Matthieu 19, 3
Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »
Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »
Les deux, le sacrement du Mariage et la virginité pour le Royaume de Dieu, viennent du Seigneur lui-même. C’est Lui qui leur donne sens et leur accorde la grâce indispensable pour les vivre conformément à sa volonté (cf. Mt 19, 3-12). L’estime de la virginité pour le Royaume (cf. LG 42 ; PC 12 ; OT 10) et le sens chrétien du Mariage sont inséparables et se favorisent mutuellement :
Alors les
Pharisiens... En Pérée même, comme en Galilée, comme en Judée, nous rencontrons bientôt les ennemis
acharnés de Jésus, les Pharisiens, qui, n’osant encore en venir aux voies de fait à son égard, essaient du
moins de lui tendre des pièges pour l’attaquer ensuite devant le peuple, ou même devant les tribunaux
religieux du pays. De quelque côté que le Sauveur dirige ses pas, il est sûr de rencontrer ces sectaires qui ont
reçu pour mot d’ordre de ne lui laisser aucun repos. - Pour le tenter. La question qu’ils vont lui proposer était
alors l’une des plus brûlantes de la morale judaïque, comme nous l’avons indiqué en commentant le Discours
sur la Montagne, Cf. 5, 31 et 32 : les deux célèbres écoles d’Hillel et de Schammaï luttaient avec acrimonie
sur la signification de quelques mots obscurs du texte de la Loi, la première affirmant que, par « il découvre
en elle une tare », Cf. Deut. 24, 1-4, il fallait entendre n’importe quel motif, la seconde restreignant le
divorce à l’adultère. Les Pharisiens s’arrangent donc de façon à lancer Jésus dans la guerre que se faisaient
ces deux partis : sa décision, pensaient-ils, ne pouvait manquer d’être favorable ou bien aux partisans
d’Hillel, et alors les Schammaïtes mécontents se déclareraient contre lui, ou bien aux disciples de Schammaï
et dans ce cas les Hillélites ne sauraient lui pardonner cet affront public. « Ils veulent le prendre dans ce
dilemme sans réplique, et le faire tomber dans le piège, quelle que soit sa réponse », S. Jérôme Comm. in h.
l. Divers interprètes (de Wette, Ewald, Bisping, etc.) font observer en outre que Jésus se trouvait alors sur le
domaine d’Hérode Antipas ; les Pharisiens pouvaient bien se proposer aussi de le compromettre envers le
prince adultère ; car ils prévoyaient que sa réponse ressemblerait à celle du Précurseur, « Il n'est pas
permis », et peut-être qu’alors Antipas averti traiterait Jésus comme il avait traité Jean-Baptiste. Ce serait
ainsi un piège d’un second genre. - Pour quelque cause que ce soit. C’est ici le point captieux de la question :
elle est posée dans le sens d’Hillel et de manière à provoquer une réponse négative, conforme aux principes
de Schammaï. Joseph, cet historien raconte du reste froidement, comme une chose naturelle, que sa première
femme l’ayant abandonné, il en épousa une seconde qu’il chassa lui-même après qu’elle lui eût donné trois
enfants, pour en prendre encore une troisième. C’était l’application parfaite de la théologie d’Hillel. Voir
d’autres détails dans notre commentaire de 5, 31.
2012. DES PHARISIENS S’APPROCHÈRENT POUR LE METTRE À L’ÉPREUVE. Et, pour cela, ils sont réprimandés, car, alors que des foules l’avaient suivi, les Pharisiens lui tendaient des pièges. Jr 5, 5 : J’irai chez les grands et je leur parlerai. [Les Pharisiens] s’approchèrent donc en disant : EST-IL PERMIS À UN HOMME DE RÉPUDIER SA FEMME POUR N’IMPORTE QUEL MOTIF ? En cela apparaît leur astuce mauvaise, parce qu’ils étaient venus vers le Christ afin de le calomnier, car ou bien il disait qu’elle devait être renvoyée, ou non. S’il disait oui, il paraîtrait se contredire, car il était un prédicateur de la chasteté. S’il disait non, «nous l’accuserons, car cela va contre Moïse, le législateur». Comme dit Chrysostome, «ils démontrent leur incontinence, car si quelqu’un écoute volontiers parler de la séparation de l’épouse, il est un incontinent». Ainsi, parce que ceux-ci parlaient de divorce, ils se montraient incontinents. Le Seigneur avait donné une raison pour laquelle elle pouvait être renvoyée, à savoir, la turpitude. Mais ceux-ci ne demandaient pas seulement [si elle pouvait être renvoyée] pour cette raison, mais pour n’importe quelle raison. Ils voulaient donc avoir plein pouvoir de renvoyer l’épouse.
Ils veulent le prendre dans ce dilemme sans réplique, et le faire tomber dans le piège, quelle que soit sa réponse: S'il dit qu'on peut renvoyer sa femme pour toute sorte de raisons et en prendre une autre, il se trouvera en contradiction avec sa doctrine sur la pureté des moeurs; s'il répond, au contraire, qu'il est défendu de la renvoyer pour toute espèce de motifs, il sera convaincu de sacrilège et d'opposition à la doctrine de Moïse et de Dieu lui-même.
Jésus-Christ gué rissait les hommes, et les bienfaits dont ils étaient l'objet se répandaient par eux sur une foule d'autres, car leur guérison était pour un grand nombre une occasion d'acquérir la connaissance de sa divinité. Ce n'était pas toutefois pour les pharisiens, que ses miracles ne faisaient qu'endurcir comme l'indiquent les paroles suivantes: « Et les pharisiens s'approchèrent de lui pour le tenter, et ils lui dirent: Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme », etc.
Lorsque vous voyez un homme cultiver avec soin l'amitié des médecins, vous en concluez qu'il est atteint de quelque infirmité; de même, lorsque vous voyez un homme et une femme qui viennent questionner sur les moyens de renvoyer sa femme ou son mari, concluez sûrement que cet homme, que cette femme mè nent une vie dissolue; car la chasteté se plaît dans les liens du mariage, mais le libertinage re garde ces liens comme un esclavage et un supplice. Les pharisiens savaient bien qu'ils n'avaient aucune raison valable pour renvoyer leurs femmes, si ce n'est des motifs honteux, et ils ne lais saient pas de contracter avec l'une et avec l'autre de nouveaux engagements. Ils n'osèrent pas demander à Jésus pour quels motifs il était permis de renvoyer sa femme, afin de ne pas se trouver resserrés dans les limites étroites de raisons claires et précises; mais ils lui demandent s'il est permis de la renvoyer pour toute espèce de raisons, car ils savaient bien que la passion ne sait ni s'arrêter ni se contenir dans les bornes d'un seul mariage, mais que plus on la satis fait, plus elle s'enflamme.