Matthieu 21, 20
En voyant cela, les disciples s’étonnèrent et dirent : « Comment se fait-il que le figuier s’est desséché à l’instant même ? »
En voyant cela, les disciples s’étonnèrent et dirent : « Comment se fait-il que le figuier s’est desséché à l’instant même ? »
Comme nous l’avons dit plus haut, v. 18, S. Matthieu a sacrifié ici l’ordre
chronologique à l’ordre logique. Il aime à présenter les événements d’un seul jet, sans s’inquiéter des
intervalles de temps qui ont pu en séparer les différentes parties, sans tenir compte de la perspective
historique qui est au contraire chère à S. Marc. C’est donc seulement le mardi matin, vingt -quatre heures
après la malédiction prononcée par le Sauveur, que les Apôtres revirent le figuier sur lequel elle était tombée.
Le lundi soir, en retournant à Béthanie, ils avaient peut-être pris un autre chemin, ou bien l’obscurité les avait
empêchés de remarquer l’effet merveilleux de la parole de Jésus. Maintenant qu’ils ont devant eux cet arbre
complètement desséché, à tout jamais stérile, ils éprouvent un vif étonnement, ils s'étonnèrent. Et pourtant,
ils avaient été témoins de miracles sans nombre et beaucoup plus surprenants ; mais c’est le propre des
manifestations surnaturelles de plonger ceux qui les contemplent dans une admiration toujours croissante et
toujours nouvelle, parce qu’elles révèlent constamment un nouveau côté de la puissance divine. - Comment
s'est-il desséché en un instant ? Jésus n’a parlé que d’une stérilité perpétuelle, et voici que le figuier a perdu
même la vie, et si rapidement ! Cette circonstance inattendue contribua sans doute à accroître l’étonnement
des Apôtres. Comprirent-ils le symbole caché sous cette mort ? Il est possible qu’ils n’en aient saisi que plus
tard toute la signification. Jésus du moins pouvait redire ces paroles inspirées autrefois au prophète Ézéchiel :
« Alors tous les arbres des champs sauront que Je suis le Seigneur : je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre
renversé, je fais sécher l’arbre vert et reverdir l’arbre sec. Je suis le Seigneur, j’ai parlé, et je le ferai. »,
Ezech. 17, 24. Les Juifs seront abandonnés et les païens participeront au salut messianique.
2182. À CETTE VUE, LES DISCIPLES FURENT TOUT ÉTONNÉS. Ici, en premier lieu, l’étonnement est présenté ; en second lieu, la réponse à l’étonnement.
[Matthieu] dit : À CETTE VUE, LES DISCIPLES FURENT TOUT ÉTONNÉS, comme les hommes s’étonnent lorsqu’on voit un bon esprit se dessécher d’un coup. Ainsi [les disciples] s’étonnent de voir [le figuier] se dessécher si rapidement.
[Matthieu] dit : À CETTE VUE, LES DISCIPLES FURENT TOUT ÉTONNÉS, comme les hommes s’étonnent lorsqu’on voit un bon esprit se dessécher d’un coup. Ainsi [les disciples] s’étonnent de voir [le figuier] se dessécher si rapidement.
Et comme cet arbre, pris au figuré, était pour ainsi dire animé, Notre-Seigneur lui dit, comme s'il était capable de l'entendre: «Que jamais fruit ne naisse de toi». C'est ainsi que la synagogue des Juifs est frappée de stérilité, et qu'elle demeurera sans fruits jusqu'à la fin du monde, jus qu'à ce que la multitude des nations soit entrée dans l'Église, Ce figuier s'est desséché pendant que Jésus-Christ était encore sur la terre, et les Apôtres, voyant avec les yeux de l'âme ce mystère de la foi frappé de stérilité, furent saisis d'étonnement, et immédiatement, en fidèles disciples de Jésus-Christ, et sans la moindre hésitation, ils abandonnent la synagogue qui se dessèche aussitôt, parce que les Apôtres portent aux Gentils toute la sève vivifiante de la grâce. De même encore lorsqu'ils amènent quelqu'un àla foi, on peut dire qu'ils transportent une montagne, c'est-à-dire Satan, et la précipitent dans la mer, c'est-à-dire dans l'abîme.