Marc 6, 7
Il appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
Il appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
Alors il appela les douze. Le verbe grec est au temps présent :
« il appelle ». L’occasion de cette réunion solennelle, et du discours plus solennel encore que Jésus y
prononça, a été fidèlement décrite par S. Matthieu, Matth. 9, 35-38. Avec son cœur et ses yeux de bon Pasteur, le divin Maître a reconnu la misère morale dans laquelle ses pauvres brebis sont plongées. Il se
dispose à les secourir, et c’est pour s’associer en vue de ce grand œuvre des collaborateurs zélés et
intelligents, qu’il transforme pour la première fois les Douze en prédicateurs de l’Évangile. — « Il se mit à
les envoyer » n’est nullement un pléonasme, ainsi qu’on l’a prétendu. En ce moment, Jésus entreprend une
chose nouvelle : il « commence » très réellement à envoyer ses disciples en qualité de missionnaires. S. Marc
a eu raison de noter cette nuance. — Seul aussi il a noté une circonstance importante de cette première
mission des Apôtres, en disant que le Sauveur les avait envoyés prêcher deux à deux [300]. Jésus agit ainsi
soit pour que ses missionnaires puissent se soutenir mutuellement, soit pour donner plus de poids à leur
parole. Voici la manière dont les Douze semblent avoir été associés, d’après la liste que S. Matthieu nous
fournit à propos de cet incident : Pierre et André, les deux fils de Zébédée, Philippe et Barthélémy, Thomas et
Matthieu, Jacques-le-Mineur et Thaddée, Simon-le-Zélote et Judas. — Il leur donna puissance. Tout en les
séparant de lui momentanément afin de leur apprendre à voler de leurs propres ailes, Jésus demeure
néanmoins d’une certaine manière avec eux en leur léguant son autorité, spécialement celle qu’il exerçait sur
les esprits infernaux. Cf. Luc 9, 1.
Notre-Seigneur, maître plein de bonté et de douceur, n'envie point à ses serviteurs les miracles qu'ils pouvaient opérer, et il communique à ses Apôtres le pouvoir qu'il avait de guérir toute langueur et toute infirmité: «Alors, appelant les douze... il leur donna puissance sur les esprits impurs». Mais il y a une grande différence entre donner et recevoir: tout ce que fait Notre-Seigneur il le fait en vertu de la puissance qui lui est propre, tandis que ses disciples, dans les miracles qu'ils opèrent, sont obligés de confesser leur faiblesse et la puissance du Seigneur, en disant comme saint Pierre: «Au nom de Jésus, lève-toi et marche» ( Ac 3 ).
Le Sauveur les envoie deux par deux, pour figurer que le précepte de la charité a un double objet: l'amour de Dieu et l'amour du prochain, et aussi parce qu'il faut deux termes pour que la charité puisse avoir lieu. Il nous enseigne encore par là que celui qui n'a pas la charité pour le prochain ne doit en aucune façon se charger du ministère de la prédication.