Marc 4, 29

Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Pape Saint Jean-Paul II
Dans ce grand effort pour une nouvelle culture de la vie, nous sommes soutenus et animés par l'assurance de savoir que l'Evangile de la vie, comme le Royaume de Dieu, grandit et donne des fruits en abondance (cf. Mc 4, 26-29). Certes, la disproportion est énorme entre les moyens considérables et puissants dont sont dotées les forces qui travaillent pour la « culture de la mort » et les moyens dont disposent les promoteurs d'une « culture de la vie et de l'amour ». Mais nous savons pouvoir compter sur l'aide de Dieu, à qui rien n'est impossible (cf. Mt 19, 26).
Concile œcuménique
Le mystère de l’Église sainte se manifeste en sa fondation. En effet, le Seigneur Jésus posa le commencement de son Église en prêchant l’heureuse nouvelle, l’avènement du règne de Dieu promis dans les Écritures depuis les siècles : « que les temps sont accomplis et que le Royaume de Dieu est là » (Mc 1, 15 ; Mt 4, 17). Ce Royaume, il brille aux yeux des hommes dans la parole, les œuvres et la présence du Christ. La parole du Seigneur est en effet comparée à une semence qu’on sème dans un champ (Mc 4, 14) : ceux qui l’écoutent avec foi et sont agrégés au petit troupeau du Christ (Lc 12, 32) ont accueilli le Royaume lui-même ; puis, par sa propre vertu, la semence germe et croît jusqu’au temps de la moisson (cf. Mc 4, 26-29). Les miracles de Jésus confirment également que le Royaume est déjà venu sur la terre : « si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé parmi vous » (Lc 11, 20 ; Mt 12, 28). Avant tout cependant, le Royaume se manifeste dans la personne même du Christ, Fils de Dieu et Fils de l’homme, « venu pour servir et donner sa vie en rançon d’une multitude » (Mc 10, 45).
Louis-Claude Fillion
Et lorsque le fruit est mûr. La Peschito syriaque traduit : « Quand les fruits donneront grassement du retour », et la version de Philoxène : « Lorsque le fruit sera parfait ». Le récit suppose donc que le blé est parfaitement mûr et qu’il est temps de le moissonner. — Aussitôt on y met la faucille, latinisme de S. Marc, ou plutôt hébraïsme de Jésus lui-même. Cf. Jl 3.13 ; שלחו מגל. La faucille est mentionnée encore dans un autre passage du Nouveau Testament, que nous citons en entier parce qu’il peut nous aider à mieux comprendre celui-ci ; « Et je vis : et voilà une nuée blanche et, assis sur la nuée, quelqu’un de semblable au Fils de l’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, et en sa main une faux tranchante. Et un… ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée ; Lance ta faux et moissonne, car l’heure de moissonner est venue, parce que la moisson de la terre est sèche. Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faux sur la terre, et la terre fut moissonnée ». Ap 14, 14-16. Dans notre parabole, comme dans ces lignes de l’Apocalypse, la moisson représente donc l’époque de la fin du monde. Voici maintenant la signification générale de cette gracieuse histoire de la semence qui croît secrètement. On peut sans doute l’appliquer à chaque âme individuelle et à l’influence qu’y exerce la parole divine prêchée par les ministres de l’Évangile. Alors la morale serait : « Moi (Paul), j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance », 1Co 3, 6. Le prédicateur sème le bon grain, mais ce n’est pas lui qui le fait germer. Qu’il n’ait donc pas de préoccupation humaine au sujet de son développement : qu’il évite de s’inquiéter outre mesure, de s’impatienter, si la croissance n’est pas aussi rapide qu’il le souhaiterait, car « la semence se développe à son insu ». Ce premier sens est évidemment contenu dans la parabole, et il est à coup sûr très consolant pour nous, puisqu’il nous montre l’énergie secrète, énergie pourtant très réelle, de la parole divine, qui lui fait produire des effets merveilleux quoique invisibles. Toutefois, on doit admettre aussi un autre sens plus universel, qui répond directement aux intentions premières de Jésus. En effet, puisque cette parabole est rangée parmi celles qui traitent du royaume des cieux, il est manifeste par là -même qu’elle doit s’appliquer avant tout à l’Église, à l’empire messianique considéré dans son ensemble. À ce point de vue, ainsi qu’il a été dit dans la note du v. 26, c’est par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même que la semence a été jetée : c’est par lui que la moisson sera faite à la fin des temps. Entre ces deux époques, le grain qui représenta l’Évangile se développe lentement, d’une manière indépendante de l’action humaine ; mais il se développe sûrement, il a ses évolutions successives, ses progrès magnifiques, qui font que l’Église du Christ, d’abord semblable à l’humble gazon qui sort timidement du sol, devient ensuite peu à peu un riche épi, qui se courbe sous le poids du blé qu’il contient. Ainsi comprise, cette parabole ajoute réellement une idée neuve aux sept autres (Voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 13-52), et c’est pour cela que l’Esprit Saint nous l’a conservée par l’intermédiaire de S. Marc.
Saint Jérôme
Le royaume de Dieu, c'est son Eglise qu'il dirige lui-même, et qui à son tour dirige les hommes et foule aux pieds les vices et les puissances qui s'opposent à son action.

Ces paroles: «Sans qu'il sache comment», sont une expression figurée, c'est-à-dire que Jésus-Christ nous laisse ignorer qui de nous portera du fruit jusqu'à la fin.

Cette herbe, c'est la crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse ( Ps 110): «Puis un épi», c'est-à-dire la pénitence avec ses larmes; et enfin le blé qui remplit l'épi, c'est-à-dire la charité, car la charité est le parfait accomplissement de la loi ( Rm 13) .

La faux, c'est la mort ou le jugement qui tranche tout; la moisson, c'est la fin et la consommation des siècles.
Saint Jean Chrysostome
Ou bien l'herbe qui pousse d'abord, c'est le fruit de la loi de nature qui ne se développe que lentement; plus tard se montrent les épis qui seront réunis en gerbes et offerts à l'autel du Seigneur sous la loi de Moïse; enfin sous l'influence de l'Évangile, le fruit parvient à sa maturité. On peut dire encore que nous devons non seulem ent nous couvrir des feuilles de l'obéissance, mais par la pratique de la prudence nous tenir droits et fermes comme la tige de l'épi, sans aucun souci des vents qui nous agitent. Enfin, nous devons nous appliquer, aidés du secours de la mémoire, à faire produire à notre aine des fruits comme l'épi chargé de grains, c'est-à-dire le développement complet de la vertu.