Marc 3, 4
Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient.
Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient.
Puis il leur dit, au présent, de même dans les vv. 3 et
5. S. Marc raconte la scène d’une façon vivante et dramatique : on croirait encore y assister. — Est-il
permis… D’après S. Matthieu, ce seraient les Pharisiens qui auraient eux-mêmes demandé à Jésus : Est-il
permis de guérir en un jour du Sabbat ? L’accord se fait aisément entre les deux narrations, si l’on admet que le Sauveur répondit à leur question par une contre-question analogue. Il employait volontiers cette tactique
pour mettre dans l’embarras ses interrogateurs insidieux. Mais la contre-question est arrangée de telle sorte
qu’elle résout vraiment le problème proposé. — De faire du bien ou du mal . Dilemme habile, proposé sous
une forme abstraite : bien faire ou mal faire en général, ou mieux encore, faire du mal ou du bien. — De
sauver la vie ou de l’ôter. C’est la même alternative, exprimée sous la forme concrète, et plus directement
appliquée à la situation actuelle. « Anima », de même que l’hébreu נפש, ne désigne pas ici l’âme proprement
dite, mais la vie, toute créature vivante. « Ôter », en grec ἀποκτεῖναι, tuer. Jésus va faire le bien et sauver ;
les Pharisiens et les Scribes, en ce même jour (Cf. v. 6), vont former de noirs projets d’homicide. Qui d’entre
eux profanera le Sabbat et son repos ? Ainsi donc, d’après la vigoureuse argumentation du divin Maître, bien
faire et mal faire sont des choses générales, indépendantes des circonstances de temps ; guérir est une bonne
œuvre, qui convient très bien pour un jour sanctifié. « S’il est permis de faire le bien en un jour de sabbat,
c’est en vain que vous m’épiez ; si cela est défendu, alors Dieu transgresse ses propres lois, puisque, même
aux jours de Sabbat, il permet au soleil de se lever, à la pluie de tomber, à la terre de porter des fruits » (Cat.
græc. in Marc.). — Mais ils se taisaient. Ils sont saisis entre les tenailles du dilemme, et, pour éviter de se
compromettre en répondant, ils préfèrent garder un humiliant silence qui les condamne. S. Marc a seul noté
ce trait saisissant. — Voir dans S. Matthieu, Matth. 12, 41, 42, un argument « ad hominem » adressé par
Jésus aux Pharisiens.
Pour prévenir la calomnie que les Juifs s'apprêtaient à diriger contre lui, Jésus va les convaincre de violer la loi par leur interprétation coupable. Il leur dit donc «Est-il permis le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal?» Il leur adresse cette question, parce qu'ils s'imaginaient que le jour du sabbat il fallait s'abstenir même des bonnes actions, bien que la loi n'interdisait que les mauvaises ( Lv 23): «Vous ne ferez en ce jour-là aucune oeuvre servile», c'est-à-dire aucun péché., puisque celui qui fait le péché est esclave du péché ( Jn 8, 34). Cette question préliminaire: «Est-il permis de faire le bien ou de faire du mal», est la même que celle qui suit: «De sauver une âme ou de la perdre ?» C'est-à-dire de guérir un homme ou non? Non pas que Dieu, souverainement bon, puisse être l'auteur de notre perdition, mais parce que dans le langage de l'Ecriture, pour Dieu, ne pas sauver, c'est perdre. Maintenant, si l'on s'étonne que le Seigneur, sur le point d'opérer une guérison corporelle, parle du salut de l'âme, qu'on se rappelle que dans l'Ecriture, l'âme désigne l'homme tout entier, comme dans ces paroles: «Voici les âmes qu'engendra Jacob. «On peut dire encore que Jésus opérait ces miracles en vue du salut de l'âme, ou bien enfin que la guérison de cette main desséchée était la figure de la guérison de l'âme.