Marc 16, 5
En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur.
En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur.
Entrant dans le tombeau. Les sépulcres juifs des
environs de Jérusalem, du moins les plus considérables, consistaient en des chambres plus on moins
profondes, creusées dans le roc [581]. Les saintes femmes purent donc pénétrer dans le tombeau où avait
reposé Jésus. — Elles virent un jeune homme. Ce jeune nomme était évidemment un ange, d’après
l’ensemble du récit ; mais S. Marc a surtout voulu décrire sa forme, son apparition extérieure. De là le nom
de jeune homme qu’il lui donne. Était-ce le même ange qui, selon le récit de S. Matthieu, Matth 28, 2-4, avait
roulé en avant la pierre du sépulcre, et fait fuir les gardiens postés par le Sanhédrin ? Tout porte à le croire. Il
est vrai que l’auteur du premier Évangile nous le montre assis à l’entrée du tombeau et invitant les saintes
femmes à entrer, tandis que, d’après S. Marc, Madeleine et ses compagnes le trouvèrent dans l’intérieur du
sépulcre. Il est également vrai que S. Luc, Luc 24, 4 et ss., parle non d’un seul ange, mais de deux anges qui
seraient apparus aux saintes femmes. Toutefois, ce sont là de simples nuances, qui n’impliquent nullement
une contradiction réelle. Pour concilier les trois narrations, il suffit de rappeler, comme nous l’avons fait en
des circonstances analogues, qu’aucun des Évangélistes n’a voulu tout raconter, mais que chacun d’eux s’est
contenté de noter les circonstances parvenues à sa connaissance, ou qui entraient le mieux dans son plan.
Sans doute, tous les faits qu’ils exposent ont eu lieu tels qu’ils les exposent, mais successivement. De là ce
principe que nous avons déjà mentionné : « Distingue les temps, et l’Écriture concordera ». Voyez le
commentaire de Théophylacte, h. l., et saint Augustin [582]. — Assis du côté droit : à droite par rapport aux
visiteuses ; ou, mieux encore, à droite d’une manière absolue, c’est-à-dire au Sud, d’après la manière des
Juifs. On sait que, dans la langue hébraïque, le mot droite équivaut à Midi, gauche à Nord. — Vêtu d’une
robe blanche. Sur la « stola » des anciens, voyez Marc 12, 38 et l’explication. — Elles furent effrayées. Dans
le texte grec, une expression énergique, qui désigne une terreur extrême.
Ne soyez point surpris que saint Matth ieu rapporte que l'ange était assis sur la pierre, tandis que d'après saint Marc, c'est en entrant dans le tombeau qu'elles virent un jeune homme assis; elles purent très-bien voir, un instant après dans l'intérieur du tombeau, celui qu'elles avaient vu d'abord assis sur la pierre.
sévère. Les saintes femmes entrent dans le tombeau pour s'ensevelir avec Jésus-Christ et ressusciter avec lui. Elles aperçoivent un jeune homme, figure de l'âge de l'homme ressuscité, qui ne connaît point la vieillesse; car là où l'homme ne doit plus ni naître ni mourir, l'âge de l'homme n'est plus soumis ni à la croissance, ni à la décroissance. Voilà pourquoi ce n'est ni un vieillard, ni un enfant, mais un jeune homme dans la fleur de l'âge qui se présente aux regards des saintes femmes.
Les saintes femmes qui sont venues avec des parfums voient les anges; ainsi les âmes qui méritent de voir les habitants des cieux sont celles qui, chargées de vertus, s'avancent vers le Seigneur par de saints désirs: «Et entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis», etc.
La robe blanche figure encore la joie véritable que répand dans les âmes la défaite de notre ennemi, la conquête du royaume, la jouissance du roi pacifique que nous avons trouvé après tant de recherches, et que nous possédons sans crainte de le perdre. Ce jeune homme donne donc à ceux qui craignent la mort, un symbole de la forme que nous réserve la résurrection. Les femmes sont saisies de frayeur, parce que l'oeil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, le coeur de l'homme n'a point compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment ( 2Co 2,9 ).