante », Bossuet, Médit. Dern. Semaine, 41è jour.
Saint Thomas d'Aquin
2268. Vient ensuite l’effet, car il furent étonnés : EN L’ENTENDANT, LES FOULES ÉTAIENT ÉTONNÉES DE SON ENSEIGNEMENT. Ps 118[119], 129 : Tes témoignages sont admirables, Seigneur, etc.
Saint Rémi
Ce ne sont point les sadducéens, mais la foule qui est dans l'admiration, c'est ce qui arrive encore tous les jours dans l'Église, lorsque les ennemis de l'Église sont vaincus par l'inspiration divine, la multitude des fidèles se livre aux transports de la joie.
Denys l'Aréopagite
Alors, en effet, devenus in corruptibles et immortels, nous serons remplis de la vue de Dieu, qui nous apparaîtra dans de chastes contemplations, et nous jouirons de la lumière spirituelle qu'il répandra sur nous dans une âme impassible et immatérielle, à l'exemple des intelligences qui habitent au-delà des cieux, et c'est pour cela que le Sauveur ajoute que nous serons égaux aux anges (cf. Lc 20,36 ).
Saint Augustin
Le même témoignage qui servit à confondre les sadducéens, peut servir également à confondre les manichéens, car ils nient aussi la résurrection, quoique d'une manière différente.

Mais non elle ne périt pas pour Dieu cette matière terrestre, qui a servi à former la chair des mortels; et quand elle aurait été réduite en cendre et en poussière, quand elle aurait été transportée au loin par le souffle des vents, quand elle aurait servi à form er la substance d'autres corps, ou qu'elle aurait été réduite aux éléments primitifs, quand elle serait devenue la nourriture et comme la chair des animaux ou des hommes, elle sera réunie en un instant à cette âme qui l'a autrefois animée pour former l'homme, lui donner la vie et l'accroissement.

Dans le sens mystique, ces sept frères représentent les impies, qui n'ont produit aucun fruit de justice pendant les sept âges du monde. Ces sept âges forment la durée de la terre, qui passera elle-même après les sept âges de son existence, comme les impies ont passé sur la terre sans rien produire, à l'exemple des sept maris de cette femme.

Mais je préfère, comme plus fondé en raison, le sentiment de ceux qui ne doutent nullement que les deux sexes ne ressuscitent parfaitement distincts, car la concupis cence, qui produit la honte, n'existera plus alors, et c'est ainsi que le premier homme et la pre mière femme étaient nus avant leur péché et n'en rougissaient pas. Mais la nature particulière des deux sexes sera conservée, affranchie toutefois de l'union conjugale et de l'enfantement. Les membres de la femme recevront une destination différente de celle qu'ils avaient en cette vie et seront revêtus d'une beauté toute nouvelle, dont la vue n'excitera point la concupis cence, puisqu'elle n'existera plus, mais, au contraire, portera les hommes à louer la sagesse et la bonté de Dieu qui a donné la vie à ce qui n'existait plus, et a délivré de la corruption ce qu'il a créé.

Dieu est appelé spécialement le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, parce que chacun d'eux représente les différentes manières dont sont engendrés les enfants de Dieu. Le plus ordinairement, Dieu se sert d'un saint prédicateur pour engendrer un fils ver tueux, et c'est par les mauvais que sont engendrés les enfants vicieux; c'est ce que figure Abraham qui, de Sara, son épouse libre, eut un enfant qui fut fidèle, et un enfant infidèle d'Agar, sa servante. Quelquefois un saint prédicateur engendre un bon et un mauvais fils, comme Isaac qui, de Rebecca, son épouse légitime, eut deux enfants, l'un bon, l'autre mauvais, Jacob et Esaü. Quelquefois, enfin, Dieu se sert des prédicateurs bons et mauvais pour engendrer des enfants vertueux, ce qui est figuré par Jacob qui eut des enfants vertueux ( Gn 29,30 Gn 29,35 ) de ses deux épouses légitimes Lia et Rachel, et de ses servantes Zeipha et Bala.
Saint Jérôme
Les mots grecs que nous avons rendus par les mots latins neque nubent, neque nu bentur, c'est-à-dire ni les hommes n'épouseront de femmes, ni les femmes de maris, ne sont pas conformes à l'usage de la langue latine, car le mot nubere, en latin, ne se dit proprement que des femmes; mais nous appliquerons ici le mot nubere aux hommes qui se marient et le mot nubi aux femmes qu'ils épousent.
Saint Jean Chrysostome
Après que les disciples des pharisiens eurent été ainsi confondus ainsi que les hérodiens, les sadducéens se présentèrent. La confusion dont venaient d'être couverts ceux qui les avaient précédés aurait dû les rendre moins empressés; mais la présomption est un vice qui ne sait plus rougir, qui est opiniâtre, et qui tente l'impossible. Aussi l'Évangéliste s'étonne lui-même de leur démarche insensée et la fait remarquer en ces termes: «Ce jour, les saddu céens vinrent le trouver», etc.

A peine les pharisiens se sont reti rés que les sadducéens s'approchent, probablement après avoir lutté entre eux à qui le surpren drait le premier, ou bien s'ils ne pouvaient triompher de lui par la force de la raison, dans le dessein au moins de le déconcerter par leurs seules instances.

Il leur reproche d'abord avec raison leur folie, parce qu'ils ne lisaient pas, et en second lieu leur ignorance, parce qu'ils ne connaissaient pas Dieu, car c'est de la lec ture assidue que vient la science de Dieu, et l'ignorance est toujours fille de la négligence et de la paresse.

Dans la vie présente, les hommes ne cessent de naître et de prendre des épouses, parce qu'ils ne cessent de mourir, afin que ces naissances successives viennent combler les vides faits par la mort; dans la vie future, au. contraire, il n'y a plus de raison de naître, parce que la nécessité de mourir n'existe plus.

Il répond ainsi directement à la question qui lui était faite, car la raison pour laquelle les sadducéens n'admettaient pas la résurrection, c'est qu'ils croyaient que l'état des corps ressuscités serait le même que pendant cette vie; or, Notre-Seigneur détruit cette suppo sition en montrant que cet état sera tout différent.

Il est à remarquer que, lorsque le Sauveur a parlé du jeûne, de l'aumône et des autres vertus morales, il ne s'est point servi de cette comparaison des anges, et il ne l'emploie que lorsqu'il s'agit de l'affranchissement des devoirs des époux. C'est qu'en effet, de même que toutes les actions qui ont la chair pour principe nous sont communes avec les animaux, mais surtout les oeuvres de la volupté; ainsi toutes les vertus nous font entrer en société avec les anges, mais principalement la chasteté, qui est le triomphe de la vertu sur la nature.

Mais comment est-il écrit ailleurs: «Afin qu'il règne sur les vivants et les morts ?» ( Rm 14,9 ) Ce passage n'est nullement en opposition avec les paro les de Notre-Seigneur, car nous y voyons que le Seigneur régnera sur les morts, c'est-à-dire sur ceux qui doivent revivre, et non pas sur ceux qui ont disparu à jamais pour ne plus ressus citer.

Or, remarquez combien sont faibles les attaques que les Juifs dirigent contre Jésus-Christ, dans la première, ils cherchent à l'effrayer: «Par quelle autorité faites-vous ces choses ?» Le Sauveur leur oppose une grande fermeté. Dans la seconde, ils ont re cours à la ruse, et il fallut pour la déjouer une sagesse pleine d'habileté; mais cette dernière attaque fut plus facile à repousser, car elle était accompagnée de présomption et d'ignorance. Or, il est facile à un homme qui est fort de ce qu'il sait, de confondre celui qui s'imagine savoir lorsqu'il ne sait rien; ainsi le premier choc de l'ennemi peut être redoutable, mais si on le sou tient avec courage, on lui sera bientôt supérieur.
Saint Hilaire de Poitiers
Il en est beaucoup qui renouvellent la difficulté que soulevaient à tort les sadducéens à propos du mariage, et qui demandent quelle forme la femme doit avoir à sa résur rection; or, tout ce que les Écritures nous autorisent à penser des anges, nous pouvons l'appliquer à la résurrection de la na ture humaine en ce qui concerne les femmes.

Il faut encore observer que ces paroles avaient été adressées à Moïse, alors que les pa triarches étaient morts depuis longtemps; ils existaient donc cependant, puisque Dieu était leur Dieu, car ils ne pouvaient rien avoir s'ils n'existaient pas. Il est, en effet, dans la nature d'une chose qu'elle existe pour qu'une autre chose lui appartienne. Donc il n'y a que ceux qui sont vivants qui puissent posséder Dieu, puisque Dieu est l'éternité même, et qu'il n'est pas possible aux morts de posséder ce qui est éternel. Et comment donc pourrait-on nier qu'ils existent et qu'ils existeront éternellement alors que celui qui est l'éternité déclare leur appartenir?
Origène
Ils niaient, non-seulement la résurrection de la chair, mais encore l'immortalité de l'âme.