Matthieu 21, 24
Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :
Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :
Les membres du grand
Conseil espéraient causer de la sorte à Jésus un embarras dont il lui serait impossible de sortir. Ou bien il
répondra qu’il est le Messie et alors on l’accusera de blasphème, Cf. 26, 65 ; ou bien il ne pourra pas
légitimer les droits qu’il s’arroge et il sera humilié devant le peuple ; ou bien, mais on ne songeait guère à
cette hypothèse, ce seront les interrogateurs eux-mêmes qui seront pris dans leur propre filet : c’est pourtant
ce qui arriva. - Je vous adresserai moi aussi... Jésus ne répond pas directement à la question qui lui est posée.
La vraie réponse ressortira toutefois d’une manière très claire de sa façon de procéder ; mais ce seront ses
adversaires eux-mêmes qui devront la donner. « Un dicton populaire dit : Un mauvais nœud d'un arbre sera
frappé avec un mauvais coin ou un mauvais clou. Notre-Seigneur pouvait réfuter les calomnies de ceux qui
le tentaient, par une réponse claire ; mais il aime mieux leur poser une question pleine de prudence, pour
qu’ils soient condamnés, ou par leur silence ou par leur science prétendue », S. Jérôme. Il leur pose donc une
contre-question en promettant de satisfaire leur désir dès qu’ils auront satisfait le sien. - Une question :
hébraïsme, une chose, un petit mot seulement.
2189. Selon Chrysostome, lorsque quelqu’un interroge pour apprendre, il faut alors lui répondre la vérité ; mais lorsqu’il [le fait] pour mettre à l’épreuve, il faut alors le reprendre et le réfuter. Ainsi le Seigneur, comme il savait qu’ils le mettaient à l’épreuve, dit : JE VAIS VOUS POSER, MOI AUSSI, UNE SEULE QUESTION : «D’OÙ VENAIT LE BAPTÊME DE JEAN : DU CIEL OU DES HOMMES ?» Pierre a baptisé, mais on ne parle pas du baptême de Pierre. Jean aussi a baptisé, et on parle du baptême de Jean, parce que, dans le baptême de Jean, tout était le fait de l’homme ; mais, dans le baptême de Pierre, les péchés étaient remis, ce qui ne pouvait être fait par l’homme. Jn 1, 33 : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Bien que Jean ait baptisé, il ne l’a pas fait de lui-même. Jn 1, 33 : Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit, etc.
Ou bien, on peut dire qu'ils renouvellent ici la même calomnie qu'ils avaient faite autrefois lorsqu'ils disaient: «C'est par Béelzébub, prince des démons, qu'il chasse les démons».En effet, ces paroles: «Par quelle autorité faites-vous ces choses ?»ne sont-elles pas un doute formel que ce soit au nom de la puissance de Dieu, et ne laissent-elles pas sous-entendre que c'est au nom du démon que Jésus opère ces merveilles? Ils ajoutent: «Et qui vous a donné ce pouvoir ?»et ils nient par là ouvertement qu'il soit le Fils de Dieu, en croyant que c'est par une puissance étrangère et non par sa propre vertu qu'il opère des miracles. Or, Notre-Seigneur pouvait ré futer les calomnies de ceux qui le tentaient, par une réponse claire et sans réplique; mais il aime mieux leur poser une question pleine de prudence, pour qu'ils trouvent leur condamna tion, ou dans leur silence ou dans leur science prétendue. «Jésus leur répondit: J'ai moi-même une question à vous faire».
On trouvera peut-être qu'il était ridicule de demander à Jésus par quelle autorité il faisait ces choses, car il était impossible qu'il répondît que c'était au nom du démon. L'homme de péché ( 2Th 2 ), lui-même, ne pourrait répondre, ce qui serait vrai cependant, qu'il agit par la puissance du démon. Dira-t-on que les princes des prêtres ne lui faisaient cette question que pour l'intimider, comme lorsque nous voyons un homme qui entre prend sur notre terrain des choses qui ne nous conviennent pas, nous lui disons pour l'effrayer et le faire cesser: «Qui vous a commandé d'agir ainsi ?» Mais alors, pourquoi le Sauveur leur a-t-il dit: «Répondez d'abord à ma question, et je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais ces choses».Voici donc l'explication vraisemblable de ce passage. On distingue, en géné ral, deux pouvoirs opposés; l'un qui vient de Dieu, et l'autre qui vient de Satan; mais, dans les cas particuliers, il faut en admettre un plus grand nombre. Ainsi ce n'était pas la même puis sance qui agissait dans les prophètes, lorsqu'ils faisaient des miracles, mais cette puissance était différente dans les différents prophètes. Peut-être cette puissance était moindre pour des cho ses moins importantes, et plus grande pour de plus grandes circonstances. Or, les princes des prêtres, voyant Jésus opérer une foule de prodiges, voulaient apprendre de sa bouche de quelle espèce et de quelle nature était la puissance au nom de laquelle il agissait. Ceux qui avaient fait des miracles avaient commencé d'agir à l'aide d'un pouvoir limité, et à mesure qu'ils avan çaient ils avaient reçu une puissance plus grande; mais, pour le Sauveur, il a opéré tous ses miracles par la seule et même puissance qu'il a reçue de son Père. Or, comme les princes des prêtres n'étaient pas dignes d'entendre de tels mystères, Jésus ne veut pas leur répondre, et, au contraire il les interroge lui-même.