Matthieu 14, 2
et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
A ses serviteurs, c’est-à-dire d’après la
coutume orientale, à ses courtisans et à ses ministres. Cf. 1 Mach. 1, 8, où les généraux et les autres officiers
supérieurs d’Alexandre-le-Grand sont appelés ses serviteurs. Selon la rédaction de S. Luc, les courtisans
auraient suggéré les premiers l’avis que nous allons entendre ; mais la conciliation des deux récits est aisée.
Hérode, frappé de cette réflexion, l’adopte et la répète comme une idée personnelle. - C'est. Jésus, dont on
venait de lui apprendre les œuvres éclatantes. - Lui. Jean-Baptiste, que le tétrarque avait fait mourir quelque
temps auparavant. - Ressuscité d'entre les morts. Les frayeurs auxquelles Hérode est en proie depuis cette
action cruelle lui représentent la résurrection du Précurseur comme un fait d’autant plus vraisemblable qu’il
était plus fâcheux pour lui. - Et c'est pour cela : Parce que ce n’est pas un homme ordinaire, mais un
ressuscité. Bien que S. Jean-Baptiste n’eût fait aucun miracle de son vivant, Cf. Joan. 10, 41, il semblait juste
et naturel que, rendu à la vie et doué des privilèges d’un autre monde, il pût opérer désormais les prodiges les plus remarquables. - Des miracles désigne encore en cet endroit, Cf. 13, 54, la puissance miraculeuse. Ce
mot est au nominatif et sujet du verbe opérer, qui a une signification intransitive : « Le pouvoir de faire des
miracles est actif en lui ». Divers auteurs (Grotius, Gratz, etc.) ont vu dans cette croyance d’Hérode des
traces de métempsychose ; elle n’en contient pourtant aucune. Le tétrarque ne prétend pas que l’âme de
Jean-Baptiste anime maintenant un nouveau corps ; il se contente d’affirmer que le Précurseur est ressuscité,
ce qui est bien différent.
1655. ET IL DIT À SES SERVITEURS : «CELUI-CI EST JEAN BAPTISTE, etc.» Certains ont dit qu’il partageait la croyance en la transmigration des âmes. En effet, Platon et Pythagore ont affirmé que, lorsque l’âme sort d’un corps, elle entre dans un autre. Puisque Hérode partageait cette opinion, disent-ils, il croyait que l’âme de Jean était devenue l’âme du Christ. Mais cela ne peut pas être le cas, car il l’avait tué peu auparavant. Or, Jésus avait trente ans. Il ne croyait donc pas cela. De même, [Jésus] avait déjà fait des miracles avant la décollation et l’emprisonnement [de Jean], comme on le lit en Jn 3. Il faut cependant louer Hérode d’avoir cru en la résurrection, dont il est question en Jb 14, 14 : Penses-tu qu’un homme mort vivra de nouveau ? [Hérode] avait aussi une autre bonne qualité : il croyait que la résurrection aboutissait à un meilleur état. Il croyait donc que [Jean] faisait des miracles, ce qu’il n’avait pas fait avant sa résurrection. Il dit donc : VOILÀ QU’IL FAIT DES MIRACLES EN SA PERSONNE, parce qu’il a accédé à un état meilleur. Les hommes ressusciteront donc dans un état meilleur. L’Apôtre dit ainsi, 1 Co 15, 43 : Il est semé dans la faiblesse, il ressuscitera dans la puissance.
1656. Mais ici se pose une question, car Luc dit que [Hérode] entendit une rumeur et se mit à douter. [Hérode] dit donc : «J’ai fait couper la tête à Jean.» Mais [Matthieu] dit que [Hérode] n’a pas hésité lorsqu’il dit : CELUI-CI EST JEAN BAPTISTE. Augustin donne la solution : il ne l’a pas fait de lui-même, mais parce qu’il en entendit parler par d’autres. Ainsi, lorsqu’il en entendit d’abord parler, il eut des doutes, mais, comme la rumeur augmentait, il tomba d’accord. Ainsi, Luc a raconté le premier aspect, et Matthieu, le second. Ou bien on peut interpréter [cela] autrement, à savoir que même Matthieu aborde le doute d’Hérode, de sorte qu’on peut lire [le passage] sous une forme interrogative : EST-CE QUE CELUI-CI EST JEAN ?
1656. Mais ici se pose une question, car Luc dit que [Hérode] entendit une rumeur et se mit à douter. [Hérode] dit donc : «J’ai fait couper la tête à Jean.» Mais [Matthieu] dit que [Hérode] n’a pas hésité lorsqu’il dit : CELUI-CI EST JEAN BAPTISTE. Augustin donne la solution : il ne l’a pas fait de lui-même, mais parce qu’il en entendit parler par d’autres. Ainsi, lorsqu’il en entendit d’abord parler, il eut des doutes, mais, comme la rumeur augmentait, il tomba d’accord. Ainsi, Luc a raconté le premier aspect, et Matthieu, le second. Ou bien on peut interpréter [cela] autrement, à savoir que même Matthieu aborde le doute d’Hérode, de sorte qu’on peut lire [le passage] sous une forme interrogative : EST-CE QUE CELUI-CI EST JEAN ?
Nous pouvons juger ici combien grande était la jalousie des Juifs. Hérode, qui n'est qu'un étranger, déclare que Jean-Baptiste est peut-être ressuscité d'entre les morts, et cela sans que personne le lui ait attesté, et les Juifs ont mieux aimé croire que le Christ, dont les prophètes avaient annoncé la résurrection, avait été enlevé frauduleusement de son tombeau, plu tôt que d'admettre sa résurrection, preuve que les Gentils étaient bien mieux disposés à em brasser la foi que les Juifs.
Un interprète ecclésiastique demande ici comment Hé rode a pu soupçonner que Jean était ressuscité d'entre les morts. Ce n'est point à nous de ren dre raison d'une erreur qui nous est étrangère, et l'hérésie de la métempsycose ne peut s'appuyer sur ce passage pour soutenir qu'après bien des années révolues les âmes viennent animer des corps différents, puisque Notre-Seigneur avait trente ans lorsque Jean fut décapité.
Voyez quelle est la puissance de la vertu: Hérode redoute Jean-Baptiste, bien qu'il soit mort, et s'entretient de sa résurrection: « Et il dit à ses courtisans: C'est Jean-Baptiste ».