Marc 8, 21

Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »

Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »
Louis-Claude Fillion
L’ayant connu. Ce manque de foi méritait un blâme : Jésus le leur adresse à l’instant. Le récit de S. Marc est, ici encore, plus vivant et plus complet que celui de S. Matthieu. Il se compose d’une longue série de questions (huit ou neuf, selon qu’on place une virgule ou un point d’interrogation à la fin du v. 18) qui se succèdent coup sur coup avec une grande rapidité. D’abord, les pauvres disciples demeurent tout à fait muets. Puis, vers la fin, vv. 19 et 20, les demandes sont suivies d’une réponse ; c’est un vrai dialogue qui s’engage entre Jésus et les Douze sur les événements antérieurs. Enfin l’interrogatoire se termine au v. 21 par une dernière question qui revient au point de départ : Comment se fait-il que vous ne compreniez pas encore ? « Mais alors ils comprirent, ajoute S. Matthieu, Matth. 14, 12, que Jésus ne parlait point d’un levain matériel ». — La gradation contenue dans les vv. 17 et 18 est vraiment remarquable. L’erreur singulière des Apôtres provient donc d’abord de ce qu’ils n’ont pas suffisamment réfléchi à la puissance du Sauveur : ce manque de réflexion les a empêchés de comprendre. Du reste, comment auraient-ils compris ? Leur cœur était endurci, leurs yeux aveuglés, leurs oreilles sourdes : en un mot, toutes les grandes ouvertures par lesquelles la connaissance entre habituellement dans un homme étaient obstruées chez eux. Bien plus, ils avaient même perdu la mémoire des plus récents prodiges de leur Maître ! Était-il donc étonnant que les choses les plus évidentes leur échappent ?
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ou bien le miracle qu'ils lui demandent du ciel, c'est qu'il arrête le cours du soleil et de la lune, qu'il fasse tomber de la grêle et change l'état de l'atmosphère, car ils ne croyaient pas qu'il pût opérer un prodige de ce genre, et ils pensaient qu'il ne pouvait faire de miracles que sur la terre et encore à l'aide de Béelzébub.

Notre-Seigneur ne se rend pas à leur demande, parce que le temps des prodiges qui auront lieu dans le ciel sera tout autre, ce sera le temps du second avènement où les vertus des cieux seront ébranlées, et où la lune ne donnera plus sa lumière ( Mt 24, 29), tandis que le premier avènement ne doit point être accompagné de prodiges semblables, car tout y est plein de mansuétude.
Saint Bède le Vénérable
Les pharisiens lui demandent un signe du ciel, c'est-à-dire, que puisqu'il a nourri avec quelques pains plusieurs milliers de personnes, il renouvelle dans les derniers temps le miracle de Moïse, en nourrissant le peuple avec la manne qu'il ferait tomber du ciel et qui couvrirait toute l'étendue de la contrée. C'est cette demande qu'ils lui font aussi dans l'Évangile selon saint Jean, lorsqu'ils lui disent: «Quel miracle faites-vous, pour que le voyant, nous croyions en vous? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon qu'il est écrit ( Ex 6, 15; Ps 77, 24; 104, 40). Il leur a donné à manger le pain du ciel».

D'ailleurs, cette génération qui venait tenter le Seigneur, ne méritait pas d'obtenir ce prodige du ciel, et le Sauveur le réservait à la génération qui cherche le Seigneur ( Ps 23, 6), c'est-à-dire, à ses apôtres, qu'il rendit témoins de son ascension au plus haut des cieux.
Saint Augustin
On lit dans saint Matthieu, qu'il vint sur les confins de Magedan, mais nul doute que ce ne soit le même lieu sous un nom différent, car la plupart des manuscrits de l'Évangile selon saint Marc portent le nom de Magedan.

Saint Marc ne prête pas à Notre-Seigneur la même réponse que saint Matthieu, d'après lequel il leur déclare qu'ils n'auront point d'autre prodige que celui de Jonas, tandis qu'ici il leur répond qu'il ne leur en sera donné aucun, c'est-à-dire, il ne leur en sera point donné comme ils en demandaient, et cette explication fait disparaître toute difficulté; saint Marc a tout simplement omis de parler du miracle de Jonas, dont saint Matthieu a fait mention.