Marc 4, 3
« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
Écoutez ! Le Sauveur
commence la série de ses paraboles relatives au royaume des cieux par cette apostrophe vive et solennelle,
qui n’a été conservée que par S. Marc. Écoutez ! Ce mot n’était pas de trop en pareille circonstance, puisque
Jésus allait employer un discours voilé, figuré, dont l’intelligence présenterait de grandes difficultés. — Le
semeur sortit pour semer. Après nous avoir mis en quelque sorte sous les yeux l’auditoire et le Prédicateur,
v. 1, après avoir précisé le genre d’enseignement adopté par ce dernier, v. 2, l’Évangéliste signale trois des
paraboles proposées ce jour-là même par Jésus. La première, celle du Semeur, décrit les débuts pénibles du
royaume de Dieu sur la terre : mille difficultés l’environnent alors, et empêchent son avènement dans un
grand nombre de cœurs. La seconde parabole, celle du champ de blé, montre comment, en dépit de ces
difficultés, le royaume messianique se développe et croît sûrement, quoique d’une manière lente et
silencieuse. La troisième enfin, celle du sénevé, nous présente l’empire du Christ, le Semeur par excellence,
parvenu à une merveilleuse diffusion et presque à un établissement parfait.
Ou bien il sortit pour semer, c'est-à-dire qu'après avoir appelé à la foi la partie de là synagogue qu'il avait prédestinée, il alla répandre les dons de sa grâce sur les Gentils, qu'il avait également appelés à croire en lui.
Il n'est point sorti en changeant de lieu, puisqu'il est présent dans tous les lieux et les remplit de son immensité. Cette expression signifie simplement l'économie divine, d'après laquelle, dans son Incarnation, le fils de Dieu s'est comme rapproché de nous, en se revêtant de notre chair. Nous ne pouvions aller à lui, retenus que nous étions par les liens de nos péchés; il est venu lui-même à nous; il est venu jeter la semence de son amour, qu'il a répandue avec profusion. «Celui qui sème sortit pour semer». Ne voyons pas, dans cette répétition, une redondance inutile, car le semeur sort, tantôt pour semer, tantôt pour préparer la terre à de nouvelles semail les, ou bien pour arracher les mauvaises herbes, ou enfin pour quelqu'autre travail de ce genre; mais Jésus-Christ est sorti pour semer.