Marc 6, 14
Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Le roi Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée et de la Pérée. Voir Matthieu, 14, 1.
Hérode entendit parler... Le complément, quoique omis, se supplée sans peine. Ce qu’Hérode
apprit, ce furent, directement, les miracles accomplis par les Apôtres à travers les bourgades galiléennes,
puis, à cette occasion, les œuvres de Jésus lui-même, que chacun savait être leur Maître. Toute la contrée
retentissait donc alors de son nom béni. Sa réputation franchit jusqu’au seuil de la cour ! — Le roi Hérode. S.
Matthieu et S. Luc disent plus exactement « Hérode le tétrarque » ; car cet Hérode, dont le surnom était
Antipas, ne fut jamais roi d’une manière proprement dite, malgré l’ardent désir qu’il avait d’en porter le
nom, malgré les démarches officielles qu’il fit à Rome dans ce but : tétrarque, tel était son vrai titre. Mais S.
Marc l’appelle roi dans le sens large et populaire de cette expression : de fait, Antipas exerçait vraiment en
Galilée une autorité royale. C’est le second des Hérode mentionnés dans le Nouveau Testament [308] : il
était fils d’Hérode-le-Grand. — Et il disait. C’est à ses courtisans, à ses serviteurs, qu’il communiqua le
sentiment que nous allons entendre. Cf. Matth. 14, 2. — Jean-Baptiste est ressuscité… Devenu depuis
quelque temps le meurtrier de Jean-Baptiste, le tétrarque avait l’imagination hantée constamment par le
spectre de sa victime. Il est donc naturel qu’au seul bruit des miracles de Jésus, il se soit persuadé que Jean
était ressuscité d’entre les morts et, sous une forme nouvelle, revenu en Galilée pour y continuer son
ministère avec une puissance encore plus grande qu’avant sa mort. — Il se fait par lui des miracles : des
forces miraculeuses sont énergiques en lui, agissent par lui.
La GloseLe récit de la prédication des Apôtres et des miracles que le Sauveur opérait, amène naturellement l'Évangéliste à parler de la réputation de Jésus qui se répandait parmi le peuple: «Or, le roi Hérode entendit parler de lui».
«Car son nom était devenu célèbre». Il n'est pas permis en effet de cacher la lampe sous le boisseau. «Et Hérode disait: Jean-Baptiste est ressuscité d'entre les morts; c'est pourquoi des miracles sont opérés par lui». Nous pouvons voir ici combien grande fut l'envie des Juifs. Jean-Baptiste n'a fait aucun miracle, au témoignage de saint Jean l'Évangéliste, et les Juifs, sans aucune preuve, croient qu'il est ressuscité; mais pour Jésus, au contraire, que Dieu avait rendu célèbre p ar toutes sortes de prodiges, de miracles, et à la résurrection duquel les anges, les apôtres, les hommes et les femmes avaient rendu témoignage, plutôt que de croire à sa résurrection, ils ont mieux aimé se l'expliquer en disant qu'on avait secrètement enlevé son corps. Ils attribuent à Jean-Baptiste ressuscité d'entre les morts l'opération des miracles, et en cela ils ont une juste idée de la résurrection qui doit revêtir les saints d'une plus grande puissance que celle qu'ils avaient sur la terre, lorsqu'ils étaient encore sous le poids de l'infirmité de la chair.
Cet Hérode était le fils du premier Hérode, sous le règne duquel Joseph avait emmené Jésus en Egypte. Saint Matthieu et saint Luc lui donnent le nom de tétrarque, parce qu'il n'avait plus à gouverner que la quatrième partie du royaume de son père, les Romains, après la mort d'Hérode, son père, ayant divisé son royaume en quatre parties. Saint Marc, au contraire, lui donne le titre de roi, en se conformant à l'usage des Juifs qui l'appelaient ainsi, parce qu'ils avaient donné ce nom à son père, ou parce qu'ils savaient que cela lui était agréable.
Ils veulent ici parler de ce prophète dont Moïse a dit: «Dieu vous suscitera un prophète du milieu de vos frères». Cette idée était juste; mais les Juifs ne tenaient ce langage que parce qu'ils craignaient d'avouer ouvertement que Jésus était le Christ. Ils invoquent le témoignage de Moïse comme pour couvrir le soupçon qu'ils avaient de la divinité de Jésus-Christ, par crainte de ceux qui étaient à leur tête. «Ce qu'Hérode ayant entendu, il dit: Jean, que j'ai décapité, est ressuscité d'entre les morts». Hérode parle ainsi par ironie.