Matthieu 12, 12

Or, un homme vaut tellement plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire le bien le jour du sabbat. »

Or, un homme vaut tellement plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire le bien le jour du sabbat. »
Catéchisme de l'Église catholique
La hiérarchie des créatures est exprimée par l’ordre des " six jours ", qui va du moins parfait au plus parfait. Dieu aime toutes ses créatures (cf. Ps 145, 9), il prend soin de chacune, même des passereaux. Néanmoins, Jésus dit : " Vous valez mieux qu’une multitude de passereaux " (Lc 12, 6-7), ou encore : " Un homme vaut plus qu’une brebis " (Mt 12, 12).
Louis-Claude Fillion
Jésus applique maintenant son cas de conscience à la question pendante. Ailleurs, il avait dit que l’homme est supérieur au lis des champs, au passereau qui vole insouciant dans les airs ; il le place actuellement avec la même simplicité au-dessus de l’unique brebis du pauvre. - Donc, c’est la conclusion de son syllogisme, dont nous avons vu la mineure au v. 11, et la majeure dans la première partie du v. 12. - Il est permis de faire du bien. La conclusion naturelle serait « Il est permis de guérir » ; mais le divin Maître varie à dessein l’expression pour fortifier son raisonnement. Il fait apparaître ainsi les œuvres de miséricorde sous un nouveau jour, de manière à les distinguer entièrement des œuvres serviles vulgaires. Faire le bien est toujours permis, même en un jour de sabbat : mais, une guérison est un bienfait accompli à l’égard de l’humanité, un hommage rendu au Créateur ; comment donc pourrait-elle tomber en collision avec le repos sabbatal ? La réponse est si frappante que, cette fois encore, les Pharisiens demeurent muets.
Saint Thomas d'Aquin
1399. COMBIEN UN HOMME VAUT PLUS QU’UNE BREBIS ! Il n’y a pas de comparaison, car tout existe en vue de l’homme. En effet, la domination sur toutes choses a été donnée à l’homme, comme on le trouve en Gn 1, 26 : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, puis vient ensuite : Et qu’il domine sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et les bêtes de la terre. Et ainsi, par le fait qu’il est à l’image [de Dieu], il domine, comme [c’est le cas de] l’homme par rapport à la brebis. De cela, [le Seigneur] conclut : AINSI DONC, IL EST PERMIS DE FAIRE UNE BONNE ACTION [LE JOUR DU SABBAT], c’est-à-dire d’être utile aux hommes. Is 1, 16 : Cessez de mal agir, apprenez à bien agir, car il est écrit en Ex 20, 10 : Vous ne ferez pas d’œuvre servile [ce jour-là]. L’œuvre servile, c’est le péché ; il est donc permis de faire une bonne action.

1400. Mais se pose alors une question : est-il permis de faire n’importe quelle bonne action le jour du sabbat ? Il serait alors permis de labourer. Il faut donc dire que l’œuvre servile peut être comprise au sens littéral et que, au sens mystique, l’œuvre servile est le péché, Jn 8, 34 : Celui qui pèche est l’esclave du péché. De même, une œuvre est servile lorsque le corps plus que l’âme est mis à contribution. En effet, il relève de l’âme de dominer le corps. Ainsi, conseiller n’est pas une œuvre servile.

1401. Nous pouvons donc voir ce qui exempte du sabbat. En effet, le Seigneur exempte ses disciples pour cause de nécessité. Il en est de même pour tout ce qui est immédiatement ordonné au culte de Dieu, comme d’encenser, etc. De même, pour ce qui concerne la santé du corps, comme de préparer un remède, des emplâtres, etc. Ainsi donc, [les Pharisiens] sont blâmés parce qu’ils rendent plus sévère le précepte de la loi.