Marc 6, 3
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus vivait en pleine harmonie avec la création, et les autres s’en émerveillaient : « Quel est donc celui-ci pour que même la mer et les vents lui obéissent ? » (Mt 8, 27). Il n’apparaissait pas comme un ascète séparé du monde ou un ennemi des choses agréables de la vie. Il disait, se référant à lui-même : « Vient le Fils de l’homme, mangeant et buvant, et l’on dit : voilà un glouton et un ivrogne» (Mt 11, 19). Il était loin des philosophies qui dépréciaient le corps, la matière et les choses de ce monde. Cependant, ces dualismes malsains en sont arrivés à avoir une influence importante chez certains penseurs chrétiens au long de l’histoire, et ont défiguré l’Évangile. Jésus travaillait de ses mains, au contact direct quotidien avec la matière créée par Dieu pour lui donner forme avec son habileté d’artisan. Il est frappant que la plus grande partie de sa vie ait été consacrée à cette tâche, dans une existence simple qui ne suscitait aucune admiration. « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ?» (Mc 6, 3). Il a sanctifié de cette manière le travail et lui a conféré une valeur particulière pour notre maturation. Saint Jean-Paul II enseignait qu’« en supportant la peine du travail en union avec le Christ crucifié pour nous, l’homme collabore en quelque manière avec le Fils de Dieu à la Rédemption ».
N’est-ce pas là le charpentier. Nous lisons dans S. Matthieu 13, 55 : « N’est-ce pas là le fils du
charpentier ? ». S. Marc fait dire aux habitants de Nazareth, avec une légère variante : Celui-ci n’est-il pas un
τέκτων, un pauvre ouvrier ? Il suit de là que Notre-Seigneur Jésus-Christ avait lui-même exercé durant sa Vie
cachée le dur métier de son père adoptif [294]. Le Verbe incarné, après avoir autrefois créé le monde d’une
seule parole, Jean 1, 2,10, n’a donc pas dédaigné de travailler péniblement à la sueur de son front ! Grande
consolation que le prêtre doit souvent offrir aux artisans, cette partie si nombreuse et si intéressante de nos
populations, qu’on égare par de fausses doctrines. Combien ils gagneraient à contempler Jésus ouvrier ! —
Sur le sens des mots « charpentier », voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 13, 55. Aujourd’hui, le bois
de charpente fait complètement défaut à Nazareth et aux alentours : les maisons y sont pour la plupart
voûtées. Ainsi donc le Sauveur ne pourrait plus guère exercer dans sa patrie sa profession de charpentier.
Hélas ! par les rationalistes modernes, comme alors par ses compatriotes, Notre-Seigneur Jésus-Christ n’est
regardé que comme un simple artisan ! — Fils de Marie. De l’omission du nom de S. Joseph, on a justement
conclu qu’à cette époque le père nourricier de Jésus avait sans doute cessé de vivre. — Frère de Jacques…
Les noms sont les mêmes que dans le premier Évangile. Seulement, Simon, à qui S. Matthieu attribue la
troisième place, occupe ici la quatrième. Celui que la Vulgate appelle Joseph est nommé tour à tour Ἰωσῆ et
Ἰωσήφ dans les manuscrits grecs. — Ses sœurs. La légende réduit le plus souvent à deux le nombre des
« sœurs » de Jésus : elles se seraient appelées Esther et Thamar (ou Marthe selon d’autres). — Nous avons
prouvé dans notre commentaire sur Matth. 13, 55, que les personnes désignées dans l’Évangile, d’après la
coutume orientale, sous l’appellation de frères ou de sœurs de Jésus, étaient simplement ses cousins et ses
cousines, issus, selon l’opinion la plus probable, du mariage de Cléophas avec Marie, sœur, ou du moins
belle-sœur de la Très Sainte Vierge. Voir l’intéressante dissertation du P. Corluy intitulée : Les Frères de
Notre-Seigneur Jésus-Christ [295]. M. Renan, après avoir audacieusement affirmé que « Jésus avait des
frères et des sœurs, dont il semble avoir été l’aîné » [296], se corrige à moitié quand il écrit dans son récent
ouvrage : « Seulement, il est possible que ces frères et ces sœurs ne fussent que des demi-frères, des
demi-sœurs. Ces frères et ces sœurs étaient-ils aussi fils ou filles de Marie ? Cela n’est pas probable » [297].
D’après le professeur du Collège de France, les « frères » et les « sœurs » de Jésus seraient nés d’un mariage
antérieur de S. Joseph. — Et il était pour eux une occasion de chute. Triste conséquence des raisonnements
tout humains que nous venons d’entendre. Celui qui apportait aux habitants de Nazareth des paroles de salut
devenait ainsi pour eux une occasion involontaire de ruine spirituelle. Mais pourquoi fermaient-ils les yeux à
la lumière ? Pourquoi commettaient-ils de gaieté de cœur le « péché contre l’Esprit-Saint ? ».
Frères et Pères, beaucoup ne cessent de dire - et leurs paroles parviennent à nos oreilles -: "Si nous avions vécu au temps des Apôtres, et si nous avions été jugés dignes de voir le Christ comme eux, nous serions aussi devenus des saints comme eux." Ils ignorent qu'il est le même, lui qui parle, maintenant comme alors, dans tout l'univers. Car s'il n'était pas le même jadis et maintenant, identiquement Dieu à tous égards, par ses opérations et par ses rites, comment le Père se montrerait-il toujours présent dans le Fils, et le Fils dans le Père, par l'Esprit, puisque le Christ dit: Mon Père est à l'oeuvre jusqu'à maintenant, et moi aussi je suis à l'oeuvre (Jn 5,17)?
Mais quelqu'un dira peut-être: "Ce n'est pas la même chose de l'avoir vu lui-même corporellement, en ce temps-là, ou d'entendre uniquement ses paroles aujourd'hui et recevoir un enseignement sur lui et sur son Royaume. Et je réponds: "La situation actuelle n'est sûrement pas la même que celle d'alors, mais c'est la situation d'aujourd'hui, de maintenan t, qui est beaucoup plus heureuse. Elle nous conduit plus facilement à une foi et une conviction plus profondes que le fait de l'avoir vu et entendu alors corporellement. "
Alors, en effet, c'était un homme qui apparaissait aux Juifs sans intelligence, un homme d'humble condition; mais maintenant c'est un Dieu véritable qui nous est prêché. Alors, il fréquentait corporellement les publicains et les pécheurs et mangeait avec eux; mais maintenant il est assis à la droite de Dieu le Père, n'ayant jamais été séparé de lui en aucune manière. Nous croyons qu'il nourrit le monde entier et nous disons, si du moins nous sommes croyants, que sans lui rien ne s'est fait. Alors, même les gens de rien le méprisaient en disant: N'est-il pas le fils de Marie (Mc 13,15) et de Joseph (Lc 4,22), le charpentier (Mt 13,55)? Mais maintenant les rois et les princes l'adorent comme le Fils du vrai Dieu, et vrai Dieu lui-même, et il a glorifié et glorifie ceux qui l'adorent en esprit et en vérité, même s'il les corrige souvent quand ils pèchent. Eux qui étaient d'argile, il les rend de fer, les plaçant au-dessus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Alors, il était tenu pour un homme corruptible et mortel parmi tous les autres. Dieu sans forme et invisible, il a reçu, sans subir d'altération ni de changement, une forme dans un corps humain et s'est montré totalement homme, en n'offrant aux regards rien de plus que les autres hommes. Mais il a mangé, bu, dormi, transpiré et s'est fatigué; il a fait tout ce que font les hommes, excepté le péché.
C'était une grande chose de reconnaître et de croire qu'un homme pareil était Dieu, celui qui a fait le ciel même, la terre et tout ce qu'ils contiennent. C'est pourquoi, lorsque Pierre a dit: Tu es le Fils du Dieu vivant, le Maître l'a déclaré bienheureux en ces termes: Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas: ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela - c'est-à-dire qui te l'ont fait voir et dire - mais mon Père qui est aux cieux (Mt 16,16-17).
Ainsi, celui qui actuellement écoute chaque jour Jésus proclamer et annoncer par les saints évangiles la volonté de son Père béni, sans lui obéir avec crainte et tremblement et sans garder ses commandements, n'aurait pas plus accepté alors de croire en lui, absolument pas, même s'il avait été présent, s'il l'avait vu lui-même et entendu prêcher. Il est même à craindre que, dans sa totale incrédulité, il l'aurait regardé comme un ennemi de Dieu, non comme le vrai Dieu, et l'aurait blasphémé.
Mais quelqu'un dira peut-être: "Ce n'est pas la même chose de l'avoir vu lui-même corporellement, en ce temps-là, ou d'entendre uniquement ses paroles aujourd'hui et recevoir un enseignement sur lui et sur son Royaume. Et je réponds: "La situation actuelle n'est sûrement pas la même que celle d'alors, mais c'est la situation d'aujourd'hui, de maintenan t, qui est beaucoup plus heureuse. Elle nous conduit plus facilement à une foi et une conviction plus profondes que le fait de l'avoir vu et entendu alors corporellement. "
Alors, en effet, c'était un homme qui apparaissait aux Juifs sans intelligence, un homme d'humble condition; mais maintenant c'est un Dieu véritable qui nous est prêché. Alors, il fréquentait corporellement les publicains et les pécheurs et mangeait avec eux; mais maintenant il est assis à la droite de Dieu le Père, n'ayant jamais été séparé de lui en aucune manière. Nous croyons qu'il nourrit le monde entier et nous disons, si du moins nous sommes croyants, que sans lui rien ne s'est fait. Alors, même les gens de rien le méprisaient en disant: N'est-il pas le fils de Marie (Mc 13,15) et de Joseph (Lc 4,22), le charpentier (Mt 13,55)? Mais maintenant les rois et les princes l'adorent comme le Fils du vrai Dieu, et vrai Dieu lui-même, et il a glorifié et glorifie ceux qui l'adorent en esprit et en vérité, même s'il les corrige souvent quand ils pèchent. Eux qui étaient d'argile, il les rend de fer, les plaçant au-dessus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Alors, il était tenu pour un homme corruptible et mortel parmi tous les autres. Dieu sans forme et invisible, il a reçu, sans subir d'altération ni de changement, une forme dans un corps humain et s'est montré totalement homme, en n'offrant aux regards rien de plus que les autres hommes. Mais il a mangé, bu, dormi, transpiré et s'est fatigué; il a fait tout ce que font les hommes, excepté le péché.
C'était une grande chose de reconnaître et de croire qu'un homme pareil était Dieu, celui qui a fait le ciel même, la terre et tout ce qu'ils contiennent. C'est pourquoi, lorsque Pierre a dit: Tu es le Fils du Dieu vivant, le Maître l'a déclaré bienheureux en ces termes: Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas: ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela - c'est-à-dire qui te l'ont fait voir et dire - mais mon Père qui est aux cieux (Mt 16,16-17).
Ainsi, celui qui actuellement écoute chaque jour Jésus proclamer et annoncer par les saints évangiles la volonté de son Père béni, sans lui obéir avec crainte et tremblement et sans garder ses commandements, n'aurait pas plus accepté alors de croire en lui, absolument pas, même s'il avait été présent, s'il l'avait vu lui-même et entendu prêcher. Il est même à craindre que, dans sa totale incrédulité, il l'aurait regardé comme un ennemi de Dieu, non comme le vrai Dieu, et l'aurait blasphémé.
«Est-ce qu'il n'est pas le frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon? Et ses soeurs ne sont-elles pas ici parmi nous ?» Ils attestent que les frères et les soeurs de Jésus sont avec lui; gardons-nous de voir dans ces frères et dans ces soeurs les enfants de Marie, comme le veulent les hérétiques, ce sont simplement ses parents, suivant la manière de s'exprimer de l'Ecriture; c'est ainsi qu'Abraham et Loth sont appelés frères ( Gn 13 ), parce que Loth était le fils du frère d'Abraham. «Et ils se scandalisaient de lui». Le scandale et l'erreur des Juifs sont pour nous une occasion de salut, et, pour les hérétiques, un sujet de condamnation. Leur mépris pour Notre-Seigneur Jésus-Christ allait jusqu'à l'appeler charpentier et fils de charpentier: «Mais Jésus leur disait: Un prophète n'est sans honneur que dans sa patrie», etc. Notre-Seigneur Jésus-Christ est souvent appelé prophète dans les Écritures, au témoignage de Moïse, qui prédisant l'Incarnation future du Fils de Dieu, s'exprime de la sorte: «Le Seigneur vous suscitera un prophète du milieu de vos frères». Et ce n'est pas seulement le Seigneur des prophètes, mais Elie, mais Jérémie, et les autres prophètes, qui ont été moins considérés dans leur pays que parmi les étrangers, tant il est naturel aux concitoyens de se jalouser entre eux. Ils n'ont aucune considération pour les oeuvres actuelles d'un homme, et ne se souviennent que des faiblesses de son enfance.