Marc 8, 6

Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule.

Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule.
Catéchisme de l'Église catholique
Fraction du Pain parce que ce rite, propre au repas juif, a été utilisé par Jésus lorsqu’il bénissait et distribuait le pain en maître de table (cf. Mt 14, 19 ; 15, 36 ; Mc 8, 6. 19), surtout lors de la dernière Cène (cf. Mt 26, 26 ; 1 Co 11, 24). C’est à ce geste que les disciples le reconnaîtront après sa résurrection (cf. Lc 24, 13-35), et c’est de cette expression que les premiers chrétiens désigneront leurs assemblées eucharistiques (cf. Ac 2, 42. 46 ; 20, 7. 11). Ils signifient par là que tous ceux qui mangent à l’unique pain rompu, le Christ, entrent en communion avec Lui et ne forment plus qu’un seul corps en Lui (cf. 1 Co 10, 16-17).
Louis-Claude Fillion
Sans tenir compte de la réponse des Douze, Jésus se contente de leur demander s’ils ont quelques pains à leur disposition. Il agissait ainsi, dit saint Rémi, « Ils répondirent sept, parce que, moins ils seraient nombreux, plus éclatant et plus mémorable serait le miracle » [355]. Le même auteur remarque, à propos des mots s’asseoir par terre : « Dans la multiplication précédente, on nous dit qu’ils s’étaient assis dans l’herbe ; mais ici sur la terre » [356]. Cette nuance a sa valeur pour la distinction des deux faits. — Et les donna : dans le texte latin, à l’imparfait, comme précédemment. Cf. Marc 6, 41, et la note correspondante.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Les sept pains sont tous les discours qui viennent de l'Esprit saint, car le nombre sept qui partage toute notre vie en périodes égales et parfaites, est le symbole de l'Esprit saint qui est le principe de toute perfection.
Saint Bède le Vénérable
Le récit de ce miracle nous donne lieu de constater les opérations distinctes de la divinité et de l'humanité dans la seule et même personne de notre Rédempteur, et par conséquent, de rejeter bien loin du symbole des chrétiens et du sein même du christianisme, l'erreur d'Eutichès, qui osait avancer qu'il n'y avait en Jésus-Christ qu'une seule opération. Qui ne voit en effet que le sentiment de pitié que Notre-Seigneur éprouve pour cette multitude, est un sentiment de compassion propre à la nature humaine? Mais qui ne voit en même temps que rassas ier quatre mille hommes avec sept pains et quelques poissons, est une oeuvre de la puissance divine ?

Notre-Seigneur rompt les pains en figure des mystères qu'il devait révéler. Il rend grâces, pour nous montrer combien le salut du genre humain lui cause de joie; il donne les pains à ses disciples pour qu'ils les distribuent au peuple, parce qu'en effet, c'est aux apôtres qu'il a fait part des dons spirituels de la science sacrée, et c'est par leur ministère qu'il a voulu distribuer à son Eglise la nourriture de vie.
Saint Rémi
S'il les interroge, ce n'est pas qu'il ignorât lui-même ce qu'ils avaient de pains, mais il voulait que leur réponse, en constatant le petit nombre de pains qu'ils avaient, rendit le miracle plus digne de foi et plus éclatant: «Et il commanda à la multitude de s'asseoir sur la terre». Lors de la première multiplication des pains, il la fit asseoir sur le gazon ( Mt 14, 18; Lc 9, 13; Jn 6), ici il la fait asseoir sur la terre: «Et prenant sept pains, il les rompit en rendant grâces», etc. En rendant ainsi grâces, il nous apprend par son exemple à toujours rendre grâces à Dieu de toutes les faveurs que nous en recevons. Remarquons encore que ce n'est pas entre les mains de la foule, mais dans celles des disciples que Notre-Seigneur remet les pains, afin qu'ils les distribuent à la multitude: «Il les rompit et les donna à ses disciples, et les disciples les distribuèrent au peuple. Ce ne sont pas seulement les pains, mais les poissons qu'il leur ordonne de distribuer après les avoir bénis: «Ils avaient en outre quelques petits poissons», etc.