Marc 8, 33

Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Louis-Claude Fillion
Lui, se retournant… Jésus s’arrête tout-à-coup (cf. v. 27, « en chemin »). Puis, se retournant vers les Douze, qui marchaient sans doute respectueusement derrière lui, il jette sur eux un de ces regards pénétrants que S. Marc aime tant à noter. Il ne contemple pas seulement le coupable, mais la troupe entière des disciples ; car ils partageaient tous assurément les idées de saint Pierre, et ils étaient prêts à répéter son assertion. Néanmoins, ses paroles de blâme (il réprimanda) ne retombent directement que sur Simon. — Va derrière moi… Comme Jésus traite sévèrement celui qui voudrait le détourner de sa Passion et de sa mort ! « Voyez quelle opposition. Là (Matth. 16, 17-19) il dit : Bar-jona, fils de la colombe ; ici, Satan. Là il dit : Tu es une pierre sur laquelle je veux bâtir ; ici : tu es une pierre de scandale pour faire tomber » [390]. Mais quelle opposition aussi dans la conduite de l’Apôtre ! Là il avait pensé, compris, goûté les choses de Dieu ; ici il avait parlé comme un homme naturel, auquel la souffrance fait horreur ; il avait dit au Christ qu’il n’était pas bon de souffrir et de mourir pour la rédemption de l’humanité.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Plusieurs croyaient en effet, à l'exemple d'Hérode, que Jean était ressuscité des morts et qu'il avait opéré des miracles après sa résurrection. Mais après qu'il leur a demandé les différentes opinions des hommes à son sujet, il les interroge sur ce qu'ils pensent eux-mêmes de lui: «Alors il leur dit: Pour vous, qui dites-vous que je suis ?»

Il confesse qu'il est le Christ prédit par les prophètes; mais saint Marc passe sous silence la réponse que lui fit le Sauveur, et comment il le proclama bienheureux; il craignit peut-être de paraître agir en cela par complaisance pour Pierre qui était son maître, tandis que saint Matthieu, an contraire, raconte cette circonstance dans toute son étendue.

Il voulait pour le moment cacher sa gloire, pour ne pas exposer un grand nombre au scandale de sa passion et à un châtiment plus sévère.

Jésus reproche à Pierre d'avoir le goût des choses des hommes, c'est-à-dire le goût des affections terrestres, puisqu'il voulait que le Christ préférât une vie tranquille à sa mort sur la croix.
Saint Bède le Vénérable
C'est pour cela qu'il leur demande d'abord ce que les hommes pensent de lui pour éprouver leur foi, et afin qu'elle ne repose point sur les fausses opinions du peuple.
Saint Jean Chrysostome
Ou bien encore, il voulait attendre que le scandale de sa croix fût passé pour établir dans leur coeur une foi pure et entière à sa divinité; aussi n'est-ce qu'après sa passion et immédiatement avant son ascension qu'il leur dit: «Allez, enseignez toutes les nations».

Mais comment se fait-il que Pierre, à qui le Père avait révélé le mystère de la divinité de son Fils, soit descendu si vite de ces hauteurs et qu'il ait fait preuve d'une si grande inconstance? Rien d'étonnant qu'il ait ignoré le mystère des souffrances du Sauveur, puisqu'il ne lui avait pas été révélé. C'est par révélation qu'il avait appris que le Christ était le Fils du Dieu vivant, mais aucune révélation ne l'avait instruit des mystères de la croix et de la résurrection. Or, Notr e-Seigneur, pour apprendre à ses disciples que sa passion était une chose nécessaire, adresse à Pierre un vif reproche: «Mais Jésus se retournant et regardant ses disciples, gourmanda Pierre, disant: Retire-toi de moi, Satan», etc.

Jésus n'avait point dit au démon qui le tentait: Retire-toi derrière moi; mais il le dit à Pierre, c'est-à-dire: Suis-moi, et cesse de l'opposer au dessein d'une mort que je n'endure que parce que je le veux. «Car tu n'as pas le goût des choses de Dieu, mais des choses des hommes».