Marc 5, 34

Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Catéchisme de l'Église catholique
Souvent Jésus demande aux malades de croire (cf. Mc 5, 34. 36 ; 9, 23). Il se sert de signes pour guérir : salive et imposition des mains (cf. Mc 7, 32-36 ; 8, 22-25), boue et ablution (cf. Jn 9, 6 s). Les malades cherchent à le toucher (cf. Mc 1, 41 ; 3, 10 ; 6, 56) " car une force sortait de lui qui les guérissait tous " (Lc 6, 19). Ainsi, dans les sacrements, le Christ continue à nous " toucher " pour nous guérir.
Louis-Claude Fillion
Ma fille. Douce appellation, qui dut rassurer et calmer sur-le-champ l’hémorrhoïsse. C’est la seule fois que nous voyons Jésus donner ce nom à une femme dans l’Évangile. — Ta foi t’a sauvée… Le Sauveur met en relief la foi de la malade, qui avait été comme l’instrument et le canal de la guérison. — Va en paix. Nous lisons dans le texte grec : « Entre dans la paix ! ». Que la paix soit désormais l’élément de ta vie ! Les Hébreux disaient de même : לשלום. Cf. 1R 1, 17 ; 2R 15, 9. Cf. Jc 11, 46 ; Ac 16, 36. On lira avec intérêt l’article « In pace » dans le Dictionnaire des Antiquités chrétiennes de M. l’abbé Martigny. Cette formule, d’origine juive, inconnue aux païens, a été adoptée par les chrétiens pour exprimer des pensées variées. — Sois guérie… Par ces mots, Jésus confirme la guérison de l’hémorrhoïsse ; il ratifie solennellement le bienfait qu’elle avait cherché à lui ravir d’une manière subreptice. « Sois » a le sens de : « Sois définitivement », ce qui faisait dire à Bengel : « Après une longue misère, un bénéfice durable » [286].
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il lui dit: «Allez en paix», c'est-à-dire: Soyez en repos, comme s'il lui disait: Allez, jouissez maintenant de la paix et du repos, vous qui jusqu'ici avez été dans les angoisses et les tourments.

On peut encore, dans cette hémorrhoïsse, voir la nature humaine; car le péché, en nous donnant la mort, coulait pour ainsi dire en répandant le sang de notre âme. Un grand nombre de médecins (c'est-à-dire les sages de ce monde) avaient inutilement cherché à guérir cette femme. La loi et les prophètes avaient été également impuissants; mais dès qu'elle a touché le bord du vêtement (c'est-à-dire la chair) de Jésus-Christ, elle est aussitôt guérie; car toucher le bord des vêtements du Sauveur, c'est croire au Fils de Dieu incarné.
Saint Bède le Vénérable
La question faite par le Sauveur tendait donc à faire avouer à cette femme sa longue infidélité, sa foi soudaine et sa guérison instantanée, et il voulait ainsi la confirmer dans la foi, et la donner en exemple aux autres: «Et il lui dit: Ma fille, votre foi vous a guérie. Allez en paix et soyez délivrée de votre maladie». Il ne lui dit pas: «Votre foi sera la cause de votre guérison, mais elle vous guérit à l'instant, c'est-à-dire: «Du moment que vous avez cru, vous avez été guérie».

Pendant que Notre-Seigneur se dirige vers la maison de Jaïre pour guérir sa fille, la foule le presse de toutes parts; et c'est ainsi qu'au moment où il donne au peuple juif les enseignements du salut, il est comme accablé sous le poids des habitudes coupables de ce peuple charnel. Cette femme qui est atteinte d'une perte de sang et que le Seigneur guérit, représente l'Eglise qui a été formée des nations réunies; car cette perte de sang peut très-bien s'entendre des souillures du culte des idoles et de tous les crimes qui ont pour objet les plaisirs de la chair et du sang. Or, tandis que le Verbe de Dieu se disposait à sauver le peuple juif, le peuple des nations, plein d'une ferme espérance, dérobe pour ainsi dire le salut préparé et promis à d'autres.
Saint Augustin
Il faut donc entendre que la résurrection de la fille du chef de la synagogue eut lieu après que Jésus eut de nouveau repassé la mer; mais combien de temps après, on ne le voit pas clairement. S'il n'y avait a ucun intervalle, on ne saurait où placer le festin que saint Matthieu donna dans sa maison, et auquel succède immédiatement la résurrection de la fille du chef de la synagogue. En effet, cet Évangéliste a tellement lié les différentes parties de son récit, que la transition elle-même indique clairement que ce fait a eu lieu dans l'ordre qu'il lui assigne dans sa narration (

Il s'attache moins aux paroles de cet homme qu'à la pensée qui remplissait son âme, car il avait tellement perdu tout espoir que ce qu'il désirait, c'était de la voir rendre à la vie, et il ne croyait pas que le Sauveur pût trouver encore vivante celle qu'il avait laissée presque mourante.
Saint Jérôme
Dans le sens mystique, Jaïre, chef de la synagogue, vient à Jésus après la guérison de cette femme, et il représente le peuple d'Israël qui sera sauvé, lorsque la plénitude des nations sera entrée dans l'Eglise ( Rm 11). Le nom de Jaïre signifie qui illumine ou qui est illuminé, et il figure le peuple juif qui, sorti des ombres de la lettre, est inondé des lumières de l'Esprit saint, se prosterne aux pieds de Jésus-Christ (c'est-à-dire s'humilie devant l'incarnation du Verbe), et le prie de rendre la vie à sa fille, car celui qui a la vie en lui-même cherche à communiquer la vie aux autres. C'est ainsi qu'Abraham, Moïse et Samuel prient pour leur peuple frappé de mort spirituelle, et Jésus se rend à leurs prières.
Saint Jean Chrysostome
Cette femme avait une espèce de célébrité et était connue de tous; c'est pourquoi elle n'osait approcher publiquement du Sauveur, ni se présenter devant lui, parce que la loi la déclarait immonde. Elle s'approche donc par derrière et en secret, parce qu'elle n'osa it le faire ouvertement, et encore ne touche-t-elle pas le vêtement, mais la frange du vêtement du Sauveur; ce n'est pas du reste la frange du vêtement, mais ses dispositions intérieures qui ont été la cause de sa guérison.

Il l'appelle sa fille, parce que c'est la foi qui a été le principe de sa guérison, et que c'est la foi en Jésus-Christ qui nous fait enfants de Dieu.