Marc 4, 28
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Car la terre produit d’elle-même. « D’elle même » est le mot important du récit. Il
exprime admirablement bien la spontanéité avec laquelle le sein de la terre fait fructifier les semences qu’on
lui confie. Aussi les classiques grecs et le juif Philon l’emploient-ils dans le même sens que notre
Évangéliste, pour montrer qu’après les semailles la terre agit indépendamment de l’homme et de sa
coopération. On ne le rencontre qu’en un seul autre endroit du Nouveau Testament, Ac 12, 10. — D’abord
l’herbe, ensuite l’épi… Belle gradation, copiée d’après nature et qui nous montre les trois principaux états
par lesquels passent les céréales et tous les autres végétaux du même genre, entre le temps des semailles et
celui de la moisson. Il y a d’abord l’enfance représentée par le frais gazon qui sort de terre, la jeunesse que
figure l’épi sortant vigoureux de sa gaine, enfin la maturité, l’état parfait. Car, d’après le vieux proverbe. « la
nature ne fait rien par saut ». Il en est de même dans le règne spirituel.
La semence produit d'abord de l'herbe, c'est le commencement du bien; puis un épi, c'est la résistance aux tentations; puis le blé qui remplit l'épi, c'est l'oeuvre arrivée à sa perfection.
Ou bien cette expression: «Sans qu'il le sache» nous apprend la liberté laissée à ceux qui reçoivent la parole. Il confie à notre volonté l'oeuvre de notre salut; il ne produit pas seul tout le bien dans notre âme, afin qu'elle ne paraisse pas l'accomplir involontairement; aussi ajoute-t-il: «La terre produit d'elle-même», c'est-à-dire notre âme n'est pas contrainte à produire des fruits, et sa volonté concourt à sa fécondité: «Elle produit d'abord de l'herbe».