Matthieu 21, 32
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole.
Car Jean est venu... Nous trouvons dans ce verset le motif pour
lequel les publicains et les pécheresses précéderont les hiérarques juifs dans le royaume de Dieu. Ceux-ci
n’ont pas tenu compte de la prédication du Précurseur, tandis que les autres ont cru et se sont convertis. -
Dans la voie de la justice. Jésus veut dire que le Précurseur apportait aux Juifs le moyen de parvenir
aisément à la vraie justification, et par là-même au salut. Des commentateurs assez nombreux croient
cependant que cette locution désigne plutôt la vie sainte et parfaite de Jean-Baptiste. Le sens général serait
alors celui-ci : Jean s’est présenté à vous comme un homme parfait, attestant sa mission divine par son
éminente sainteté, et néanmoins, vous avez refusé de croire en lui. - Ont cru en lui. Nous trouvons dans les
récits évangéliques plusieurs exemples de ces conversions étonnantes, Cf. Luc. 3, 12 ; 7, 29, opérées par le
langage véhément du Précurseur. - Et vous, voyant cela. Les hiérarques étaient déjà bien coupables de
n’avoir pas reconnu immédiatement l’autorité de S. Jean-Baptiste et de n’avoir pas accepté les moyens de
salut qu’il leur présentait : ils le sont davantage encore parce qu’ils n’ont point profité des beaux exemples
qu’ils recevaient ainsi des pécheurs les plus endurcis. Le repentir des publicains et des courtisanes était un
miracle moral qui équivalait pour S. Jean à des lettres de créance venues directement du ciel. Les prêtres et
les Docteurs auraient dû le comprendre et se rendre, quoique tardivement, à l’évidence de cette preuve. Leur
culpabilité se trouve notablement aggravée par ce second refus dénué de toute excuse. « Il a fait paraître en
tout une sagesse extraordinaire, « et cependant vous ne l’avez point cru ». Et ce qui augmente votre crime,
c’est que les publicains mêmes et les femmes perdues ont cru en lui; et de plus, c’est « que vous qui avez vu
leur exemple, n’avez point été touchés ensuite de repentance pour croire au « moins après eux », vous qui deviez croire avant eux. Ainsi vous êtes entièrement inexcusables, comme ils sont dignes de toute louange.
Et considérez, je vous prie, combien de circonstances relèvent ici l’infidélité des uns et la foi des autres. Il est
venu à vous et non à eux. Vous n’avez point cru en lui, et ils n’en ont point été scandalisés, Ils ont cru en lui,
et vous n’en avez point été touchés », S. Jean Chrys. Hom. 67 in Matth.
2198. Vient ensuite la raison : premièrement, [le Seigneur] dit que les Juifs ont été désobéissants ; deuxièmement, que les publicains ont obéi ; troisièmement, qu’ils ne l’ont pas suivi.
Il dit : JEAN EST VENU À VOUS DANS LA VOIE DE LA JUSTICE, car il a suivi la voie de la justice. Ou bien : DANS LA VOIE DE LA JUSTICE, parce qu’il a observé la voie de la justice, à savoir, la voie de la pénitence, ET VOUS N’AVEZ PAS CRU EN LUI. En effet, ils lui disaient : «Es-tu Élie ?» Et lorsqu’il eut répondu, ils ne dirent pas : «Pourquoi baptises-tu ?» MAIS LES PUBLICAINS ET LES PROSTITUÉES ONT CRU EN LUI. Et cela se trouve au chapitre III, qu’ils vinrent à Jean pour être baptisés. MAIS VOUS, EN VOYANT CELA, à savoir, que d’autres se convertissaient et accomplissaient ce qu’il avait ordonné, VOUS N’AVEZ MÊME PAS EU DE REMORDS TARDIF QUI VOUS FÎT CROIRE EN LUI. En effet, celui-là est le pire qui ne se repent pas de ce qu’il a fait. Jr 8, 6 : Il n’y a personne qui se repente de son péché en disant : «Qu’est-ce que j’ai fait ?».
Il dit : JEAN EST VENU À VOUS DANS LA VOIE DE LA JUSTICE, car il a suivi la voie de la justice. Ou bien : DANS LA VOIE DE LA JUSTICE, parce qu’il a observé la voie de la justice, à savoir, la voie de la pénitence, ET VOUS N’AVEZ PAS CRU EN LUI. En effet, ils lui disaient : «Es-tu Élie ?» Et lorsqu’il eut répondu, ils ne dirent pas : «Pourquoi baptises-tu ?» MAIS LES PUBLICAINS ET LES PROSTITUÉES ONT CRU EN LUI. Et cela se trouve au chapitre III, qu’ils vinrent à Jean pour être baptisés. MAIS VOUS, EN VOYANT CELA, à savoir, que d’autres se convertissaient et accomplissaient ce qu’il avait ordonné, VOUS N’AVEZ MÊME PAS EU DE REMORDS TARDIF QUI VOUS FÎT CROIRE EN LUI. En effet, celui-là est le pire qui ne se repent pas de ce qu’il a fait. Jr 8, 6 : Il n’y a personne qui se repente de son péché en disant : «Qu’est-ce que j’ai fait ?».
Ce second fils, c'est le peuple juif qui répondit à Moïse: «Nous ferons toutes les choses que le Seigneur nous a dites» (Ex 24).
Aussi en est-il qui pensent que cette parabole a pour objet non pas les Gentils et les Juifs, mais simplement les pécheurs et les justes. Ils se fondent sur ce que les pécheurs, après avoir refusé de servir Dieu en commettant le mal, ont ensuite reçu de Jean-Baptiste le baptême de pénitence, tandis que les pharisiens, qui faisaient profession de justice et qui se vantaient de leur fidélité à la loi de Dieu, méprisèrent le baptême de Jean et ne voulurent pas accomplir ses préceptes.
En effet, les nations qui ont abandonné Dieu dès le com mencement pour se livrer au culte des idoles et à toutes sortes de péchés semblent dire dans leur coeur: «Nous ne voulons pas accomplir la justice de Dieu».
Je pense que les publicains représentent ici tous les pécheurs, et les femmes de mauvaise vie, toutes les femmes pécheresses; car l'avarice est le péché le plus commun chez les hommes, comme la volupté sensuelle chez les femmes. La femme demeure chez elle comme renfermée dans le repos, et le désordre prend sa source surtout dans l'oisiveté. L'homme, au contraire, dont la vie se passe toute entière parmi les préoccupations d'affaires de tout genre, tombe plus facilement dans le péché d'avarice; mais il est moins exposé aux désordres de la volupté, à moins qu'il ne soit de moeurs tout à fait dissolues, car les soins et les soucis des af faires particulières aux hommes sont presque toujours un préservatif contre la volupté, qui est par conséquent le vice des jeunes gens inoccupés. Or, le Sauveur donne les raisons de ce qu'il vient de dire en ajoutant: «Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous ne l'avez pas cru».
Jésus leur a proposé cette parabole, parce que ce n'est point pour connaître la vérité, mais pour lui tendre un piège qu'ils lui ont adressé cette question: «Par quelle autorité faites-vous ces choses ?» Or, comme il y en avait un grand nombre qui avaient cru parmi le peuple, il leur propose cette parabole des deux fils pour leur montrer que les hommes du peuple, qui ont toujours mené la vie séculière valent mieux que les prêtres qu i ont toujours fait profession de servir Dieu. En effet, les hom mes du peuple finissent quelquefois par se repentir et par revenir à Dieu, tandis que les prêtres confirmés dans l'impénitence ne cessent de pécher contre Dieu. Or, l'aîné de ces deux enfants, c'est le peuple, car le peuple n'est pas pour les prêtres, mais ce sont les prêtres qui sont établis pour le peuple.
On peut donc admettre que le Seigneur, dans cette parabole, a voulu parler de ceux qui ne promettent rien ou presque rien, et qui accomplis sent cependant de grandes choses, et condamner ceux qui font de grandes promesses et n'en accomplissent aucune.