Matthieu 20, 30
Et voilà que deux aveugles, assis au bord de la route, apprenant que Jésus passait, crièrent : « Prends pitié de nous, Seigneur, fils de David ! »
Et voilà que deux aveugles, assis au bord de la route, apprenant que Jésus passait, crièrent : « Prends pitié de nous, Seigneur, fils de David ! »
Deux aveugles.
L’occasion se présente tout à coup pour le Sauveur de faire un double miracle devant ces nombreux témoins :
l’évangéliste en raconte les divers traits avec une grande précision. Ainsi, il n’omet pas de nous dire que les
pauvres aveugles étaient assis sur le bord de la route, suivant une coutume qui n’a pas changé depuis. -
Apprirent : entendant un bruit extraordinaire de pas et de voix, ils s’informent de sa raison d’être, et on leur
apprend que c’est Jésus qui passe, entouré d’une nombreuse multitude. Jésus, c’est peut-être le salut pour eux
! Ils le connaissent de réputation, ils savent qu’il a rendu la vue à beaucoup d’infortunés qui leur
ressemblaient. Aussi, avec quelle ardeur ils implorent sa pitié ! - Seigneur, fils de David. « Seigneur » n’est
ici qu’une simple formule de politesse. Il n’en est pas de même des mots fils de David par lesquels ils
terminent leur courte mais pressante prière, car c’était une confession très explicite du caractère messianique
de Jésus. Cf. 9, 27. Bel acte de foi de la part de ces malheureux ! Ils croient que Notre-Seigneur est le Christ
par excellence ; ils croient en outre qu’il peut les guérir miraculeusement : Isaïe n’a-t-il pas prédit du Messie
qu’il ouvrirait les yeux des aveugles ? Cf. Is. 29, 18 ; 35, 5.
2134. Vient ensuite l’attachement des aveugles : ET VOICI QUE DEUX AVEUGLES, etc. Premièrement, l’attachement est présenté ; deuxièmement, la constance, en cet endroit : LA FOULE LES RABROUAIT POUR LEUR IMPOSER SILENCE [20, 31].
Mais ici se pose une question, car en Lc 18, 35, on lit qu’un seul aveugle s’élança vers lui, et ici, on dit qu’il y en eut deux qui s’élancèrent vers le Seigneur qui sortait de Jéricho. Mais Marc est d’accord avec Luc qu’il n’y en avait qu’un, et ainsi Matthieu s’écarte des deux. Augustin dit que cet aveugle, à propos duquel Luc écrit, était un autre que [ces deux-là], car il courut vers lui avant qu’il n’entrât à Jéricho. Or, Marc et Matthieu disent que [Jésus] sortait de Jéricho. Mais la raison pour laquelle Marc n’a pas parlé de deux [aveugles], comme Matthieu, est qu’un d’eux était plus connu et plus renommé et que, en raison de sa renommée, le miracle était plus connu. Et cela est clair, car [Marc] donne son nom, Bartimée [Mc 10, 46], et ne sont nommés dans l’Écriture que des hommes très connus.
2135. Par ces aveugles sont signifiés deux peuples, à savoir, le peuple des Juifs et le peuple des Gentils, QUI ÉTAIENT ASSIS AU BORD DU CHEMIN, qui est le Christ. Is 30, 21 : Voici le chemin : prenez-le ! Ou bien sont signifiés les convertis des deux peuples, QUI SONT ASSIS AU BORD DU CHEMIN, à savoir, le Christ. Jn 14, 6 : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Ils avaient entendu par la prédication que Jésus passerait selon [sa] nature humaine afin de subir la mort et qu’il guérirait les malades. ILS S’ÉCRIÈRENT donc : SEIGNEUR, AIE PITIÉ DE NOUS, FILS DE DAVID. La cause de [leur] exaucement ne fut pas la force de leur voix, mais la ferveur de leur attachement. Ps 119[120], 1 : J’ai crié vers le Seigneur dans mes tribulations et il m’a exaucé. De même, ils proclament qu’il est Dieu et homme. Dieu, car ils disent : SEIGNEUR. Ps 119[120], 3 : Sachez que le Seigneur est Dieu. Et ils demandent ce qui est propre à Dieu, à savoir : AIE PITIÉ DE NOUS. Ps 149[150], 9 : Sa compassion s’étend à toutes ses œuvres. Ils disent aussi qu’il est de la descendance de David, et, en cela, ils confessent [son] humanité.
Mais ici se pose une question, car en Lc 18, 35, on lit qu’un seul aveugle s’élança vers lui, et ici, on dit qu’il y en eut deux qui s’élancèrent vers le Seigneur qui sortait de Jéricho. Mais Marc est d’accord avec Luc qu’il n’y en avait qu’un, et ainsi Matthieu s’écarte des deux. Augustin dit que cet aveugle, à propos duquel Luc écrit, était un autre que [ces deux-là], car il courut vers lui avant qu’il n’entrât à Jéricho. Or, Marc et Matthieu disent que [Jésus] sortait de Jéricho. Mais la raison pour laquelle Marc n’a pas parlé de deux [aveugles], comme Matthieu, est qu’un d’eux était plus connu et plus renommé et que, en raison de sa renommée, le miracle était plus connu. Et cela est clair, car [Marc] donne son nom, Bartimée [Mc 10, 46], et ne sont nommés dans l’Écriture que des hommes très connus.
2135. Par ces aveugles sont signifiés deux peuples, à savoir, le peuple des Juifs et le peuple des Gentils, QUI ÉTAIENT ASSIS AU BORD DU CHEMIN, qui est le Christ. Is 30, 21 : Voici le chemin : prenez-le ! Ou bien sont signifiés les convertis des deux peuples, QUI SONT ASSIS AU BORD DU CHEMIN, à savoir, le Christ. Jn 14, 6 : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Ils avaient entendu par la prédication que Jésus passerait selon [sa] nature humaine afin de subir la mort et qu’il guérirait les malades. ILS S’ÉCRIÈRENT donc : SEIGNEUR, AIE PITIÉ DE NOUS, FILS DE DAVID. La cause de [leur] exaucement ne fut pas la force de leur voix, mais la ferveur de leur attachement. Ps 119[120], 1 : J’ai crié vers le Seigneur dans mes tribulations et il m’a exaucé. De même, ils proclament qu’il est Dieu et homme. Dieu, car ils disent : SEIGNEUR. Ps 119[120], 3 : Sachez que le Seigneur est Dieu. Et ils demandent ce qui est propre à Dieu, à savoir : AIE PITIÉ DE NOUS. Ps 149[150], 9 : Sa compassion s’étend à toutes ses œuvres. Ils disent aussi qu’il est de la descendance de David, et, en cela, ils confessent [son] humanité.
De même qu'une abondante moisson témoigne en faveur du travail du laboureur, ainsi une nombreuse assemblée est une preuve du zèle de celui qui enseigne: «Et lorsqu'ils sortaient, une foule nombreuse le suivit». Aucun d'eux ne fut arrêté par les dif ficultés de la route, car l'amour spirituel n'est point sujet à la fatigue, aucun d'eux ne fut retenu par la pensée de ses intérêts temporels, car ils entraient en possession du royaume des cieux. Celui, en effet, qui a une fois goûté en vérité le bien céleste, ne trouve plus rien sur la terre qui soit digne de son affection. Or, ces deux aveugles se rencontrent très-à propos sur le passage de Jésus-Christ, car, après avoir recouvré la vue, ils le suivront à Jérusalem pour rendre témoi gnage à sa puissance: «Et voici que deux aveugles», etc. Ces deux aveugles entendaient les pas de ceux qui marchaient, mais ne pouvaient les voir. Ils n'avaient de libre dans tout leur corps que la voix; et comme ils ne pouvaient se mettre à la suite du Sauveur, ils l'accompagnent de leurs cris et de leurs supplications: «Et ayant entendu que Jésus passait», etc.