Matthieu 21, 16
Ils dirent à Jésus : « Tu entends ce qu’ils disent ? » Jésus leur répond : « Oui. Vous n’avez donc jamais lu dans l’Écriture : De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait monter une louange ? »
Ils dirent à Jésus : « Tu entends ce qu’ils disent ? » Jésus leur répond : « Oui. Vous n’avez donc jamais lu dans l’Écriture : De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait monter une louange ? »
S’adressant à Jésus, ils lui demandent : Entends-tu... ? C’est de leur part
un reproche manifeste. Ne vois-tu pas que leurs exclamations signifient que tu es le Christ ? Comment donc
peux-tu les supporter ? Impose-leur silence. - Jésus ne se méprend pas sur leurs intentions ; mais, sans en
tenir aucun compte, il accroît encore le supplice de ces envieux par le sang-froid et la sagesse de sa réponse.
- Oui. Oui sans doute, j’entends ce qu’ils disent ; mais pourquoi les ferais-je taire ? et il prouve ensuite à
l’aide d’une parole inspirée qu’ils ont parfaitement raison. - N'avez-vous jamais lu : Cf. 12, 5, etc. Jésus
considère ces enfants comme un chœur de prophètes inconscients, mais qui parlent sous l’impulsion divine,
et tel est précisément le sens du beau passage emprunté au Ps. 8, v. 3. - De la bouche des enfants... C’est-à-
dire que Dieu est loué, glorifié par ce qu’il y a de plus petit, de plus humble. Jésus s’applique à lui -même ce
texte que le Psalmiste adressait tout d’abord à Jéhova ; mais on admet généralement que le Psaume 8 est
messianique au moins d’une manière indirecte. Il est très souvent cité dans les écrits du Nouveau Testament ;
Cf. 1 Cor. 15, 17 ; Eph. 1, 12 ; Hebr. 2, 6, etc. - Voilà donc les enfants qui bénissent Notre-Seigneur, tandis
que les prêtres et les docteurs lui lancent l’injure. Néanmoins, après cette réponse habile, les ennemis du
Sauveur sont confondus, et ils n’ont aucune réplique à lui faire. - La particule quia qui introduit en latin le
texte du psaume est récitative. Cf. 5, 21, etc.
2173. Ces enfants louaient donc, mais [les grands prêtres et les scribes] étaient indignés, et ils lui dirent : TU ENTENDS CE QU’ILS DISENT ? Comme s’ils disaient : «Il n’est pas juste qu’un simple homme supporte d’être loué comme Dieu», Ac 12, 22s. Mais Hérode a supporté d’être loué comme Dieu. C’est pourquoi il fut frappé par un ange et expira rongé par les vers. Par cela nous est donné l’exemple que, si nous sommes loués au-delà de ce que nous [sommes], nous ne devons pas le supporter. Mais [le Seigneur] ne pouvait pas être loué au-delà de ce qu’il était, car il était Dieu.
2174. Vient ensuite le reproche. Premièrement, ils sont rabroués en parole ; deuxièmement, par le geste.
MAIS JÉSUS LEUR DIT : «BIEN SÛR !» Le Seigneur répond très sagement. Ils avaient en tête que, s’il empêchait les enfants, ils auraient gagné leur point ; s’il ne le faisait pas, ils pourraient l’accuser. Mais le Seigneur répond avec tant de sagesse qu’il ne rabroua pas les enfants et que [les grands prêtres et les scribes] non plus ne purent le calomnier. Il dit donc : «ASSURÉMENT, je l’entends, mais ils ne disent rien contre moi.» Mais David dit : TU AS MIS LA LOUANGE DANS LA BOUCHE DES ENFANTS ET DES NOURRISSONS [Ps 8, 3]. Il ne dit pas : Tu as dit, mais : TU AS MIS DANS LA BOUCHE, puisque le fait que ces enfants louent Dieu vient de l’inspiration divine. Car les œuvres de Dieu sont parfaites, Dt 32, 4. Cela ne vient donc pas de l’initiative [des enfants], mais du Saint-Esprit. Sg 10, 21 : Lui qui rend éloquente la langue des enfants.
2175. Mais pourquoi dit-il : ENFANTS ? Car ceux-ci ne peuvent pas parler ; ils ne peuvent donc pas louer. Je dis qu’ils ne sont pas appelés enfants en raison de leur âge, mais de leur simplicité, parce qu’ils sont exempts de malice. L’Apôtre [dit] en 1 Co 14, 20 : Ne devenez pas des enfants pour ce qui est de l’intelligence, mais soyez des tout-petits pour ce qui est de la malice. Ils sont aussi appelés des nourrissons parce qu’ils ont été émus par les miracles. On est ému par les miracles comme s’il s’agissait de lait, car le lait se boit sans difficulté ; de même ceux-ci sont-ils menés à la foi avec douceur par un miracle. He 5, 12 : Vous aviez besoin de lait, et non de nourriture solide.
2174. Vient ensuite le reproche. Premièrement, ils sont rabroués en parole ; deuxièmement, par le geste.
MAIS JÉSUS LEUR DIT : «BIEN SÛR !» Le Seigneur répond très sagement. Ils avaient en tête que, s’il empêchait les enfants, ils auraient gagné leur point ; s’il ne le faisait pas, ils pourraient l’accuser. Mais le Seigneur répond avec tant de sagesse qu’il ne rabroua pas les enfants et que [les grands prêtres et les scribes] non plus ne purent le calomnier. Il dit donc : «ASSURÉMENT, je l’entends, mais ils ne disent rien contre moi.» Mais David dit : TU AS MIS LA LOUANGE DANS LA BOUCHE DES ENFANTS ET DES NOURRISSONS [Ps 8, 3]. Il ne dit pas : Tu as dit, mais : TU AS MIS DANS LA BOUCHE, puisque le fait que ces enfants louent Dieu vient de l’inspiration divine. Car les œuvres de Dieu sont parfaites, Dt 32, 4. Cela ne vient donc pas de l’initiative [des enfants], mais du Saint-Esprit. Sg 10, 21 : Lui qui rend éloquente la langue des enfants.
2175. Mais pourquoi dit-il : ENFANTS ? Car ceux-ci ne peuvent pas parler ; ils ne peuvent donc pas louer. Je dis qu’ils ne sont pas appelés enfants en raison de leur âge, mais de leur simplicité, parce qu’ils sont exempts de malice. L’Apôtre [dit] en 1 Co 14, 20 : Ne devenez pas des enfants pour ce qui est de l’intelligence, mais soyez des tout-petits pour ce qui est de la malice. Ils sont aussi appelés des nourrissons parce qu’ils ont été émus par les miracles. On est ému par les miracles comme s’il s’agissait de lait, car le lait se boit sans difficulté ; de même ceux-ci sont-ils menés à la foi avec douceur par un miracle. He 5, 12 : Vous aviez besoin de lait, et non de nourriture solide.
Remarquons que l'entrée de Jésus à Jérusalem eut lieu cinq jours avant la Pâque; car saint Jean (chap. 12) ra conte que ce fut six jours avant la Pâque qu'il vint à Béthanie, et que le lendemain il fit son entrée à Jérusalem, monté sur un âne, ce qui nous donne lieu d'admirer la concordance parfaite entre l'Ancien et le Nouveau Testament, non-seulement quant aux faits, mais quant aux temps et aux dates. En effet, c'est le dixième jour du premier mois que l'agneau, qui devait être immolé à la fête de Pâque, était amené dans la maison d'après la loi ( Ex 12,2-3 ), parce que c'était aussi au dixième jour de ce même mois, c'est-à-dire cinq jours avant la fête de Pâque, que le Sauveur devait faire son entrée dans la ville où devait avoir lieu sa passion et sa mort.
Que personne donc ne s'occupe dans l'oratoire ou dans le lieu de la prière, d'autre action que de celle qui est sa raison d'être, et qui lui a donné son nom.
Il est, du reste, incontestable que ce prodige s'est répété deux fois, dans une première circonstance ra contée par saint Jean (2), et dans cette dernière, rapportée par les trois autres Évangélistes ( Mc 11,45 Lc 19,45-47 ).
Mais la réponse de Jésus fut pleine de modération, il ne dit point (ce que les scribes auraient bien désiré): «Ces enfants font bien de me rendre témoignage»,il ne dit pas non plus: «Ils se trompent, ce sont des en fants, vous devez pardonner à leur âge». Mais il cite un passage du Psaume 8, pour que le témoignage des Écritures, suppléant à son silence, vienne confirmer les paroles des enfants: «Oui, leur dit Jésus, mais n'avez-vous pas lu: Vous avez tiré la louange la plus parfaite de la bouche des petits enfants et de ceux qui sont à la mamelle».
Disons tout d'abord que dans toute l'enceinte du temple auguste du Seigneur, où affluait une foule immense de Juifs venus de toutes les parties de la Judée, on immolait, d'après les préceptes de la loi, surtout aux jours de fêtes, une multitude innombrable de victimes, de taureaux, de béliers et de boucs. Les pauvres, pour ne pas rester sans sacrifice, offraient des petits de colombes et des tourterelles. Or, comme ceux qui venaient de loin, n'avaient pas de victimes, les prêtres cherchèrent les moyens d'exploiter la religion du peuple, en faisant commerce de tous les animaux nécessaires pour les sacrifices, d'abord pour les ven dre à ceux qui n'en avaient pas, et pour les reprendre ensuite à ceux qui les avaient achetés. Mais cet artifice, ou plutôt cette fraude qui s'exerçait en sens. contraire, était souvent rendue inutile par l'indigence de ceux qui arrivaient sans avoir de quoi fournir aux frais des sacrifices, et qui n'avaient ni victimes, ni argent pour en acheter. Ils établirent donc des comptoirs de changeurs qui prêtaient de l'argent sous caution. Mais la loi, défendant de prêter à usure, ils ne retiraient ainsi aucun avantage de leur argent prêté, et ils perdaient quelquefois le capital; ils eurent donc recours à un autre artifice; à la placé des changeurs, ils mirent des collybistes , terme dont la langue latine n'explique pas la propriété, le mot collybe signifie chez les Juifs ce que nous appelons desserts ou petites denrées, comme sont les pois chiches grillés, les raisins secs, les fruits de toute espèce. Ce nouveau genre d'usuriers, ne pouvant recevoir l'intérêt de leur prêt, recevaient à la place toute espèce de denrées, et ce qu'il leur était défendu de rece voir en argent, ils le recevaient en denrées qui s'achètent avec de l'argent, comme si le prophète Ezéchiel n'avait pas défendu formellement ce trafic: «Vous ne prêterez point à usure, et vous ne recevrez rien au delà de ce que vous avez prêté». Or, le Seigneur, voyant dans la maison de son Père, ce commerce illicite, ou plutôt ce brigan dage, poussé par une sainte ardeur, chasse du temple cette innombrable multitude.
A prendre les choses simplement, d'après ce qui avait lieu, les colombes n'étaient pas sur des chaires, mais dans des cages, à moins qu'on ne dise que les marchands de colombes étaient assis dans des chaires, ce qui est absurde. Les chaires signifient bien plus naturellement la dignité de ceux qui enseignent, dignité dont ils détruisent le prestige en se laissant aller à l'amour du gain. Observez aussi que par suite de l'avarice des prêtres, les autels du vrai Dieu sont appelés justement des tables de changeurs. Or, ce que nous disons des Églises, que chacun de nous se l'applique à soi-même; car l'Apôtre nous dit ( 2Co 6,16 ): «Vous êtes le temple de Dieu». Qu'il n'y ait donc dans la demeure de votre coeur ni esprit de trafic, ni désir des richesses, de peur que Jésus n'en sorte plein de colère et de sévérité, et qu'il ne puisse le purifier autrement qu'en employant Je fouet, pour faire de cette caverne de voleurs une maison de prière.
C'est avec raison qu'ils sont émus à la vue de ce spectacle vraiment surprenant, un homme recevait les honneurs dus à Dieu, mais c'était Dieu qui était honoré dans cet h omme. Je pense, toutefois, que ceux qui proclamaient ainsi ses louanges, ne connaissaient pas celui qui en était l'objet, mais que l'Esprit saint, se répandant tout à coup dans leur âme, leur dictait ces paroles de vérité.
Il était du devoir d'un bon fils de courir d'abord à la maison de son père, pour lui rendre ses hommages. Et vous aussi qui êtes devenu l'imitateur de Jésus-Christ, lorsque vous entrez dans une ville, empressez vous d'aller tout d'abord à l'église. C'était aussi le devoir d'un bon médecin, en entrant dans cette cité malade qu'il voulait sauver, d'aller d'abord à la source du mal. Or, de même que c'est du temple que sort toute espèce de bien, c'est aussi du temple que viennent tous les maux possibles. Si le sa cerdoce a conservé son intégrité, toute l'Eglise est florissante, mais s'il est corrompu, la foi est languissante dans tous les coeurs. Lorsque vous voyez un arbre dont les fleurs jaunissent, vous jugez qu'il est malade dans sa racine; ainsi, lorsque vous voyez un peuple vivant sans règle et sans frein, soyez certain que le sacerdoce est atteint de quelque vice secret. «Et il chassait tous les vendeurs».
De même qu'une colonne, pour peu qu'elle penche d'un côté, s'incline bien davantage lorsqu'on la surcharge d'un nouveau poids, ainsi le coeur humain, qui est déjà perverti, loin de s'affermir dans le bien, conçoit une jalousie bien plus violente lorsqu'il voit ou lorsqu'il entend louer les oeuvres d'un homme juste, telle fut la cause de la jalousie des prêtres contre Jésus-Christ, lorsqu'ils viennent lui dire: «Entendez-vous bien ce que disent ces enfants».
C'est-à-dire: «Soit, qu'il y ait de ma faute à ce que les enfants poussent ces cris; est-ce ma faute aussi, si tant de mille ans auparavant, le prophète avait prédit cet événement ?» Or, comme les enfants, et ceux qui sont à la mamelle, ne peuvent ni connaître ni louer personne, on donne ce nom d'enfants à ceux qui le sont, non par leur âge, mais par la simplicité de leur coeur, et on dit qu'ils sont à la mamelle, parce qu'ils faisaient entendre ces cris, excités par la joie qu'ils éprouvaient à la vue de ces merveilles, comme des enfants charmés par la douceur du lait qui les nourrit. On peut comparer, en effet, les miracles au lait, car ils n'occasionnent aucun travail à ceux qui en sont témoins, mais leur vue seule les remplit d'admiration et de joie, et les attire doucement à la foi. Le pain, au contraire, c'est la doctrine de la justice parfaite, et on ne peut s'en nourrir que lorsque l'esprit s'est longtemps exercé dans les choses spirituelles.
Et c'est ce qui rend les Juifs plus coupables, eux qui ont persévéré dans leur conduite insensée après avoir été deux fois témoins de ce prodige.
Cependant les princes des prêtres ne se rendent pas à tant d'évidence, mais les autres prodiges qu'il a opérés, et ses louanges que les enfants proclament, ne font qu'augmenter leur indignation. «Mais les princes des prêtres, voyant», etc.
Nous trouvons là encore une figure des Gentils, et en même temps le sujet d'une grande consolation pour les Apôtres. Ils pouvaient être inquiets de la ma nière dont ils annonçaient l'Évangile, eux qui étaient sans instruction; l'exemple de ces enfants dissipe leur crainte, en leur apprenan t que celui qui a mis la louange sur leurs lèvres leur donnera également la puissance de la parole. Ce miracle prouve encore que le Christ est le Créa teur de la nature, car les enfants font entendre des paroles pleines d'une haute signification, tandis que le langage des hommes faits ne respire que la folie et la colère.
Lorsque Jésus fit son entrée dans Jérusalem, les puissances célestes, dans l'étonnement, di saient: «Quel est ce roi de gloire ?»
Dans le sens mystique, le temple de Dieu c'est l'Église de Jésus-Christ. Il en est beaucoup dans son sein qui, au lieu de vivre spirituellement comme ils le devraient, sont encore esclaves de la chair, et qui, de cette maison de prière construite avec des pierres vivantes, font par leurs acte s une caverne de voleurs. S'il faut expliquer d'une manière plus précise quelles sont ces trois espèces de gens que Notre-Seigneur a chassés du temple, nous dirons: Les chrétiens, qui ne s'occupent toute leur vie que d'acheter et de vendre, et qui ne s'appliquent presque jamais à la prière ou aux autres bonnes oeuvres, sont ceux qui vendent et qui achètent dans le temple de Dieu. Les diacres qui n'administrent pas fidèlement les revenus de l'Église, et qui s'enrichissent du bien des pauvres, sont les changeurs dont Jésus-Christ renverse les tables couvertes d'argent. (Nous voyons, en effet, dans les Actes, que les diacres étaient préposés aux tables dressées pour les pauvres, à l'aide des revenus de l'Église) ( Ac 6,16 ). Les évêques, qui livrent la direction des églises à ceux qui en sont indignes, sont figurés par ceux qui vendent des colombes, c'est-à-dire la grâce de l'Esprit saint, et dont le Sauveur renverse les siéges.