Matthieu 15, 3

Jésus leur répondit : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au nom de votre tradition ?

Jésus leur répondit : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au nom de votre tradition ?
Catéchisme de l'Église catholique
Ce principe de l’intégralité de l’observance de la Loi, non seulement dans sa lettre mais dans son esprit, était cher aux Pharisiens. En le dégageant pour Israël, ils ont conduit beaucoup de Juifs du temps de Jésus à un zèle religieux extrême (cf. Rm 10, 2). Celui-ci, s’il ne voulait pas se résoudre en une casuistique " hypocrite " (cf. Mt 15, 3-7 ; Lc 11, 39-54), ne pouvait que préparer le Peuple à cette intervention de Dieu inouïe que sera l’exécution parfaite de la Loi par le seul Juste à la place de tous les pécheurs (cf. Is 53, 11 ; He 9, 15).
Louis-Claude Fillion
Jésus leur répondit. A la question des Pharisiens, Jésus n’adresse d’abord qu’une réponse indirecte, v. 3-9, renfermée dans un vigoureux argument destiné à confondre ses adversaires en leur opposant leurs propres actes. Sans s’occuper de ce que ses disciples ont fait ou n’ont pas fait, il répond par une autre accusation à l’accusation des Scribes. - Et vous ; c’est-à-dire « vous aussi, vous-mêmes ». Les voilà mis à leur tour sur le banc des accusés, mais pour un motif autrement grave. - Violez le commandement de Dieu. Les Apôtres, au dire des Pharisiens, avaient violé une tradition humaine. Mais ceux-ci transgressaient d’une manière habituelle les commandements de Dieu lui-même. Quel grief de la part d’hommes qui étaient les défenseurs-nés de la loi divine ! - A cause de votre tradition. Jésus établit par ces mots une opposition ouverte entre les préceptes du Seigneur et ceux des Pharisiens. Non-seulement la secte hypocrite viole la Thora : mais c’est dans l’intérêt de ses traditions qu’elle la viole. Les traditions pharisaïques sont donc irréligieuses, immorales ; et pourtant on ose accuser les Apôtres de ne les avoir pas toujours observées ? Avec quelle force l’accusation n’est-elle pas rétorquée ? - Car Dieu a dit. Le Sauveur prouve par un exemple, vv. 4-6, la vérité de ce qu’il vient de dire.
Saint Thomas d'Aquin
1733. MAIS [JÉSUS] LEUR RÉPONDIT. Le Seigneur fait deux choses : il ne répond pas en accusant les apôtres, mais [en disant] que ceux qui les reprenaient n’étaient pas dignes d’eux, plus haut, 7, 5 : Hypocrite, enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil. Il est clair que transgresser un commandement de Dieu est plus grave que [transgresser] des traditions humaines ; c’est pourquoi eux, qui transgressaient des commandements de Dieu, péchaient en des matières plus importantes. Ainsi, il montre d’abord qu’ils transgressaient la loi ; deuxièmement, qu’ils transgressaient un commandement. [Le Seigneur] dit : POURQUOI TRANSGRESSEZ-VOUS UN COMMANDEMENT DE DIEU, et ne l’observez-vous pas, AU NOM DE VOTRE TRADITION ? Rm 10, 3 : Ignorant la justice de Dieu et recherchant la leur, ils ne se soumettent pas à la justice de Dieu ; Is 3, 8 : Leurs langues et leurs inventions vont contre le Seigneur, de sorte qu’elles attirent les yeux de sa majesté, etc.
Saint Jean Chrysostome
Jésus-Christ n'excuse pas directement ses disciples; mais, prenant le rôle d'accusateur, il fait voir aux scribes et aux pharisiens que ce n'est pas à ceux qui se rendent coupables de fautes énormes qu'il appartient de reprendre les fautes légères que peuvent com mettre les autres. Mais il leur répondit: Pourquoi vous-mêmes violez-vous le commandement de Dieu ?» etc. Il ne dit pas que ses disciples font bien pour ne pas donner aux Juifs occasion de les calomnier; mais il ne les blâme pas non plus, pour ne point paraître approuver leurs tra ditions. Il n'accuse pas non plus les anciens, ce qu'ils auraient repoussé comme un outrage, mais il reprend ceux qui sont venus le trouver, tout en blâmant indirectement les anciens qui avaient établi cette tradition. «Et vous, pourquoi violez-vous les commandements de Dieu pour votre tradition ?»