Matthieu 14, 16
Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Jesus leur dit. Les détails de cet intéressant dialogue sont exposés d’une
manière plus complète dans les récits de S. Marc et de S. Jean. Il existe du reste des variantes assez notables
entre les quatre narrateurs, mais elles ne sont nullement essentielles et n’impliquent pas la moindre
contradiction, comme S. Augustin le prouvait déjà victorieusement, de Cons. Evang. 2, 46. Il est aisé
d’obtenir une conciliation parfaite en combinant les traits particuliers à chaque évangéliste. - Il n'est pas
nécessaire qu'ils s'en aillent. Pourquoi ce bon peuple serait-il forcé d’aller si loin en quête de quelques vivres
? Ne peut-il pas trouver ici même tout ce dont il a besoin ? - Donnez-leur vous-mêmes... Le Sauveur met ses
disciples à l’épreuve par ce langage extraordinaire ; il veut exciter leur foi, les préparer au miracle qu’il opère
déjà dans sa pensée, « car il savait bien, dit S. Jean. 6, 6, ce qu’il allait faire ». Peut-être sa parole n’est-elle
pas totalement dépourvue d’ironie : dans ce cas, il les aurait châtiés avec bonté de l’empressement qu’ils
semblent avoir mis à renvoyer la foule, pour se tirer eux-mêmes d’une situation désagréable.
1685. Ici, [Matthieu] présente la distribution de la nourriture et, à ce sujet, il fait trois choses. Premièrement, il présente l’ordre du Christ ; deuxièmement, la quantité de nourriture ; troisièmement, le mode et l’ordre de la distribution. Le second point [se trouve] en cet endroit : ILS LUI RÉPONDIRENT, etc. [14, 17] ; le troisième, en cet endroit : APPORTEZ-LES MOI, etc. [14, 18].
1686. [Les disciples] avaient dit deux choses : que [Jésus] renvoie les foules et qu’elles aillent se chercher à manger. Le Christ répond à ces deux choses : «Vous dites : “Renvoie les foules !”, mais IL N’EST PAS NÉCESSAIRE QU’ELLES PARTENT, car voici celui qui donne sa nourriture à toute chair.» Ps 135[136], 25. «Vous dites aussi : “Qu’elles aillent se chercher à manger !”, mais CELA N’EST PAS NÉCESSAIRE, car vous pouvez leur donner des nourritures célestes.» [Le Seigneur] dit donc : DONNEZ-LEUR À MANGER. Il donne ainsi l’exemple que les nourritures spirituelles doivent passer avant les [nourritures] charnelles.
1686. [Les disciples] avaient dit deux choses : que [Jésus] renvoie les foules et qu’elles aillent se chercher à manger. Le Christ répond à ces deux choses : «Vous dites : “Renvoie les foules !”, mais IL N’EST PAS NÉCESSAIRE QU’ELLES PARTENT, car voici celui qui donne sa nourriture à toute chair.» Ps 135[136], 25. «Vous dites aussi : “Qu’elles aillent se chercher à manger !”, mais CELA N’EST PAS NÉCESSAIRE, car vous pouvez leur donner des nourritures célestes.» [Le Seigneur] dit donc : DONNEZ-LEUR À MANGER. Il donne ainsi l’exemple que les nourritures spirituelles doivent passer avant les [nourritures] charnelles.
Ce qui montre la foi de ce peuple, c'est que malgré la faim qu'il éprouve, il persévère avec le Sauveur jusqu'au soir. « Le soir étant venu, ses disciples s'approchèrent de lui et lui dirent: Ce lieu-ci est désert ».Notre-Seigneur, qui a le dessein de donner à manger à cette multitude, attend cependant qu'il en soit prié. C'est ainsi que jamais Il ne s'empresse de faire des miracles, mais qu'il attend toujours qu'on lui en fasse la demande. Mais pourquoi donc n'en est-il pas un seul dans toute cette multitude pour s'approcher de lui? C'est par un profond sentiment de respect, et le désir ardent d'être toujours avec lui leur fait oublier le be soin de la faim. Les disciples eux-mêmes ne viennent pas lui dire: Donnez-leur à manger, car leurs dispositions étaient encore trop imparfaites; mais ils lui représentent que le lieu est désert. Ce que les Juifs avaient regardé comme un miracle impossible dans le désert, lorsqu'ils disaient: « Est-ce qu'il pourra nous dresser une table dans le désert ? » ( Ps 77 ) c'est ce que Jésus se propose de faire. Il conduit ce peuple dans le désert, afin que ce miracle ne laisse aucune place au doute et que personne ne puisse penser que c'est un des bourgs voisins qui a fourni le pain qu'il distribue à ce peuple. Ce lieu est désert, il est vrai, mais celui qui nourrit tout ce qui respire le remplit de sa présence, et quoique l'heure soit passée, comme le font re marquer les Apôtres, celui qui parle ici n'est pas soumis aux heures dont se compose nt nos journées. Bien que pour préparer ses disciples à ce miracle il eût commencé par guérir un grand nombre de malades, ils étaient encore si imparfaits qu'ils ne pouvaient soupçonner le miracle qu'il devait opérer en multipliant les pains, et c'est pour cela qu'ils lui disent: « Renvoyez le peuple »,etc. Remarquez la sagesse du divin Maître: il ne leur dit pas immé diatement: «Je les nourrirai»,car ils ne l'auraient pas cru facilement, mais il leur répond: « Il n'est pas nécessaire qu'ils s'en aillent, donnez-leur vous-mêmes à manger ».
Mais le Seigneur répond: « Il n'est point nécessaire qu'ils y aillent»; il nous apprend ainsi que ceux qu'il a guéris n'ont pas besoin de se nourrir d'une doctrine vénale et qu'il n'est pas nécessaire de retourner dans la Judée pour s'y procurer des aliments. Il com mande donc à ses disciples de leur donner eux-mêmes à manger. Est-ce donc qu'il ignorait qu'ils n'avaient rien à leur donner? Mais toutes les circonstances de ce miracle demandent à être expliquées dans un sens figuré. Les Apôtres n'avaient pas encore reçu le pouvoir de consacrer et de distribuer le pain du ciel qui devait être la nourriture de la vie éternelle. Leur réponse doit être entendue dans le sens spirituel; ils étaient réduits à n'avoir que cinq pains, c'est-à-dire les cinq livres de la loi, et deux poissons, c'est-à-dire qu'ils n'avaient d'autre nour riture que la prédication de Jean-Baptiste et des prophètes.