Marc 8, 23

Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? »

Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? »
Louis-Claude Fillion
Ayant pris la main de l’aveugle. Détail pittoresque, comme tous les suivants. La gradation qui forme le caractère principal de ce miracle est nettement accentuée dans le récit : Jésus prend familièrement la main de l’aveugle, il le conduit hors du bourg, il lui fait une onction sur les yeux avec de la salive, il lui impose les mains une première fois, il lui demande ce qu’il ressent, il lui fait une seconde imposition des mains. Alors seulement la guérison est complète. Qu’on aime à se représenter par la pensée ce beau tableau : Notre-Seigneur se faisant, selon les expressions de S. Jean Chrysostome, « la route et le guide du pauvre aveugle », puis, à sa suite, les disciples et les amis de l’infirme, l’accompagnant en silence !
Saint Bède le Vénérable
Une autre raison pour laquelle le Sauveur lui met de la salive sur les yeux, et lui impose les mains pour lui rendre l'usage de la vue, c'était de montrer qu'il a dissipé l'aveuglem ent du genre humain par ses dons invisibles, et par le mystère de son incarnation. La salive qui vient de la tête de l'homme, signifie la grâce de l'Esprit saint. Notre-Seigneur pouvait guérir cet homme d'une seule parole, cependant il ne lui rend la vue que graduellement, pour nous montrer combien grand était l'aveuglement de la nature humaine qui ne peut rouvrir les yeux à la lumière qu'avec peine et comme par degrés, et aussi pour nous apprendre la marche de sa grâce qui nous prête son secours pour franchir les différents degrés de perfection. Or, tout homme qui a été si longtemps enseveli dans une si profonde obscurité qu'il ne pouvait plus discerner le bien du mal, aperçoit les hommes qui marchent comme des arbres, parce qu'il voit sans la lumière du discernement les actions de la multitude qui l'entoure.
Saint Jérôme
Il le conduit hors du bourg, c'est-à-dire de la cité, et il lui met de la salive sur les yeux pour qu'il voie la volonté de Dieu par le souffle de l'Esprit saint. Après lui avoir imposé les mains, il lui demande s'il voit, parce que c'est comme au travers des oeuvres de Dieu qu'on voit sa majesté.
Saint Jean Chrysostome
Jésus lui met de la salive sur les yeux, et lui impose les mains; il veut ainsi montrer que c'est le Verbe divin joint à l'action extérieure qui opère le miracle; car la main est le signe de l'action, et la salive le symbole de la parole qui sort de la bouche. Il demande à cet homme s'il voyait quelque chose (ce qu'il n'a jamais fait pour les autres guérisons), et il nous apprend ainsi que c'est la foi imparfaite de l'aveugle et de ceux qui l'ont amené, qui est cause que ses yeux ne sont pas tout à fait ouverts: «Et regardant, il dit: Je vois les hommes qui marchent semblables à des arbres». Il était encore dans les ténèbres de l'incrédulité, et c'est pour cela que de son aveu, il ne voyait les hommes que d'une manière confuse.