Matthieu 22, 25
Il y avait chez nous sept frères : le premier, qui s’était marié, mourut ; et, comme il n’avait pas de descendance, il laissa sa femme à son frère.
Il y avait chez nous sept frères : le premier, qui s’était marié, mourut ; et, comme il n’avait pas de descendance, il laissa sa femme à son frère.
Après le texte qui servira
de point de départ à l’objection des Sadducéens, voici un trait emprunté, semblent-ils dire, au domaine de la
vie réelle et qui n’a rien d’impossible en soi, bien qu’il dût plus vraisemblablement avoir été inventé par eux
pour la circonstance, S. Jean Chrys. Hom. 70 in Matth. Le cas est présenté avec beaucoup d’esprit et
d’ironie, de manière à jeter du ridicule sur l’état futur des ressuscités.
2259. Une fois rappelée la loi, ils présentent le cas : OR, IL Y AVAIT CHEZ NOUS SEPT FRÈRES. LE PREMIER SE MARIA, PUIS MOURUT. COMME IL N’AVAIT PAS DE DESCENDANCE, IL LAISSA SON ÉPOUSE À SON FRÈRE, etc. Il se peut qu’un tel cas soit arrivé ou qu’ils l’aient inventé. Toutefois, selon Augustin, les sept frères représentent les hommes mauvais, qui, au cours des sept âges, meurent sans fruit. L’apôtre [dit] en Rm 6, 21 : Quel fruit recueillez-vous (ou avez-vous porté) d’actions dont aujourd’hui vous rougissez ? Cette femme est le comportement du monde. Ps 101[103], 27 : Eux périront, mais toi tu demeureras, et tous s’useront comme des vêtements.
Il y avait deux grandes sectes parmi les Juifs: celle des pharisiens et celle des sad ducéens. Les pharisiens étaient sectateurs outrés de la justice qui venait des traditions et des observances légales, et le peuple leur donnait le nom de séparée; les sadducéens au contraire, dont le nom signifie juste, s'attribuaient une justice qu'ils n'avaient certainement pas et niaient tous les dogmes crus et professés par les pharisiens comme la résurrection du corps, l'immortalité de l'âme, l'existence des anges et de l'esprit. C'est pour cela que l'Évangéliste ajoute: «qui soutiennent qu'il n'y a point de résurrection».
Comme la mort était pour les Juifs un mal sans adoucissement, parce qu'ils concentraient toutes leurs espérances dans cette vie, Moïse avait établi dans la loi que, si un homme venait fi mourir sans enfants, son frère fût tenu d'épouser sa veuve, pour lui donner des enfants et ne pas laisser périr son nom ( Dt 25,5-9 ), ce qui était comme un adoucissement à l'amertume de la mort. Mais ce n'était qu'au frère ou au plus proche parent qu'il était enjoint d'épouser la veuve du défunt; car, si c'eût été un étranger qui l'épousât, l'enfant qui serait né de cette union n'aurait pu être considéré comme le fils du défunt, et, d'ailleurs l'obligation d'affermir et de perpétuer la maison du défunt ne pouvait être la même pour un étranger que pour le frère à qui la parenté en faisait une espèce de loi, «Or il y avait parmi nous sept frères», etc.