Marc 4, 39

Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.

Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Louis-Claude Fillion
Quelle majesté dans cette attitude de Jésus ! Quelle majesté dans ses paroles ! Tais-toi, calme-toi, s’écria-t-il, parlant à la mer et employant deux verbes synonymes pour imprimer plus d’énergie à son commandement. S. Marc signale seul les paroles du Thaumaturge. Remarquons la gradation qui existe dans les ordres du Sauveur : il commence par menacer le vent, qui était cause de la tempête ; il impose ensuite silence aux flots courroucés, les réprimandant comme un maître fait ses écoliers rebelles. Il y a là deux belles personnifications des forces de la nature. — Et le vent cessa : dans le grec, ἐκόπασεν, mot extraordinaire, qui n’est employé qu’à trois reprises dans le Nouveau Testament (ici, Marc 6, 51 et Matth. 14, 32) et qui indique un repos provenant d’une sorte de lassitude. — Il se fit un grand calme : le verbe grec correspondant s’applique spécialement au calme de la mer et des lacs. Le vent s’est soumis à la parole toute-puissante de Jésus : les flots obéissent à leur tour, et, contrairement à ce qui se passe d’ordinaire en pareil cas, reprennent aussitôt un équilibre parfait. Quand Jésus guérissait les malades, il n’y avait pas de convalescence ; quand il apaise une tempête, il l’arrête brusquement sans transition.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Et le Sauveur s'éveillant, parla en maître, d'abord au vent qui soulevait cette tempête et agitait les flots: «Et, se levant, il parla au vent avec menaces»; puis à la mer: «Et il dit à la mer: Tais-toi et calme ta fureur».
La Glose
L'agitation des flots produit un bruit qui est comme la voix de la mer annonçant un danger. C'est donc avec raison que le Sauveur, dans un langage métaphorique, pour ramener le calme, ordonne à la mer de se taire; de même, pour réprimer la violence des vents qui bouleversent la mer, il leur fait comme des menaces, suivant l'expression de l'Évangéliste. C'est ainsi que les dépositaires de l'autorité, par la menace des châtiments, imposent un frein aux perturbateurs de la tranquillité publique. Le Sauveur agit donc ici comme un so uverain qui fait usage de menaces contre des sujets turbulents, et qui, par de sages édits, met un terme aux murmures des rebelles. Roi de toutes les créatures, il enchaîne, par sa parole menaçante la violence des vents, et contraint la mer de rentrer dans le silence. Ses paroles sont aussitôt suivies de leur effet: «Et le veut cessa (sur la menace qui lui était faite), et il se fit un grand calme».