Marc 5, 30
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
Les vv. 30-34 décrivent d’une façon
dramatique une petite scène qui eut lieu aussitôt après ce grand prodige. — Jésus, connaissant en lui-même.
L’hémorrhoïsse a senti qu’elle était guérie : Jésus aussi a éprouvé quelque chose de particulier, qui lui a fait
connaître ce qui venait de se passer. Mais ce quelque chose n’était pas une sensation corporelle. C’était une perception intellectuelle ; c’était le regard divin et prophétique par lequel Jésus-Christ, en tant
qu’Homme-Dieu, suivait jusque dans leur derniers résultats ses opérations les plus secrètes. Voilà comment il
sut que ce n’était pas la foule qui l’avait touché par mégarde, mais qu’il avait été l’objet d’un contact spécial,
dont l’effet instantané avait été un miracle. Cf. Luc 8, 46. Y a-t-il en cela de quoi effaroucher les
rationalistes ? Où voient-ils, dans les récits parallèles de S. Marc et de S. Luc, des traces de ce magnétisme
grâce auquel Jésus aurait accompli les cures les plus merveilleuses, parfois malgré lui et sans en avoir
conscience ? L’écrivain sacré distingue nettement la connaissance du miracle telle qu’elle fut produite dans
l’esprit de la malade et dans la sainte âme de Jésus. La femme « connut par son corps », Jésus « connut en
lui-même ». Pour lui, il n’est plus question de corps, et le verbe employé par l’Évangéliste indique une
perception tout intime, toute parfaite. — Il en est de même des mots suivants. Vertu ne représente rien de
magique, mais une force divine. Qui était sortie est une figure qui dépeint très bien l’effusion de cette force,
sans qu’il faille y voir le moins du monde je ne sais quelle émanation inconsciente. « La vertu qui demeurait
dans le Christ avait pour effet d’opérer la santé dans la femme ». Cf. Luc 6, 19 ; Jr. 30, 22 ; Rt. 1, 13. — Se
tourna vers la foule. Un de ces gestes du Sauveur si fréquemment notés dans le second Évangile. Jésus se
retourne donc brusquement, et demande d’un air sévère. Qui a touché mes vêtements ? Nul ne le savait
mieux que lui ; mais il voulait manifester la foi de l’hémorrhoïsse, lui accorder ouvertement ce qu’elle lui
avait en quelque sorte dérobé à l’insu de toute l’assistance par une pieuse fraude ; il voulait par là même que
la guérison de cette humble femme devint pour un grand nombre l’occasion de croire en Lui et de s’attacher
à Lui.
Jésus-Christ communique ses vertus et tous les dons de sa bienveillante volonté à tous ceux qui le touchent avec foi: «Et Jésus, connaissant en lui-même la vertu qui était sortie de lui, se retourna au mi lieu de la foule et dit: «Qui est-ce qui a touché mes vêtements ?» Les vertus du Sauveur sortent de sa personne divine, non d'une manière locale ou matérielle, et en cessant de demeurer en lui; comme elles sont incorporelles, elles sortent de lui pour se communiquer aux autres; mais sans cesser d'être dans celui d'où elles sont sorties, comme les connaissances que le docteur communique à ses disciples sans les perdre lui-même. Les paroles qui suivent: «Jésus connaissant en lui-même la vertu qui était sortie de lui», nous apprennent que ce n'est pas à son insu que cette femme fut guérie, mais qu'il le savait fort bien. S'il fait cependant cette question: «Qui m'a touché ?» bien qu'il sut parfaitement que c'était cette femme, c'est pour faire connaître son action, proclamer sa foi, et graver dans l'esprit de tous le souvenir de cette action miraculeuse: «Et ses disciples lui disaient: Vous voyez cette foule qui vous presse de toutes parts et vous dites: Qui m'a touché ?» Le Sauveur avait demandé: «Qui m'a touché ?» c'est-à-dire par les sentiments du coeur et par la foi; car cette foule qui me presse de toutes parts ne me touche pas véritablement, parce qu'elle ne s'approche de moi ni par l'esprit, ni par la foi.