Marc 3, 22
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Les scribes qui étaient
descendus de Jérusalem… Ces Scribes étaient-ils les mêmes que ceux dont il a été question dans la guérison
miraculeuse du paralytique, Marc 2, 6, cf. Luc 5, 17 ? ou bien formaient-ils une nouvelle députation ? Les
deux hypothèses sont soutenables. Quoi qu’il en soit, ce sont des ennemis déclarés de Jésus. Une malice
infâme les anime contre lui : il leur suffit d’ouvrir la bouche pour le montrer. — Disaient : Il est possédé de
Béelzébub… D’après Matth. 11, 22 et s., cf. Luc 10, 14, le Sauveur avait guéri en leur présence un possédé
qui était sourd et muet. Bien loin de voir, comme la foule, le doigt de Dieu dans ce prodige, ils osent profiter
de cette occasion pour formuler contre le Thaumaturge la plus noire calomnie : Il est possédé de Béelzébub,
et c’est au nom du prince des démons qu’il expulse les démons ! C’est ainsi que, ne pouvant nier la réalité de
ses miracles, ils font du moins tous leurs efforts pour amener le peuple à croire qu’ils sont impurs et même
sataniques dans leur source. M. Schegg cite fort à propos en cet endroit les deux proverbes : « Calomnier
audacieusement enfonce toujours ses clous solidement. Le glaive coupe, la calomnie sépare les amis ». —
Sur le nom de Béelzébub, appliqué au prince des démons, voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 10, 25.
M. Reuss propose une nouvelle étymologie, savoir les mots syriaques « Beël debôbo », maître de l’inimitié,
c’est-à-dire l’ennemi par excellence [238]. Nous nous en tenons à celle que nous avons précédemment
adoptée. — L’expression « Il est possédé de Béelzébub » est spéciale à S. Marc : elle a une très grande
énergie, et désigne une alliance intime de Jésus avec l’esprit mauvais.
Il y a du reste une grande différence entre ceux qui ne comprennent point la parole de Dieu, par suite de la lenteur de leur intelligence, tels qu'étaient ceux dont il est ici question, et ceux qui comprenant très-bien cette divine parole, la poursuivent sciemment de leurs blasphèmes, comme le firent ceux dont l'Évangéliste ajoute: «Et les scribes qui étaient venus de Jérusalem», etc. Ils s'efforcent en effet de dénaturer par une interprétation maligne les faits qu'ils ne pouvaient nier, comme si ces faits n'étaient pas l'oeuvre de la divinité, mais qu'ils eussent pour auteur le plus immonde des esprits, Béelzébub, qui était le dieu d'Accaron; car Beel a le môme sens que Baal, et zébub signifie mouche. Béelzébub signifie doue l'homme des mouches, à cause des souillures qu'elles laissaient sur le sang immolé, à ce faux dieu. Cette infâme dénomination de prince des démons, ils la donnaient à Notre-Seigneur lui-même, en ajoutant: «Il chasse les démons au nom du prince des démons».
Les scribes qui viennent de Jérusalem blasphèment, mais la foule qui en vient également suit le Seigneur aussi bien que les Juifs, et les Gentils qui vinrent des autres contrées. C'est ce qu'on devait voir encore au temps de la passion, où le peuple juif le conduirait en triomphe à Jérusalem des palmes dans les mains et en célébrant ses louanges, les Gentils demanderaient à le voir, tandis que les scribes et les pharisiens machineraient sa mort.
Dans le sens mystique, cette maison à laquelle ils viennent, c'est la primitive Eglise. La foule qui empêche de manger le pain, ce sont les péchés et les vices: car celui qui mange ce pain indignement, mange et boit sa condamnation. ( 1Co 11 )
Les chefs de la nation étaient pleins d'une superbe ingratitude, et ne pouvaient, à cause de leur orgueil, parvenir à la connaissance de la vérité. Mais la multitude du peuple, pleine de reconnaissance, vient à Jésus.